lundi 4 mai 2026

Encore un poème où je dis trop souvent le mot putain

Putain, 
quand je lève les yeux, tout ce que j'arrive à voir, c'est la fin qui s'approche camouflée dans l'horizon et ça va surement pas être drôle
mème si je n'ai pas besoin de grand chose pour changer les choses
juste de rafler le pactole et de me tirer loin de ces rues qui puent non pas une mais toutes
mes défaites

et voici donc encore un poème ou je dis trop souvent le mot putain et peut-être pas assez le mot 
pute pour garder intact mon image d'enculé
faut aimer le gout du risque littéraire en ces temps troublés, c'est un coup à se retrouver
"cancel" diront certains, 
mais je m'en bats,
Parce-que
Depuis le début je savais bien que je finirais seul
j'étais déjà cancel avant que les woke ne mettent le cancel à la mode

Jamais invité aux anniversaires, ni aux suprises parties encore moins aux partouzes

en primaire, si jamais j'étais choisi en avant dernier dans les équipes de foot
ce n'était qu'un choix pragmatique du capitaine
le dernier était plus apprécié, seulement il jouait moins bien que moi.

plus je grandissais, plus les filles voulaient se taper mon meilleur pote le beau gosse
j'étais le moche du duo sans qu'il y soit pour quelques chose
ça a duré
jusqu'à ce que je mette avec une et qu'elles voient ses yeux et sa chaleur contre mon corps quand
je la plaquais contre
les murs du lycée

c'est comme ça qu'on apprend à vivre sans amour, sans en attendre
en se noyant dans le rejet que les autres vous témoignent
on croit qu'on fait partie d'un monde et la foule vous enseigne que non
souvent
on appelle amis des masques qui au final
ne sont jamais que des poignards de plus dans un dos déjà bien perforé

bien sur, tout n'est pas si sombre, il y a toujours un peu de lumière pour perforé l'obscurité,
encore faut-il la trouver.

on n'a que ce qu'on gagne, jamais ce qu'on mérite dis-je encore et toujours (conviction personnelle)

j'ai bougé dans le porno pour voyager
et me taper des filles de rêves
Je parlais fessées avant que ce soit à la mode et je léchais divinement bien, dixit une actrice
bisexuelle. (une opinion qui compte quand on parle de cunnilingus)

ce qui n'aidait pas, c'est que prétendre être fou était le seul moyen que j'avais trouvé pour survivre
dans la foule
et souvent, on devient ce qu'on simule,
au moins dans le regard des autres
donc
j'étais dingue, (mais moins que lorsque j'ai sombré dans la pathétique dépression dite du 
chagrin d'amour, on a tous une némésis, la mienne avait de long cheveux, un corps de tueuse et une faim insatiable pour les étreintes à bases de mots sales et de fortes claques sur le cul, le tout drapé dans une douceur infinie et magnifié par une lumière intérieure qui  jaillissait dans le milliards d'étoiles qui dansaient dans ses yeux de princesse. Il fallait bien que je meure de la main de mon bonheur, tout ce qui porte un ruban rouge dans sa chevelure est un assassin sous couverture)

dans le cul comme partout où j'ai bossé, fallait que je trime tel le perdu en bas de l'échelle que
j'étais
je suis le type sans carrière, j'ai rarement réussi à saisir le concept du long terme en amour comme
au travail, et de toute façon, je me suis planté sur tous les plans
avec la constance de l'abruti qui croit en la ligne droite sans se rendre compte qu'il habite dans un cercle

et parmi toutes celles qui suçaient devant une caméra pour s'en sortir, (on était tous là pour s'en sortir)
j'en ai aimé une pour de vrai
elle n'aimait pas qu'on la lèche, elle voulait juste la queue en elle, dans sa chatte
et sucer aussi
ouais....!

elle adorait sucer et ses yeux étaient d'un vert merveilleux
et un soir à Riga j'ai baisé avec elle comme jamais, le lit en bois massif a reculé d'un mètre
et quand après plus de deux heures à la démonter sans relâche
elle s'est levée pour aller pisser, ses jambes se sont dérobées sous elle et elle s'est écroulée
contre le mur
et je me suis pris pour un homme, un vrai 

et la comme ailleurs
je n'ai jamais trouvé la paix
ni la réussite
ni un moyen de fuir

la vérité c'est que j'aurais jamais du écouter personne
ni les amours ni les putes aussi cinglées soient elles, ni les amis, ni la famille...
personne !
aucun de celles et ceux que je laissais approcher
laisser quelqu'un venir trop près, c'est presque toujours se jeter sur le pal en souriant et
le cul écarté avec ses deux mains

j'ai appris un truc sur les honnêtes gens, ce sont les meilleurs pour t'expliquer ce qui ne va pas chez toi
mais bizarrement, ça ne valorise qu'eux.
A la fin, tu es toujours en train de ramper dans ta propre merde la bouche ouverte.

