samedi 22 juin 2024

Corps froid sur une table d'autopsie

mon cerveau pense souvent au cul, jamais avec toi
mon cerveau pense souvent à toi, pas toujours en bien
mon cœur, lui, songe à l'amour, mon cœur parfois, ça lui manque de battre

et la nuit, dans ces rêves étranges dont je ne me souviens jamais, je sais bien que je te supplie
je sais bien que je rampe et dis des mots comme appelle-moi mon amour, je t'en prie, appelle-moi
puis les paupières se relèvent et la réalité reprend ses droits, l'argent achète les gens, l'amour et le cul
tout est mensonges et manipulations, douloureux et traitre se révèle le
cheminement qui ne mène qu'à la putréfaction finale
(rien n'illustre mieux l'agonie que la disparition de la beauté dans
les bras du temps)
de tout ce qui était beau ne reste qu'un cadavre que je ne déterre plus 
ta victoire était à prévoir
depuis toujours,
Je suis un vilain petit canard qui ne sera jamais cygne, 

les digues se brisent, les masques sont depuis longtemps à terre
quelqu'un m'a égaré sur le chemin, les plans de Dieu me semblent étonnamment imparfaits en
ce qui me concerne, (je suis le plan cul que Dieu n 'a jamais rappelé), longtemps j'ai cru en Lui, cela
exigeait moins d'effort que de croire en moi, puis j'ai finit par comprendre que l'inverse n'était pas vrai, Lui
aussi je l'ai déçu, 
je suis doué pour décevoir

Pour occuper mon désir inassouvi de chair
je revois la brune minuscule, chez elle un jour de pâques, ma queue dans sa bouche demandeuse et son
doigt
qui caresse mon anus, merveille si docile - je fais ce que les hommes me disent de faire - dira-t-elle
il m'en faut plus des comme elles
infidèles et alcooliques mais tellement belles, leurs ongles griffent quand on sait les prendre

J
e boxe avec les mots car la page blanche est le ring où je
trouve enfin
le courage de
m'
affronter,
dans ma tête, l'image de mon corps froid allongé sur la table du légiste
je finirai sans doute ainsi, dans une morgue en compagnie de quelqu'un qui se demandera si cela
vaut la peine de m'autopsier, espérons que ce soit une femme alcoolique

cette vision de ma fin me pousse à me demander si la brune avec ses seins énormes - celle qui dit je vais te
raconter
mais ne raconte jamais rien - voudrait baiser avec
moi dans une morgue ?
sans doute que oui, à condition que je pare son cou d'un joli collier de chienne
(elle aime le cuir, mais je le choisirai en velours rouge sombre)
je songe à ses promesses non tenues, je devrais cingler son cul jusqu'au sang, elle en
redemanderai

Ô femmes,
incroyables beautés aux coeurs couturés
ne venez pas me dire que vous m'aimez, ne venez pas avec l'idée de me sauver
je ne veux plus de raisons de me mentir à moi-même
mais parlez-moi de ce qui a brisé vos âmes
                            je suis celui qui peut lécher vos plaies où vos seins
celui qui réduira vos fractures, et
puisqu'à chaque fois, il y a un prix à payer, celui que vous abandonnerez une fois réparées
soyez-donc cette mort intérieure de laquelle ressuscite mon gout pour la vie

dans mon coeur, soyez la balle perdue qui se loge-là













lundi 17 juin 2024

délicieux petit bonbon

Quelques années en arrière, cette fois là,
il y avait l'alcool dans les veines, toi et moi jouant avec le feu qui brûle en nous et plus tôt
à l'arrière  du restaurant tu murmurais à mon oreille -je vais où toi tu vas-
et dans la boite de nuit j'ai posé mes lèvres sur les tiennes, passé la main sous ta jupe
prétendu que je ferais de toi ma pute
tu répondais -il ne faut pas parler comme ça aux femmes... tu m'excites-
et des années plus tard, il y a quelques jours, je suis assis près d'un fleuve sur la 
terrasse d'un bar et bordel, pour toi, la trentaine n'a rien changé, toujours ton oeil coquin et ton
sourire et tes rires, tout ça ne s'éteint jamais, bordel qu'est-ce que tu es belle,
je me souviens avoir débarqué avec toi dans un endroit de perdition, et les deux serveurs
les beaux gosses de la ville, ont fait la holà en signe de respect pour toi et ta divine beauté

