vendredi 7 août 2015

L’arrogance de l’imposture


-       tu es un génie, je vais venir faire la fête avec une copine mais tu ne pourras pas
coucher avec elle et je vais venir seule aussi mais on ne couchera pas
ensemble non plus
-       Merde, je réponds, même pas une petite pipe ? À quoi ça sert d’avoir des
groupies si on ne peut pas se faire sucer ???

Et un peu plus tard, je raccroche le téléphone en trouvant cool l’imposture du génie

            Je suis un mauvais poète rock n’roll ce qui me permet
de me gratter les couilles à table au restaurant et de me branler sans penser à la même femme
à chaque fois sans éprouver aucune honte pour tout ça

                        et si tu as plus de dix huit ans et que tu es une belle fille qui laisse des photos de toi nue
dans ma boite mail, avec mon prénom écris sur les seins pour prouver ta réalité virtuelle, sois sur que je te dédierais un poème et ma prochaine branlette

                        et si cela choque ta morale et ta conception de la littérature
je te fais cadeau de ceci :
           
            la vérité est la flamme vacillante de la bougie
                                                sous le souffle du vent furieux

Ce qui signifie que dans mon monde sans mensonge, il paraît plus facile
                                                d’écrire
Que de me faire sucer
                        mais je te rassure, dans les deux cas, j'ai toujours un prix à payer
                       
                        et maintenant je te laisse, je dois trouver un restaurant
                                    où gratter mes couilles à table pendant que tu écris
mon fier prénom sur ton joli corps

Cautérisation

j’ai passé bien des insomnies à m’interroger
                        Sur le sens de la folie
                        Sur l’origine de la cassure
Mes mauvais choix et ce que j’aurai du faire ou surtout ne pas faire
Et sur les moyens que j’aurais eu de changer le cours des choses
Cette catastrophe qu’il faut bien nommer, ma vie !
                        Et j’ai fini par conclure que cela ne changerait
rien de connaître les réponses,
si le mal est fait, tout juste pouvons nous espérer le guérir
                        La lumière nait du fond des ténèbres
Et si l’espoir est vain, souviens toi
Le monde avancera avec ou sans nos déséquilibres
                        Peu importe qui tu baises
            Peu importe qui tu brises, nous ne serons jamais la pièce manquante
Du puzzle
                        Se torturer sur le passé
                        Sur ce que nous sommes
                        Et comment nous en sommes arrivés là
                        C’est pisser dans une marée noire en espérant
lui donner de la couleur
                        il y a des nuits ou le silence est un cri de souffrance
                        et d’autres ou il paraît si facile de tuer un innocent
les marées noires, il vaut mieux y foutre le feu
jusqu’à ce que tout  ça parte en fumée
                                         et que les vagues redeviennent
                                                                                bleues

L’autre jour

L’autre jour j’ai pris mon Dax st70
Date de première mise en circulation 1983
J’avais le plein d'essence et de rage de vivre
            J’ai roulé jusqu’à la montagne
Et là j’ai fait une photo
            Et je me suis senti libre
L’espace d’un million de tour de roues
            J’ai oublié les guerres et la folie sombre
De ce monde qui décède
                        J’ai songé que je pourrai hurler
                        Mais à cet instant, je ne me sentais plus fou

L’autre nuit


L’autre nuit
je suis passé sur ma bécane rouge
            Et j’ai croisé le regard
                        De la Femme
Qui tapinait là
                        Et dans ses yeux
                        J’ai vu la commerçante interrogation
Et juste derrière
                         Un immense trou noir
                                    Le froid désespoir et la résignation
                         de celles que Dieu a abandonné
                                    sur le gris d’un trottoir

jeudi 6 août 2015

Une petite maison en bas de la colline et quelques traces de sang sur le chemin qui mène à la porte

J’ai fini par avoir une petite maison
                                    En bas de la colline
Dans la banlieue chic de la ville, depuis peu
Endetté sur 20 ans, enchainé à l’enseigne bleu
D’un vampire financier, j’ai vendu ma liberté
                                                En souriant
L’esclavage c’est le pied

(Bon ok, j’ai fait un truc raisonnable,
                                    Ça ne veut pas dire que je vais y prendre gout non plus)

            Et forcement j’ai posé mon cul
Un soir sur le canapé gris et j’ai pensé à toi
                        Qui disais que je n’aurais jamais rien
Et qui t’es enfui loin de mes bras et de mon regard fou
                                                d’amour
                                                            (d’amour pour toi)