Bien des fois,
le problème vient de ceux qu'on aime
parce qu'on les croit

et qu'on les croit encore quand ils nous mettent plus bas que terre

bon ok, j'avoue, ça ne sert à rien de prétendre que j'en suis là à cause des autres.
je suis responsable de mes choix
fussent-ils tous aussi mauvais qu'ils furent

 putain, je sais bien que c'est ma faute
 - n'écoute personne et va là où tu veux aller - C'est tout ce que m'a jamais appris mon père
et putain, j'aurais du m'en tenir à ça
et la fois aussi, la première, où mon amour le plus grand - ma tueuse - est sortie en hurlant de chez nous
à cause d'un rien, 
menaçant de me quitter
mais m'attendant en larmes dans sa voiture blanche
j'aurais du écouter la voix qui me disait, c'est maintenant, brise-là, vire-la comme une malpropre,
comme si elle ne comptait pas tellement plus que le reste et apprend lui le manque
de toi, parce que là, elle est complètement tox de toi et elle reviendra manger dans ta
main en suppliant
                         et jamais
jamais
jamais
elle ne te quittera, montre lui que tu es la douleur qu'elle ne pourra jamais 
jamais
oublier

mais je ne l'ai pas fait
je l'aimais

et elle a fini par me quitter parce que j'étai pauvre et... trop gentil 

et tout ça n'a plus d'importance

au final, je suis devenu ce que je ne voulais pas être
et
je suis la seule et unique erreur jamais commise dans mon existence

le reste n'est rien, sinon les remous de l'échec sur pattes qui porte mon joli prénom

et ce sont les dieux qui se marrent
et ce sont les diables qui se lèchent les babines
et c'est l'existence qui nous dévore morceau après morceau
il n y a ni couleurs
ni
noir
ni
blanc
juste un halo grisâtre qu'on prétend être notre âme

putain, il n'y a rien sinon la naissance et la mort
le reste c'est passer ses journées à dire putain
(putain c'est la merde
putain c'est bon de baiser)

J'ai aimé peu de fois
et j'ai parfois fait du mal à certaines qui m'aimaient plus que je ne le méritais
elles voulaient 2,1 enfants, une maison à crédit et j'aurais du les écouter
quand je les ai comprises, seules les maisons étaient encore à vendre

mais qu'elles souffrent ou qu'elles me dérobent quelque chose à l'intérieur
toujours
ce sont d'autres qui les ont brisées
et il est arrivé que certains utilisent les coups en plus du mensonge pour arriver à leur fins

moi, avec la classe du gentleman "cabrioleur", je garde ma violence dirigée contre moi
je ne veux que me briser en me jetant contre des murs pour sentir une douleur qui me prouvera que 
je suis vivant
juste un peu plus vivant que le reste de ce monde qui n'a jamais été autre chose que fou

et putain, c'est déja pas si mal pour moi

MOI

ce poète inconnu et merdique 
ce vieux pervers, as de l'imposture qui récupère parfois des photos de groupies nues et chaudes dans sa boite mail
femmes magnifiques dotées d'une folie sublime, toutes beaucoup trop bien pour le taré que je suis

Putain tout ce que je ponds n'est que la
description sordide d'une réalité distordue créé par un esprit dérangée et déviant, celle du salaud
à l'âme corrompue qui écrit
la queue à la main et la bave aux lèvres
parce que

putain, quand comme ce soir, ma rage et ma colère 
se déchainent
j'enchaine les mots avec l'avidité du junkie en manque qui plante sa seringue dans le bleu océan
d'une veine, je brise le sceau de mon esclavage 
défie le destin et les divinités 
enivré d'une liberté qui n'existe que dans ma création où aucune créature ne doit en tuer une autre
et s'en nourrir pour survivre, putain, vu comme ça, je ne suis donc qu'amour et dingueries
quand je jette sur l'écran mes tripes, mon sang, un peu de foutre au gout dégueulasse comme
autant de mes obscures déviations