t'es
un bonbon sucré, une montagne de douceur, tellement adorable, 
et près de l'eau, on rit en buvant de la bière
plus loin le monde s'écroule mais ici il se pare d'or et d'émeraudes

et tu parles de cette fois là, et tu dis 
- je me souviens quand tu m'as plaquée contre le mur devant tout le monde, j'ai aimé ça
mais ça craint, il y avait tous ces gens
puis
- remarque je ne connaissais personne, je m'en fous -
et tu as bien raison,
je l'ai fait parce-que, 
moi je sais qu'il faut vivre comme ça,  en n'avoir rien à foutre
parce-que
moi je sais que ta beauté fera qu'il te prétendront sorcière
pour te brûler sur le bucher de leur mesquines jalousies, 
alors autant rester libre
et vivre selon nos propres désirs puisque les leurs à notre égard, ne visent qu'à nous rabaisser
qu'ils s'étouffent dans leur mensonge, 
moi,
vivre comme je veux signifie que me fous de leurs jugements, je n'ai mème pas le temps de les mépriser

Merde, tu es merveilleuse quand je te vois, je peux remercier mon amour
de m'avoir quitté et brisé, c'est grâce à elle que j'ai pu connaitre le gout de tes lèvres
et si quelqu'un la croise, remerciez là et dites lui que je ne serais plus jamais son esclave
la chaine est cassée, tu es de celles qui ont brisé les maillons et laissé mon âme
s'envoler vers d'autres lumières, d'autres chaleurs bien moins mensongères

tu es dingue bien sur, sinon tu ne m'aurais pas approché, mais pas dingue 
comme la plupart de mes ex, capable de me crever
les yeux où me planter un couteau entre les omoplates pendant mon sommeil torturé
mais dingue à aimer la vie, et la folie des nuits et la brûlure de l'alcool
dingue à laisser un gars qui avait presque deux fois ton âge de coller contre un mur
pour te dire toutes les insanités qui passaient dans sa tête folle imbibée de vodka
et sous ta jupe
putain, c'était bon d'entendre ton petit gémissements quand mon doigt s'est posé sur
l'étoffe juste
sur le petit point entre tes cuisses
j'ai ça dans ma tête,
j'ai ça dans ma tête
j'ai ça dans ma tête et
tout
en levant mon verre, c'est de toi que je m'enivre

et tes yeux brillants sont des diamants qui me prouve que je ne dois rien regretter
et que je ne t'ai fait nul mal
merde, tes regards rieurs
percent l'armure froide dans laquelle je m'oublie
et je respire ton parfum dans ton cou, tu es là si proche et c'est terrible, une torture pour
celui que je deviens avec le temps qui passe, mais une torture délicieuse et tu acceptes que je sois
fou, que je parle de cul tout le temps, ça te fait marrer et on boit tranquillement
et je passe une putain de journée,
simplement parce que tu es là, délicieux petit bonbon, 
toi,
de celles, rares, qui
me pardonnent d'être
moi...

jeudi 6 juin 2024

Mon trésor

toi et moi et c'était il y a longtemps,
et te voila un midi en visio, sur l'écran de mon ordinateur
toujours, ta  jolie voix et tes yeux rieurs, cette petite moue avec la langue qui me fait fondre

bordel, toujours aussi belle
toujours aussi bonne

et tout remonte à ma mémoire, ces mois d'étreintes et de rires,
tellement de moments intenses
comme
le cul sous l'orage pour la beauté du geste puis sous un pont avec de l'autre côté de la rivière, le 
livreur de pizza
venu se mettre à l'abri qui nous mate en fumant et toi qui m'engueule en riant quand tu te retournes
parce que j'ai pas arrêté

tu te marrais tout le temps mais tu ne voulais pas que j'ai raison quand je te disais
hé, tu vas aimer ça ! J'aimais ton côté entêté et aussi que saches chanter, jouer du piano et
poser devant l'objectif de mon appareil photo