            ça m’a pris dix ans pour me reconstruire de traviole
                                    casser mon visage et le cœur à l’alcool
immoler mon âme sur le froid bûcher de la solitude,               tellement d’échecs
                        sur la route, quelques jolis petits culs, des matins insomniaques
et des nuits à brûler la chandelle et me voilà, l’âme ensanglantée, troué de parts et d’autres, j’ai du pus dans les yeux et de la colère
                                    tellement de colère
                                                contre moi
t’étais mon amour
                        et l’amour est une pute
                        j’ai laissé courir depuis
                        laissé courir mes démons
                        si tu savais combien je me hais

            et je ne sais pourquoi j’ai pensé à toi
                        cette maison est surement trop petite
                        et ma folie est une immensité de cendres
            et mon cœur a battu pour d’autres mais j’aurais aimé que tu me trahisses
                        au moins une fois, juste pour avoir une raison de te haïr
au lieu de ça c’est à moi que je voue une haine sombre et destructrice, mais c’est juste
un truc pour combler le vide de mon cœur, pour retenir ma main quand elle rêve
                                                d’un revolver chargé et bien huilé

                        et je flambe des fois la nuit, enjolivant
mon passé et buvant trop et j’embrasse des filles beaucoup trop jeunes pour moi
parce que c’est bon pour la légende et bon pour écrire
                        tu me connais, j’aime que la vie coule à flots dans les veines
et je suis dingue, ça n’excuse rien, mais ça aide à accepter
                        et la solitude danse en sifflotant doucement une comptine pour enfants
            sur les souvenirs d’étreintes, j’aimais bien quand on baisait un peu partout
du matin au soir, comme on voulait, putain au fond de moi, je n’ai qu’une envie
                                    repartir à un train d’enfer avec un joli cul jusqu’à la mer
                        repartir et baiser à faire bander dieu
                                                et mouiller la sainte vierge tandis que le petit Jésus
se branlerait frénétiquement dans sa chambre d’ado

et je suis assis à écrire avec les tripes en feu, parce qu’écrire c’est laisser
                        parler les flammes, j’aime toujours la boxe et la poésie
                        et devant le miroir je sais bien tout ce que je suis prêt à vendre
un prix dérisoire, ne crois pas ce que j’écris, la pute, c’est moi, sois heureuse
                                    ça me suffira, et reste loin de moi,
                                    je suis devenu dangereux
                                    je suis le flacon de nitroglycérine dans les mains du jongleur ivre, un trou de balle perdu dans son désert intérieur, je paye le prix fort pour
                        toutes les fois où j’ai manqué de courage quand la vie m’a souri
                        et tendu les bras
                        et crois moi, bien des soirs, assis sur le canapé gris de cette petite 
maison en bas de la colline ou n’importe où,  je paye ma rançon cash
                                                                                         en petites coupures non marquées


jeudi 23 juillet 2015

quelque part dans ma nuit

Je me souviens de sa peau, de m’être noyé là en souriant
             elle m’envoie un message
qui dit « écris encore »
            Mais je suis fou et épuisé       
J’en oublie jusqu’à ma colère et
je pense à tout ce qui aurait pu arriver mais aussi
            à la chute des Dieux
            et aux cris des innocents
tandis qu’elle déteste cette alcool qui me brise                                   

je voudrais lui confier que j’ai besoin d’une petite putain
près de moi
            un corps libre et une âme folle
des yeux verts ou orange, quelque chose qui me tienne
loin de mes démons, me tienne éloigné de moi
La petite putain viendrait se coller à mon cœur, me parlerait de nos étreintes
            ou d’un poème oublié du monde mais pas d’elle …

elle
qui vivrait dans l’instant pour ne pas croire au futur
             et je la regarderais et je mordrais ses seins
                        et cela m’aiderait et
j’attacherais ses poignets
            une seconde avant l’amour
et lorsqu’elle dormirait
J’entrerais dans son cœur comme au Paradis
                                                                        par effraction
           
mais celle qui m’écrit,
sais bien que je suis perdu
            dans mon propre enfer
et c’est là que je crie à en perdre ma déraison
il faudrait qu’elle comprenne,
que
            les yeux verts ou oranges,
se donnent
ou
se vendent
            à d’autres que moi
                        la folie effraie
                        et ma nuit est si sombre

dimanche 5 juillet 2015

Dingue Dingue Dong

Chaleur moite, volets fermés, âme en morceaux
            Je transpire la vodka de la nuit, je respire la folie de mes jours
La bouche vissée au goulot d’une bouteille d’eau
            Assis nu sur une chaise inconfortable
Mes démons ont eu le dessus
                        Le corps est brisé,

rendu fou par l’alcool
Je suis rentré au petit matin, avec le gout de quatre filles
            Au bout de mes lèvres, mais celle qui m’a déposé là

                        Wooooooooooo

Celle qui m’a déposé là
                        Possède un vrai regard, quelque chose qui me retourne
                        Son putain de regard pourrait me tenir en laisse
                        Comme un clébard vaincu
Mais bien sur elle me recale
                        Me laisse sur la touche
                        Sa bouche est resté loin de la mienne
                        Et je suis affamé de son rouge
mais
            elle connaît mon jeu
            Et je ne connais rien du sien
Et je suis dingue
Dingue
Dingue
            Dong
            Et je chante son prénom alors même que je vomis mon âme
            par tous les pores de ma peau sale