c'est comme se faire tailler une pipe par Dieu 
et qu'ELLE avale en souriant

écrit le
poète de merde aux yeux verts qui arrachent leur ailes aux anges déçus

et sur l'écran noir comme sur le papier blanc,
j'écris et je cris aimez-moi, aimez-moi, aimez-moi et pour les plus jolies d'entre vous, baisez-moi
baisez-moi
baisez-moi
je suis dingue et je n'en vaux pas la peine
mais baisez-moi quand mème
je suis si vide, remplissez moi

je parle mal et je le sais
light my fire and love me wrong c'est le romantisme maximum auquel je peux prétendre
mais quand je parle mal il arrive que j'écrive bien 
mème si bien sur
je sais bien que ce n'est pas comme ça que je vais me payer la pute qu'est la gloire 

tant pis

les maisons d'éditions, les belles journalistes de télévision moulées dans des tailleurs Chanel,  
Hollywood et
ses actrices célèbres ne sont jamais
venues ruiner sauvagement la peinture rouge de leur lèvres
sur une queue que je garde pourtant propre au maximum pour elles comme pour la mère
de famille que j'ai fait sourire au comptoir du bar-tabac cet après-midi
et ce n'est pas bien grave

les écrivains célèbres ont tous fini par remplir le rectangle d'une tombe avec le mème talent
que les écrivains pas célèbres
ce qui prouve bien
que l'immortalité reste encore l'illusion préférée de ceux qui craignent la mort et 
l'oubli qui l'accompagne avec discrétion

j'ai beau prétendre en riant que je ne ne tombe amoureux que des putes, je sais bien que ce sont les hommes les enfants de pute

j'ai trop besoin des femmes pour faire autre chose que les aimer, ma drogue aura toujours eu des seins fiers,
un regard
profond et une chatte très humide pour masquer un cerveau bien supérieur au mien (oui les femmes avancent masquées, c'est ce qui arrive quand on doit composer jour après jour avec des personnes
bourrées de testostérone et qui pèsent souvent au minimum 20 kg de plus)

résultat : une défaite pour chaque essai non transformé

cependant,

Les femmes sont tout(es) ce qui vaut la peine d'être vécu

(alors laissez-moi les plus intenses)

il y a décennies
que j'ai compris
que rien n'égalera jamais
le regard d'une femme qui trouve le mien pendant 
qu'elle me lèche les couilles avec l'application infernale
de la salope qui adore sucer et se repait de ce moment précis où ses lèvres et sa langue enroulées autour
d'une queue tendue sont le quand et le comment le corps et l'âme d'un homme lui
appartiennent dans leur entièreté, le plus parfait des crimes passionnels

Ce sublime regard dans lequel le désir est la brûlure qui pousse au cri
ce regard
où la vie et la mort enlacées dans une danse à l'érotisme impétueux échangent de passionnés baisers 
ce regard
où se mélangent le feu de l'enfer et le paradis sur terre dans une sarabande or et orange
ce regard
où se dissimule
la subtile et perverse interrogation qui habite toute divine suceuse :

serait-il bienvenu ou non qu'elle glisse un doigt timide dans mon trou de balle sale ?

(A chacun sa définition du bonheur)












samedi 2 mai 2026

Un samedi après midi

Je suis dans un PMU, tête à tête avec un café crème (les gens changent et moi aussi)
Le type entre, vieux survet et tshirt blanc, tong et cheveux gris, il doit avoir
15 ans de moins que moi, les bras maigres

il dit salut tu vas bien ? et aussi, ça fait longtemps

et oui ça fait longtemps,
je dirai deux ans
il est passé chez moi, me taxer vite fait 60 euros par la vitre de sa voiture
et je m'était dit, lui aussi, tombé dans la dope

je voyais que ça, il semblait tellement en manque

je l'ai connu vraiment fringant
le beau gosse toujours bien fringué
avec une carrière de fonctionnaire toute tracée abandonnée pour une place dans le privé
qui payait bien mieux
Un type intelligent et sympa, pas prétentieux
une fille incroyablement belle au bras
l'histoire s'arrête et les suivantes étaient tout aussi magnifiques
Une fois il m'a montré une video d'une d'entre elles qui lui avait demandé de faire une vidéo
de son corps de rêve, masquée, pour envoyer à ses potes (et j'étais son pote)

c'était sa soumise barge qui fantasmait sur le viol
et moi j'étais le type qu'il aurait aimé avoir comme grand frère

un autre homme,
une autre histoire

je ne sais pas ce qui lui est arrivé
parfois on sombre
on ne sait pas pourquoi où simplent
on aime trop fort la mauvaise personne, ou trop longtemps la bonne
peut-être que je me trompe, peut-être est il heureux
je l'espère pour lui