c'était bon de baiser avec toi
c'était bon de te voir jouir sous mon corps
comme c'était bon de tenir la main, de s'endormir dans tes bras, de t'écouter
raconter tes histoires et de te souler avec les miennes

revenir en ce temps là, lécher tes seins, ta chatte, ton cœur et ton âme de rebelle

putain, je ne sais toujours pas pourquoi je n'ai pas pu tomber amoureux de toi
pourquoi mon putain de palpitant n'a pas ressuscité sous la douceur de tes caresses
tu avais tout ce que je cherchais mais j'étais encore lié à un cadavre sentimental
noyé dans un lac de souffre
merde, incapable d'être un type bien
tu me pardonnais mes retards et mes infidélités que je ne te cachais pas, 
promettant juste de me rendre la pareille
sans mème hausser la voix, passant à l'acte une fois et moi faisant semblant
de ne rien voir, après tout, je le méritais

et là, dans ta caméra
toujours aussi joueuse, toujours aussi merveilleuse
fraichement séparée, avec un enfant,
tu es magnifique, 
et les mots que tu as pour moi sont simples et magnifiques
tu es là et je te regarde t'évertuer à me rendre beau
comme si finalement,
je n'étais pas si mauvais que ça mais au contraire, le meilleur dans et en dehors du plumard
celui qui t'a appris que le sexe pouvait être du jeu
et plus important, à quel point tu es belle
et les autres, jaloux que tu sois délurée, effrayés par ton intelligence, toujours à vouloir te contrôler et 
à te rabaisser pour arriver à leurs fins
(moi
je disais déploies tes ailes et envole-toi il y a un ciel qui t'appartient)

et je t'écoute, et nul doute que je ne mérite pas ta bienveillance, mais ça me fait du bien

et le soir, je repense à tout ça et je ne pense pas à toutes celles qui n'ont pas voulu de moi
ni à celles qui m'ont quitté, pas mème à celle qui m'a laissé parce qu'on manquait de fric en
foutant ma tête et mon coeur en l'air
je ne pense à aucune de celles qui ont finit englué dans des histoires sordides
à s'endormir sans plaisir près d'un corps vide, 
celles qui s'entêtent à courir après des hommes mariés ou non, des types qu'elles veulent
absolument faire entrer dans le cadre précis de l'histoire qu'elles ont dans la tête, peu importe
qu'ils ne leur correspondent pas et les rendent un petit peu plus tristes chaque jour qui passe

je ne pense à aucune d'elle, je pense à toi
et je suis malheureux quelque part, malheureux pour toi d'avoir été le meilleur jusque là, parce que tu
méritais un ange
et je n'ai mème pas eu le cran d'être un démon que tu aurais pu haïr
mais je suis heureux pour moi, heureux de ce que je lis dans ton regard qui ne ment jamais, parce que je sais que tu prends toujours la bonne décision
et que la force que je savais en toi est toujours là,
ils te déçoivent, mais ne te brisent plus 
et quand tu les quittes, ils s'éparpillent en morceaux sur le sol

un jour il faudra bien que je te l'avoue,
quand tout s'écroule, que les jours noircissent, que la moisissure envahit les murs
que j'ai construit pour me protéger des autres, quand plus personne ne veut de moi,
et que je me déteste d'avoir été créé aussi lâche et sensible,
ton souvenir, la chaleur de ta peau et tout le reste, les caresses et ta capacité à me pardonner d'être moi
comme si tu me comprenais mieux que je n'ai jamais pu le faire, 
tout ça me tient, 

si longtemps après, tu changes toujours la donne

t'es mon trésor à moi
planqué quelque part sur l'ile déserte de mon existence de pirate

et entre nous, le jeu jamais ne cesse
- ça ne marche plus comme ça, tu sais !!! lance-tu
et moi 
- bien sur que si !

et à nouveau, nos rires


jeudi 16 mai 2024

parce que j'aime bien partager mon avis

Vu que je n'aime pas trop me faire des amis, voici ce que j'ai répondu à un post montrant des photos d'actrices en tenues dites "provocantes" afin de démontrer, je cite "l'hypocrisie metoo" au festival de Cannes.
Ps : Ne me dites pas si j'ai raison ou tort, je suis comme vous, je me fiche de l'avis des autres.
(et surtout ne croyez pas que je me politise, c'est juste pour que les femme continuent de m'envoyer photos sexy hein ;) ...)

