samedi 11 avril 2026

Celle que j'attend avec la bave aux lèvres

depuis qu'on m'a arraché mes "Elle"
j'apprend à avancer à reculons, total déséquilibre sur le fil de l'existence
le coeur au bord du gouffre
j'en attend une
la bave au lèvres et la rage de vivre ancré dans un coeur libre

toi qui viendra
je connais tant de défaites qui rendent ta victoire éclatante
puisque c'est la vie qui nous brûle
c'est ta lumière qui me cloue sur les portes de mon destin
pour toi
nuls je t'aime insipides sur mes lèvres dévoyées mais des baisers enflammés comme autant de serments
et des mots sales comme autant de joyaux sur ma couronne d'épines
je suis celui qui n'a rien à offrir mais tout à te voler
puisque j'ai plus rien à perdre, ne me reste que le choix de te gagner
puisque soudain, tu deviens mon combat fait de moi ton armure

oui je saigne, et ce sang noir est aussi impur que l'âme maudite qui habite mon corps fatigué
ne perd pas de temps à me réparer, ta lumière ne ferait que révéler ce que cache mon obscurité
tant de choses que je voudrais oublier, il serait mieux de
laisser de la place dans mon vide intérieur pour t'accueillir
tu es une flamme et tout ton feu
ne me rends pas meilleur, 
mais tout ce que tu es, quand simplement tu vis, m'empêche de devenir pire
et c'est déjà plus que ce que les dieux imaginaires et les espoirs promis ont jamais réussi à faire

moi je tiens debout quand tu me souris
ô je n'aurai jamais cru que tu veuilles de moi qui désire tout tes émois
peu importe les plaies qui recouvre ton coeur, je les lécherais jusqu'à ce qu'elles ne soient plus
que de pâles
cicatrices
peu importe ce qui te coupe en deux, je serai la suture sur chaque déchirure
que chacun de tes rires, chacun de tes moments de bonheurs soit ce qui te colle à moi

tes lèvres sur les miennes ont le gout d'un été au paradis, la promesse immuable de l'éternité
à laquelle aspirent tous les amoureux

et lorsque tu t'endormiras, viendra veiller sur tes rêves, mon visage de fou
moi, assez laid pour effrayer démon et vampire
bébé, bébé
je suis l'homme le plus solitaire qui existe
je suis celui qu'elles abandonnent sans lui laisser une seule chance
j'en ai tellement déçu
j'en ai tellement effrayé
voilà ou tu m'as trouvé
bébé
je suis l'homme le plus solitaire qui n'ai jamais vécu dans le monde de cendres qu'il a créé

jusqu'à toi

comme si tout ce que je suis, n'avait aucune importance, purifié par l'incendie dans ton regard



mercredi 8 avril 2026

Un soir, j'ai enculé mon amour contre un mur froid

(variation sur une vieille histoire)
un jour elle me dit
qu'elle m'avait embrassé parce qu'elle pensait
que j'étais un garçon timide et gentil

mais que personne ne lui avait jamais fait et dit, tout ce que je lui faisais et lui disait

et un jour
je lui rétorquais,
qu'elle m'aurait quitté au bout de deux semaines, si j'avais été juste ce qu'elle croyait

et elle avait rit
et c'était un soir en fait,  je venais de l'enculer, elle mon brûlant amour,
contre le mur froid du couloir 
et j'avais du
la traiter de pute en le faisant

et bien sur on pourrait me juger sur tout ce que je lui faisais de sale, lui disait
de 
sale
en oubliant son défi et son œil brillant
(et tous mes mots d'amour magnifiques qui était autant de serments de mon esclavage)
et je t'avoue
que je m'en
foutrais
royal
ement,
il faut être coupable d'un crime pour craindre un jugement

elle a sans doute
oublié tout ça et ce sont d'autres 
qui l'ont brisée

j'était juste un peu plus dingue qu'elle le pensait
juste meilleur baiseur qu'elle l'espérait

et rien n'a plus d'importance
ce qui nous casse comme ce qui nous protège du vent froid

on finit seul, avec le visage arraché et les yeux injectés de sang

mardi 7 avril 2026

être préparé n'empêche pas la douleur

L'asiatique folle, 

est folle, dit qu'elle ne boit plus, un peu comme moi
je dis que je ne bois plus,
et elle m'écrit, on mange ensemble à midi, et je suis un garçon facile
alors on mange à midi et on se bourre la gueule jusqu'à 20 heures, pour se prouver qu'on
ne boit plus
comme
avant

et dans le dernier bar, je connais la serveuse depuis qu'elle a 17 ans
et elle en a surement plus de 40 maintenant
et il ne s'est jamais rien passé, et je pourrais trouver cela dommage tant toujours, je l'ai trouvée
sublime
et elle rit à nos dingueries
et les gens nous regardent parfois bizarrement mais on s'en fout
nous somme bizarres
et on aide la serveuse à empiler des chaises, et les autres, ceux qui nous regardent parfois bizarrement,
ne l'aident 
pas
et je m'autorise à prétendre naïvement à un supplément d'âme
qu'ils n'ont pas, dans la vie
tout est bon pour renforcer son ego

et vient le soir avec la nuit et le chien qui veut courir dehors, résultat ,  j'attaque le reste de mon
boulot à 22h38, j'avais bien fait de m'avancer, (je suis un homme prévoyant et lucide
qui sait que ni l'asiatique folle ni lui, n'ont cessé de boire comme ils le prétendent sans vergogne)

et l'autre jour, sur le chemin boueux, la nuit, je me remémorais la presque doctoresse
trop jeune et si douce, tellement
magnifique
au comptoir du restaurant où je bossais (et buvais) les weekends
elle me chuchotait son histoire, sa maladie et son désir de vivre, collée à moi
m'offrant quelque chose de magique sa main dans la mienne 
sans doute me prenait-elle pour un type bien ou bien s'en foutait-elle que je sois barge
et je voulais l'embrasser, et la baiser, et l'aimer
et la lécher de partout un mois entier, à m'en briser la mâchoire et tous ces murs censés m'empêcher
de retomber amoureux, peu m'importait d'être fou, trop vieux, et de savoir que plus personne
jamais
ne m'aimera n'est-ce pas ?

et je pense d'autre fois
à d'autre femmes
que j'ai
eu
ou
non, j'aime tellement mes inutiles pensées que cela ne me brise plus

même si dans le souffre de mon enfer, résonne mes questions

                    "bébé, qu'as tu à m'offrir qu'on ne m'ait déjà volé ?
                      lequel de tes désirs ne m'a déjà violé ?"

tandis que celles qui aimaient mes mots
n'envoient plus des photos de leur corps dénudé, ne parlent plus de leurs désirs cachés ni
                    de l'amour qui manque
quand on voudrait tant, qu'il marque
pas plus qu'elles ne se plaignent, des hommes qui trahissent et les cassent

elles sont pour d'autres,
elles aussi
ne se caressent plus pour moi devant leur caméra, 
moi,
j'aime toujours autant griffer les peaux et dire des mots sales, me branler, aussi, mais 
je suis devenu encore plus laid
et ce n'est pas si grave

après tout

 je le savais bien

que tout doit se terminer ainsi, dans le froid et les tremblements du désespoir
(être préparé n'empêche pas la douleur)