Il ne s'attarde pas
je ne lui réclame pas mon fric
parce que je sais qu'il ne me les rendra pas
parce que je sais que s'il me les rend, il me rappellera pour les redemander à un moment ou un autre
et que je préfère en rester là,
la vie m'a appris deux trois trucs alors

j'évite les junkies et j'essaie de faire en sorte qu'on ne me mente qu'une fois 


samedi 11 avril 2026

Celle que j'attend avec la bave aux lèvres

depuis qu'on m'a arraché mes "Elle"
j'apprend à avancer à reculons, total déséquilibre sur le fil de l'existence
le coeur au bord du gouffre
j'en attend une
la bave au lèvres et la rage de vivre ancré dans un coeur libre

toi qui viendra
je connais tant de défaites qui rendent ta victoire éclatante
puisque c'est la vie qui nous brûle
c'est ta lumière qui me cloue sur les portes de mon destin
pour toi
nuls je t'aime insipides sur mes lèvres dévoyées mais des baisers enflammés comme autant de serments
et des mots sales comme autant de joyaux sur ma couronne d'épines
je suis celui qui n'a rien à offrir mais tout à te voler
puisque j'ai plus rien à perdre, ne me reste que le choix de te gagner
puisque soudain, tu deviens mon combat fait de moi ton armure

oui je saigne, et ce sang noir est aussi impur que l'âme maudite qui habite mon corps fatigué
ne perd pas de temps à me réparer, ta lumière ne ferait que révéler ce que cache mon obscurité
tant de choses que je voudrais oublier, il serait mieux de
laisser de la place dans mon vide intérieur pour t'accueillir
tu es une flamme et tout ton feu
ne me rends pas meilleur, 
mais tout ce que tu es, quand simplement tu vis, m'empêche de devenir pire
et c'est déjà plus que ce que les dieux imaginaires et les espoirs promis ont jamais réussi à faire

moi je tiens debout quand tu me souris
ô je n'aurai jamais cru que tu veuilles de moi qui désire tout tes émois
peu importe les plaies qui recouvre ton coeur, je les lécherais jusqu'à ce qu'elles ne soient plus
que de pâles
cicatrices
peu importe ce qui te coupe en deux, je serai la suture sur chaque déchirure
que chacun de tes rires, chacun de tes moments de bonheurs soit ce qui te colle à moi

tes lèvres sur les miennes ont le gout d'un été au paradis, la promesse immuable de l'éternité
à laquelle aspirent tous les amoureux

et lorsque tu t'endormiras, viendra veiller sur tes rêves, mon visage de fou
moi, assez laid pour effrayer démon et vampire
bébé, bébé
je suis l'homme le plus solitaire qui existe
je suis celui qu'elles abandonnent sans lui laisser une seule chance
j'en ai tellement déçu
j'en ai tellement effrayé
voilà ou tu m'as trouvé
bébé
je suis l'homme le plus solitaire qui n'ai jamais vécu dans le monde de cendres qu'il a créé

jusqu'à toi

comme si tout ce que je suis, n'avait aucune importance, purifié par l'incendie dans ton regard



mercredi 8 avril 2026

Un soir, j'ai enculé mon amour contre un mur froid

(variation sur une vieille histoire)
un jour elle me dit
qu'elle m'avait embrassé parce qu'elle pensait
que j'étais un garçon timide et gentil

mais que personne ne lui avait jamais fait et dit, tout ce que je lui faisais et lui disait

et un jour
je lui rétorquais,
qu'elle m'aurait quitté au bout de deux semaines, si j'avais été juste ce qu'elle croyait

et elle avait rit
et c'était un soir en fait,  je venais de l'enculer, elle mon brûlant amour,
contre le mur froid du couloir 
et j'avais du
la traiter de pute en le faisant