Pas convaincu... Une femme doit-elle être insultée pour sa tenue sur les marches d'un festival ? dira t on le meme genre de chose pour un homme habillé moulant ? Est- ce que les femmes qui ont subi des agressions au cinema et enclenché meeto étaient habillées comme ça ou les agressions sont-elles un débat autre que leur tenues et simplement dues à des agresseurs ? Perso, et pour aller plus loin, prétendre que la tenue d'une femme justifie un viol ou une agression, c'est un peu comme dire que l'écriteau banque justifie le hold-up de ton agence bancaire. Pour tout dire je ne connais pas un homme au monde qui trouverait excusable de se faire couper la main parce-qu'il porte une rolex au poignet et que quelqu'un eu envie de la lui voler. Qu'une femme se soit habillée sexy et que sa tenue puisse te donner des envies de sexe, de la séduire et te pousser à l'aborder pour obtenir ses faveurs, je suis d'accord. Mais si la femme en minijupe croisée dans la rue ou ton amie qui s'habille toujours sexy te dis non et que tu n'es pas capable de comprendre que tu n'es pas ce qu'elle recherche, le problème n'est ni elle ni ses vêtements, TU es le problème. Et si sa tenue est ton excuse pour ne pas te contrôler et qu'au lieu de la laisser tranquille, tu préfères la forcer et meme la frapper pour lui faire subir un rapport sexuel non consenti, ben tu es pour moi, une sombre merde. Et tu pourras m'objecter tout ce que tu veux, je ne suis pas sur que tu retiendrais l'excuse d'une tenue jugée trop sexy par un homme si ta fille de 17 ans se faisait violer dans la rue par un inconnu ou sur ton canapé par quelqu'un qu'elle considérait comme un ami jusque là. Et tu remarqueras aussi que très souvent les pointeurs qui ont pour excuse la tenue sont isolés en prison pour éviter les agressions à leur encontre... Bizarrement, aucun d'entre eux ne s'en offusque. Peut-être parce-que qu'ils savent bien que ramasser sa savonnette à poil sous la douche commune, ça peut se révéler super aguichant pour les autres détenus et que tous violeurs qu'il soit, quand il s'agit de leur propre cul moulé par une petite serviette en éponge, leur tenue ne justifie pas une sodomie non consentie... étrange non ?

dimanche 12 mai 2024

Perte d'équilibre sur le fil de mes pensées

la rengaine jamais ne change
rencontres puis promesses assorties de mensonges et masques pour se parer de lumière
les corps qui se mélangent dans la sueur
puis s'achèvent les faux-semblants, viendront, trahisons et coups de poignards

bébé
laisse-moi donc jouer ma partition avant que mon piano se désaccorde
laisse-moi donc te conter les mésaventures du fou
plus qu'à l'inédit, j'aspirais à l'intensité
emprisonné dans des bras brûlants c'est là que je m'évadais, forçais mon destin de paria à s'agenouiller

je ne vais pas implorer un pardon pour celles que j'ai brisées
ni pleurer pour celles qui m'ont abandonnée, l'existence réclame un vainqueur 
et le vainqueur marche toujours sur un cadavre, moi aussi je suis mort plusieurs fois
et cela n'excuse en rien mes quelques victoires

ma souffrance n'était pas une rédemption, la vie apprend à s'endurcir puis le temps nous retire
la force
toi et moi, c'était joué d'avance, nous étions fait pour être collé mais j'étais le seul à vouloir guérir

toujours rejeté, quand enfin on m'approchait, on finissait toujours pas se lier
toi aussi il t'a suffit de ne pas détourner le regard
sous la laideur, quelque chose de magnétique, des rires et une magie dans les caresses

sur la piste de transes, je valais mon pesant d'or parait-il
mes yeux rougis par le vent perçaient les armures, dévoilaient les recoins obscurs des âmes pécheresses
sans que je sois juge ou bourreau, ça comptait

