Mon Amour
nous avions toutes la vie devant nous et une faim de cul et d'amour chevillé au corps
et nous étions trop vieux
de la jeunesse avide de vivre avec des désirs de vieux
toi et moi, une vie rangée, 2,1 enfants, un crédit sur un pavillon 3 chambres dans une
banlieue dortoir
si on l'avait eu, cette vie si normale, à compter le fric qui manquait
à forger la chaine qui nous lierait aux banques, l'esclavage quotidien de la foule
on aurait finit par ne plus vouloir baiser que dans un lit le samedi soir
on aurait fini par ne plus baiser du tout, mème le samedi soir
et dans le même lit, tu aurais fini par hair et mes ronflements aussi et l'odeur de ma peau de bébé
et sans doute, te donner à un autre pendant que j'aurai cassé mes ongles dans une usine grise
pas une ride sur ton visage, un cul ferme et des seins qui affrontait le monde
pas un gramme de gras, un ceinture abdominale, pas abdos minables et quasi tous mes cheveux
et nous étions trop vieux
avec des désirs de vieux
une voiture confortable
un cinéma et un restau le dimanche puis on aurait continuer. dans des fast food pour mal nourrir nos gosses
qui auraient été aussi mal éduqués que ceux des voisins, des vies de vieux, à deux...
s'éloigner tranquillement, sans s'en apercevoir, tout en se tenant la main
on était trop vieux
tu étais tombé amoureuse d'un type qui te baisait comme un pute et faisait de toi sa déesse quand
il te disait qu'il t'aimait
un cinglé sans argent mais avec des mains magiques et un cuni qui donnait l'orgasme à chaque fois, qui
t'habillait d'une mini-jupe, te demandait de faire des nattes indiennes, te fourrait des boules
de geisha dans la chatte et parfois, se permettait de t'enculer contre le mur du couloir, tout ça avant
d'aller au cinéma, tout ça avant que la routine ne nous prenne
j'étais ce sale type
et je voulais
que
tu
ries
du matin au soir
et je voulais
que
tu
rêves
et la réalité nous a mis a genoux
car nous étions trop pauvre pour nos désirs de vieux
En haut de la montagne, tu voulais mourir, je voulais que tu vives mais j'acceptais
de sauter avec toi
si c'était
vraiment
ce qui pouvait te sauver, et après que tu aies choisi la vie, tu disais, personne n'a jamais fait ça pour
moi
et j'imagine qu'encore maintenant, homme ou femme, personne n'a jamais fait ce que j'ai fait pour
toi, ils sont rares ceux qui savent aimer comme moi
mais le fric et les apparences du bonheur et tes désirs de vieille avaient plus d'importance à tes yeux
tu ne seras jamais fière de moi, et tu ne l'as jamais été
je devrais te haïr, mais je m'en fous, j'ai reçu la liberté en cadeau quand tu as brisé la chaine de
velours pourpre qui te liait à mon coeur.
et je voulais devenir écrivain pour écrire des putains d'histoires d'amour dont tu serais l'héroïne qui conduirait des voitures de sport noires et sucerait
des héros plus beaux et plus fort que moi, pour noircir des pages de mots insalubres qui laisserait tranparaitre l'immensité de mon
amour
pour
toi
tu étais la drogue que je m'injectais dans des veines que tes sourires rendaient solides et plus bleues que
celles des rois
mais nous étions trop vieux
et nous avons fini par oublier que nous étions fait pour les partouzes de l'existence, pour vivre à 200 à
l'heure
la ou les autres auraient freiné à 100.
et la réalité nous a rattrapé, j'étais ta pute et je tapinais dans les usines et les entrepôts et quand
tu relevais les compteurs, toi ma sublime maquerelle, je ne rapportais pas assez pour tes rêves d'évasion
et nous étions trop vieux
avec des désirs de vieux
Et parfois je me souviens quand j'étais ton Dieu
et ça ne me rend pas malheureux
j'ai fini par ne pas avoir
tous ces désirs de vieillard
et aujourd'hui, la bave aux lèvres et le regard halluciné, mes histoires de cœur sous assistance respiratoire, j'affronte le miroir et la vérité se lit
dans toutes mes errances
je suis trop vieux pour mourir