et bien sur on pourrait me juger sur tout ce que je lui faisais de sale, lui disait
de 
sale
en oubliant son défi et son œil brillant
(et tous mes mots d'amour magnifiques qui était autant de serments de mon esclavage)
et je t'avoue
que je m'en
foutrais
royal
ement,
il faut être coupable d'un crime pour craindre un jugement

elle a sans doute
oublié tout ça et ce sont d'autres 
qui l'ont brisée

j'était juste un peu plus dingue qu'elle le pensait
juste meilleur baiseur qu'elle l'espérait

et rien n'a plus d'importance
ce qui nous casse comme ce qui nous protège du vent froid

on finit seul, avec le visage arraché et les yeux injectés de sang

mardi 7 avril 2026

être préparé n'empêche pas la douleur

L'asiatique folle, 

est folle, dit qu'elle ne boit plus, un peu comme moi
je dis que je ne bois plus,
et elle m'écrit, on mange ensemble à midi, et je suis un garçon facile
alors on mange à midi et on se bourre la gueule jusqu'à 20 heures, pour se prouver qu'on
ne boit plus
comme
avant

et dans le dernier bar, je connais la serveuse depuis qu'elle a 17 ans
et elle en a surement plus de 40 maintenant
et il ne s'est jamais rien passé, et je pourrais trouver cela dommage tant toujours, je l'ai trouvée
sublime
et elle rit à nos dingueries
et les gens nous regardent parfois bizarrement mais on s'en fout
nous somme bizarres
et on aide la serveuse à empiler des chaises, et les autres, ceux qui nous regardent parfois bizarrement,
ne l'aident 
pas
et je m'autorise à prétendre naïvement à un supplément d'âme
qu'ils n'ont pas, dans la vie
tout est bon pour renforcer son ego

et vient le soir avec la nuit et le chien qui veut courir dehors, résultat ,  j'attaque le reste de mon
boulot à 22h38, j'avais bien fait de m'avancer, (je suis un homme prévoyant et lucide
qui sait que ni l'asiatique folle ni lui, n'ont cessé de boire comme ils le prétendent sans vergogne)

et l'autre jour, sur le chemin boueux, la nuit, je me remémorais la presque doctoresse
trop jeune et si douce, tellement
magnifique
au comptoir du restaurant où je bossais (et buvais) les weekends
elle me chuchotait son histoire, sa maladie et son désir de vivre, collée à moi
m'offrant quelque chose de magique sa main dans la mienne 
sans doute me prenait-elle pour un type bien ou bien s'en foutait-elle que je sois barge
et je voulais l'embrasser, et la baiser, et l'aimer
et la lécher de partout un mois entier, à m'en briser la mâchoire et tous ces murs censés m'empêcher
de retomber amoureux, peu m'importait d'être fou, trop vieux, et de savoir que plus personne
jamais
ne m'aimera n'est-ce pas ?

et je pense d'autre fois
à d'autre femmes
que j'ai
eu
ou
non, j'aime tellement mes inutiles pensées que cela ne me brise plus

même si dans le souffre de mon enfer, résonne mes questions

                    "bébé, qu'as tu à m'offrir qu'on ne m'ait déjà volé ?
                      lequel de tes désirs ne m'a déjà violé ?"

tandis que celles qui aimaient mes mots
n'envoient plus des photos de leur corps dénudé, ne parlent plus de leurs désirs cachés ni
                    de l'amour qui manque
quand on voudrait tant, qu'il marque
pas plus qu'elles ne se plaignent, des hommes qui trahissent et les cassent

elles sont pour d'autres,
elles aussi
ne se caressent plus pour moi devant leur caméra, 
moi,
j'aime toujours autant griffer les peaux et dire des mots sales, me branler, aussi, mais 
je suis devenu encore plus laid
et ce n'est pas si grave

après tout

 je le savais bien

que tout doit se terminer ainsi, dans le froid et les tremblements du désespoir
(être préparé n'empêche pas la douleur)
 


lundi 2 mars 2026

Amoureux de la folie

dans le petit bar
je suis au café crème et d'autres à la bière
y a de la lumière dans certains regards, des jugements dans d'autres
moi je vis depuis longtemps sous le feu des mitraillettes en forme de prunelles
rien à battre qu'on m'aime ou qu'on me déteste
tout ce qui était beau en moi, j'ai du le tuer pour survivre, noyer la meilleur partie de moi
celle qui savait nager dans des océans d'amour fou
cruelle mais efficace manière d'imprimer qu'on est toujours seul
et seul
pour toujours !