puis les mains des amazones se sont tendues pour d'autres
de nouveau seul équilibriste sur un fil tendu en croix, je trébuche et enjambe avec maladresse le feu de l'enfer

bébé, sublime traitresse,
j'ai joué je t'ai perdu
la nuit, la lumière puis de nouveau la nuit, cette routine m'entraine
et m'assassine, Seigneur c'est mon sang que tu draines à petit feu

ce soir, une autre, tellement intelligente, splendide sorcière, sur que les femmes jalousent sa liberté
et sa capacité à repousser les limites, elle a le gout du sang, la voila dangereuse
elle ne dit pas bisous mais baisers et j'adore ça, la délicatesse me touche au cœur quoi qu'on en pense
c'est pour des comme elles que j'existe, des qui sucent des inconnus et chavirent pour des mots

je me souviens, plus jeune, dehors je voyais des types trop vieux pour les dancings
ils sortaient tard pour fuir la solitude qui les attendait sagement sur leur canapé
et je me disais que  pour rien au monde je voulais finir comme eux et j'ai été pire,
plus vieux, plus dingue, chaque comptoir était un ring crasseux, chaque bouteille vidée était un combat 
de trop
et quand j'écris, je ne me dis que je ne veux pas finir poète décrépit vautré dans sa suffisance, le genre
à envoyer une photo de sa vieille queue à une femme trop jeune qui ne l'aura pas demandé

bien sur que je serai ça, j'ai un talent pour devenir mon pire cauchemar

mais quand ils diront - il voit les femmes comme des trophées - renaitra le sourire mauvais
et la pureté de la rage
et tout au fond de moi, se dissimulera la vérité, chaque baiser accordé
me suffisait
quand bien mème chaque étreinte offerte me
sauvait de tout ce que j'imaginais pour me crucifier

une fois, tout aurait pu changer, 
je n'étais pas le premier mais je priais Dieu pour être le dernier 
Seulement Dieu n'a pas obligation de résultat et je suis doué pour décevoir
















mercredi 8 mai 2024

Long poème à la gloire de certaines femmes écrit juste avant la branlette du soir par un type que les détails intimes n'effraient pas !

Ne m'abandonnez pas à moi mème
j'aime trop me livrer pieds et poings liés à mes démons

                                                                  15 heures,
encore soul, ne me laissez pas me détruire, ou alors juste un peu, juste
assez pour que je puisse croire que je n'ai pas cessé de briller

nous sommes quatre, la jolie serveuse blonde nous sourit et remet sa tournée, trop jeune, 
trop belle, mais tellement souriante, c'est de la guimauve blonde dans nos yeux
et on boit et on rit, j'ai des amis qui tutoient le divin dès que l'on se retrouve à un comptoir

il y a des peaux qui me hantent, fantômes d'une folie à jamais décimée lors d'inutiles mais sublimes
errances, à l'arrivée, pourquoi se haïr et s'amputer de son destin ? 

il m'en reste quelques-unes, et elles sont comme une drogue

deux jours plus tôt,
elle m'envoie une photo pour que je ne l'oublie pas
cheveux et yeux noirs, lèvres rouge sang nimbée d'une pénombre bleutée, délicieux soutien-gorge blanc
je me dis, aurais-je la version sans ? 
L'opulente poitrine fait naitre de pervers désirs dont je ne me sens pas coupable
gifles et morsures, au feutre rouge, inscrire mon nom et le mot pute sur cette aguichante peau 
de vile pécheresse,
du sadisme aussi, joli cou nécessite laisse noire, 
jolies fesses s'adonnent au fouet sans vergogne, en récompense

bien sur elle lira, ne me haïra que si je ne la perce pas à jour dans mes mots
et si elle le désire, viendra me surprendre
elle est de celles qui agissent. Quand elles le décident. 

Ça me plait, cette façon qu'elle a
de vous persuader qu'elle est votre esclave alors que, l'air de ne pas y toucher, elle tient les rênes en sous-main.

J'imagine qu'elle en rit après avoir
de sa main ou la votre
pris son plaisir. 

je connais son gout pour la perversité, dans son univers la luxure est violente

Mais je sais aussi que plus que tout,
c'est la soif de passion qui la dévore, 
jour et nuit, occupe ses pensées, tends son corps lubrique, affole son cœur impur
 
elle veut être aimée comme personne n'a jamais été aimé
car elle sait que l'amour magnifie tout, de la douleur à la pénétration
Il faut que ça résonne au plus profond d'elle, fracasse les murs d'ennui, fissure ses certitudes, 
rien ne vaut le danger pour devenir vivant

elle a déjà vécu dans la déviance, 
dans un univers sombre et malsain, là où on apprend que dans les chaines
se libèrent les âmes

elle veut subir, se faire marquer, être utilisée à la guise de son maitre, mais plus que tout 
être aimée comme la plus belle des reines le mérite

et c'est le moins à offrir, sa nécessité vitale,
                                        pour qu'enfin, elle se soumette et accepte de rester, docile, à vos pieds

mais bien peu ont le pouvoir de la brûler, alors elle papillonne

le va et vient superficiel est tout ce qu'elle leur offre, 
et 
moi, perdu dans mon arrogance,
je veux plus que je ne peux offrir, insolence de celui qui oublie qu'il n'a nullement été créé pour 
être adoré

et la fille derrière son comptoir aussi, j'en parle peu, mais jamais je ne l'oublie, elle veut la passion
me lira cette nuit ou demain,
Seule et cachée. 
elle se caressera, m'offrira peut-être une partie d'elle, dénudée

son corps aussi réclame la douleur  comme le plaisir 
et son cœur désire les mots d'amour comme
ceux qui avilissent

elle aussi, aime être ma chienne, aime se lire dans les désirs sales de ma poésie pornographique
a du gout pour les griffures
et les marques sur son petit cul de divine salope. 

Dans ses yeux aussi, ce qui vit là, brûle

mais je connais aussi ce qui lui manque cruellement, l'infinie douceur qui complèterait son âme

et dans une réalité non virtuelle, peut-être que la fille aux yeux noirs se défendra toujours de m'aimer en secret, à moins que je ne fasse
qu'estomper ma défaite à coups d'illusions. Aucune importance,
j'ai si bien su l'oublier elle aussi. Devenir vide pour ne plus s'acharner sur soi ne nous guérit pas de nos manques, mais face à la souffrance
j'ai choisi l'anesthésie, devenir une pierre précieuse mais froide, recouverte
d'un sang noir et séché
(avant de comprendre qu'oublier est si facile quand on cesse de vouloir s'assassiner)

et maintenant il me reste celles là, celles qui viennent sans frayeur

et à toi aussi j'ai tellement pensé
la fille au cul rond, magnifique et excitante,
dévastatrice comme le manque dans les veines d'un drogué

il te suffisait de le cueillir sur mes lèvres affamées mais tout cet amour pour toi t'était inutile
puisque tu ne pouvais me croire,
alors il m'a
fallut t'ôter de moi, tu sais, j'aime rarement, mais il ne me faut jamais longtemps pour savoir
(et jamais, je ne me trompe)

souvent je me me demande, reviendras-tu
jouer avec moi ? Avec tout ton talent peut-être m'écris-tu de sublimes lignes que je ne lirais jamais ou
juste, m'oublies-tu comme il faut oublier ceux qui se sont consumés à tes pieds ?

peu importe que je n'ai jamais existé proche de ta peau blanche,
jamais gravé mon prénom sur ton épiderme offert d'un ongle dominateur
j'ai les souvenirs de toi caché dans les arcanes d'un coeur mort

ta voix brulante, supplications et désirs, ta main dans ce short bleu comme s'il s'agissait
de la mienne,
je connais tes gémissements, ta merveilleuse
chanson d'amour physique
et cela est tellement
tellement plus que tu ne l'imagines

je suis riche de toi et de ce court désir de m'appartenir

Souvent, tu me rends triste, à ne pas te voir dans ton miroir, rendue aveugle à toi par d'autres
que tu as refusé de briser, tellement sure qu'il suffisait d'aimer que tu n'as jamais décelé le poignard
dans ton dos cambré pour eux