rien de tel que la solitude pour éviter les compromis

dans la rue, des jolies filles, trop jeunes, trop jolies pour ma laideur
et d'autres, des femmes, qui pourraient, mais je n'ai toujours pas ce qui fait qu'elles se retourneraient sur moi

et à une, au hasard, je voudrais crier...

viens ! 

et après nos peaux collés
on s'inventera des noms, qui ne seront liés à aucune loi, aucune règle ni serments
des noms qui seront synonymes de liberté  
et peu importe
si à l'arrivée tu ne sois qu'une cicatrice de plus

tout ce à quoi j'ai cru
m'a déjà défiguré

oh bébé, tu sais bien ce qu'il en est, tous les coupables prétendent leur innocence
et si je t'aime comme un chien ne vas pas croire que je cherche une laisse
je suis de ceux qui aiment mettre une âme à nue avant de dévêtir un corps
et ça me rend meilleur que tout ceux qui t'on plié dans tous les sens jusqu'à ce que tu puisses
correspondre au cadre si précis de leur volonté
mais cette vérité comme les autres ne compte pas
étrange déraison, les mensonges sont toujours la voix de la raison qui résonne dans les têtes
peu importe le nombre de fois ou les masques sont tombés
peu importe qu'on finisse abimé à chaque fois

et toi comme d'autres avant, de ton regard acéré
tu chercheras à comprendre 

en vain

et je trouverai inutile de te confier ce qui fait que j'arrive encore à me lever le matin
plutôt que d'enfoncer dans ma bouche le canon huilé d'un flingue

je me contenterai que tu mouilles et que tu t'essouffles dans la sueur
tu sais bien comme je suis bizarre

J'écris parce que je suis tombé amoureux de la folie






mardi 13 janvier 2026

Bad sad song

J'ai fini par accepter l'idée que c'est moi le coupable
que je n'ai rien qui donne envie de parier sur moi
que mes baisers et les mots magnifiques que je murmure sans impatience
quand personne d'autre ne regarde ne
comptent pour rien
qu'il faut offrir plus que des rires et un joli coup de langue entre les cuisses offertes

j'ai fini par comprendre qu'il n'y aura plus personne, que c'est fini
j'ai raté ma chance, loupé la marche, et comme excuse
prétendu que j'avais une âme quand ce n'était qu'un corps mort errant dans son propre enfer, 
ô
cédant aisément à la facilité,
je me suis imaginé
violé par les mensonges et les traitrises et j'ai tout mis sur le compte de mon visage et de mon
incapacité à penser carrière et succès tant il m'est impossible de jouer le "je" glacé de l'égoïsme nécessaire
pour gravir chaque barreau de l'échelle sociale

mais c'était juste moi
de bas en haut, de dehors au plus profond de mon être, là ou se tapissent ange et démons enlacés dans la 
folle sarabande
qui 
me 
dévore les tripes

et c'est alors que tout est
devenu
bien
p
l
u
s
simple
il suffisait juste de baisser la garde, d'ouvrir les yeux face au miroir
il faut affronter son reflet pour se trouver quelque chose à aimer

bien sur parfois,
la solitude me perce le cœur et mon coeur se baigne d'un sentiment d'injustice
puis je me souviens
que la justice est un mythe créé pour effrayer l'assassin

tu sais, ce n'est pas si facile d'être moi
pas si facile d'être fou
j'ai des larmes à noyer 
des esquives à travailler 
je vieillis et le ring réclame encore jeunesse, fluidité et rapidité, je suis si lourd à bouger
quand les coups arrivent c'est toujours au visage et il faut tenir en sachant que 
le combat est déjà perdu

mais la plupart du temps

je tiens

avec le regard mauvais du cinglé
avec le sourire arrogant de celui qui s'est relevé une fois ou deux avant la fin du décompte
avec pour seul chaleur le souvenir de quelques femmes un peu moins effrayées que les autres
avec un chien qui m'offre la plus pure forme d'amour à laquelle je puisse aspirer

et bien des fois, peu importe que le soleil brûle ou que le vent étouffe les voix qui apaisent
ça me suffit

je n'ai jamais rêvé d'être une chanson triste