et si mes mots n'ont jamais été à la hauteur, crois moi au moins cette fois, 

tu n'es pas seulement l'amante, tu es tout ce qui leur manque et tout ce qu'ils ne seront jamais
le jour où tu le comprendras,
tu remettras les putes sur le trottoir où tu les a trouvées

la vie est tordue et ceux qui la peuplent encore plus,
ne t'inflige pas une droiture qu'ils n'ont pas et qui te tue à petit feu
Il ne tient qu'à toi que la vérité de ton être t'affranchisse de l'esclavage de leurs mensonges
trouve quelqu'un qui te mérite, et vois si tu peux l'aimer, c'est ainsi que ça doit marcher

la nuit m'a pris et ces femmes sont en moi

Mon Dieu, elles sont si belles

elles sont la beauté
et l'or dans le vert de mes yeux alcooliques

celles-là et celles que je ne nomme pas

celles qui viennent
et me pardonnent d'être moi 

elles me protègent de la démence et me gardent loin de l'amnésie émotionnelle où je désirais me noyer
persuadé à tort qu'elle me sauverait de ma destructive détresse sentimentale, (incapable que j'étais de voir
qu'il suffit de réapprendre à s'aimer, rien ne te sauve sinon toi)

j'ai erré dans
tant de poèmes où je pleure pour l'amour et pourtant
je ne crois plus à l'amour depuis cette fois où j'ai eu l'Amour

mais elles
plus que toi mon vénal amour qui aurait tant eu besoin d'être fière de moi

je les aime



dimanche 5 mai 2024

Quand tu n’as pas d’enfants, tu peux être bourré à 16h

Je suis au bar et ils veulent que je boive, c'est l'après-midi, ils m'offrent des verres
et je paye aussi mes tournées
la femme se pointe - ma mère est morte dit-elle- et donc, oscille entre rires et larmes
elle parle de ses filles, est italienne
- je te vois souvent ici- affirme-t-elle (moi aussi, je l'avais repérée, instinct du chasseur et de la
proie)
elle est belle
cheveux longs, yeux noisettes, nous ne partirons pas ensemble, pas aujourd'hui
une autre fois peut-être, toujours faire le désintéressé

je bois,
quelqu'un me parle de traces de coke à sniffer sur le cul de filles, c'est une invitation
je devrais peut-être me mettre à la drogue
l'alcool me fait du mal, longtemps j'ai cru que ça m'aiderait, comme j'ai cru en l'amour
en mon talent
en mon propre destin
tout est illusion dans le miroir, coeur arraché, mal être enraciné, la réalité viole mon cerveau
s'étiole la peau, se voile le regard

les verres se remplissent, la bouteille est vide, nous changeons d'alcool
ailleurs dans une maison blanche, sur un canapé, le chien à la fourrure de hyène
somnole en m'attendant, la fidélité de l'animal m'impressionne, je ne peux avoir
sa croyance en l'humain

en moi, ici, 
pas d'amour, elle aussi -la femme - est seule, 
je vois le trou dans ses yeux, masque le trou dans les miens
ne leur donne aucune faiblesse est la règle et pour ce qui reste des ruines
je ne cache rien, tout es déjà noyé dans l'obscurité
les femmes sont belles quand elles pleurent (les hommes non) c'est peut-être pour ça qu'on aime
les briser, pour lécher l'eau salé sur leurs joues et se repaitre de leur peine
à moins que ce ne soit juste de l'égoïsme et un immonde désir de possession

il y a de la déraison dans mes mots, continue de m'aimer dis-je à la nuit, bientôt tu me possèderas
et dans la lumière blafarde, lancinant refrain,
je t'ai crue la vie, quand tu t'offrais, si belle
et pourtant si dangereuse puis
la chute se révèle et nos épaules sont fragiles sous le poids des déceptions

hésitations et diverses formes de lâcheté m'ont emporté jusqu'ici
et comme à chaque fois, de la brulure dans du verre et ce mème désir en l'avalant
encore maintenant, rechercher

de la douleur jusqu'à m'anesthésier