mardi 17 décembre 2013

Mordre mon cœur jusqu’à boire la dernière goutte de mon sang

Ne choisis pas l’alcool me dit la voix dans la tête
et mes yeux s’ouvrent et  me voilà jeté
dans l’odeur rance d’un jour nouveau
            j’ai toujours été celui qui
rêve de voler le feu, peu m’importe
qu’ils meurent tous de froid, moi
je veux les flammes dans les regards
la chaleur dans les corps et je me
brûle à la vodka et je m’incendie
            à la recherche d’un amour
            ultime,
et
à
l’arrivée,
les flammes me dévorent
du cœur à l’âme
mes tripes sont usées, calcinées
je jette des morceaux noircis
de moi
sur le papier immaculé
ne choisis pas l’alcool,
ne choisis pas l’alcool

tu as choisi l’alcool a dit la fille de feu
il y a quelques nuits
tu as choisi l’alcool au lieu de moi

            et me voilà à crier sous les brûlures
            pris par le sourd désir de mordre mon cœur
                         jusqu’à boire la dernière goutte
de mon sang

lundi 16 décembre 2013

Une petite culotte noire et rose et jaune et blanche avec écrit dessus « be my sushi »

Elle enfile une petite culotte noire et rose
et jaune et blanche, avec « be my sushi »
écrit dessus et des dessins
de sushi imprimés un peu partout pour
illustrer le texte,
et, lubrique, je songe qu’elle est comme un menu
de restaurant japonais en beaucoup plus
sexy
appétissant

je fais des photos pendant qu’elle se brosse
les dents dans le salon, dans la lumière,
des photos d’elle
dans une petite culotte avec écrit dessus
            « be my sushi » et elle rit
ses cheveux sont longs noirs et rouge
et en désordre
 «je connais ce corps me dis-je
            tout ça m’a appartenu, le temps
                        de quelques instants,
mais tout ça va partir et disparaître 
            parce-que tous les instants
aussi beaux soient-ils finissent par partir et disparaitre »

Elle virevolte devant
l’objectif le temps
de trois au quatre clics avant
d’aller rincer sa bouche,
et je réfléchis à ce truc entre nous, ce truc
qui connecte sa beauté à ma folie,
ça dure depuis un moment, cette manière de
se chercher, ce désir sous-jacent
j’aime ça et je crois que ça lui plait
aussi,
il fallait bien qu’on se trouve
le temps de quelques
instants

Elle finit de
s’habiller
et je l’emmène dans un salon de beauté
            et pendant que je bois un café
chez une amie, quatre jolies mains courent
sur son joli corps. Ensuite je viens
la récupérer et nous allons manger
dans un restaurant, c’est l’hiver
mais il fait soleil et la serveuse est
blonde avec des yeux verts me semble-t-il,
et nous mangeons avec appétit et elle
me parle d’elle et ce n’est ni triste
ni ennuyeux, elle sourit et rit souvent
quand elle parle, dans son regard noir, je vois
des cascades d’étincelles et
rien n’est compliqué,
et toi, tu as des projets, des rêves ? demande-telle,
et je finis par parler
avouer un secret ou deux car c’est une fine
            négociatrice, têtue comme pas possible
quelque soit le temps que ça prend, elle obtient
toujours ce qu’elle veut
et elle lit un poème sur mon téléphone, un
poème qui raconte une soirée
            passé ensemble, nos premiers
            baisers et sa manière bien à elle
de mener le jeu, elle est la fille qui décide
mais il ne faut jamais lui courir après, la séduire
c’est
une course sur un fil d’acier tendu
au dessus du précipice mais quoi qu’on dise
je suis bon aussi à ce jeu là

Elle lit le poème et rit
puis
je la ramène en ville,
il y a a une amende sur le pare-brise
            de sa blanche voiture, comme
chaque fois qu’on se voit, je
l’embrasse une dernière fois et encore
une dernière fois parce-que j’aime
l’embrasser et puisqu’il faut
bien que quelqu’un le fasse je pars
            et disparaît en premier, laissant
derrière-moi sa magie et ses cheveux longs avec
du rouge dedans, son joli petit corps et sa
culotte noire et rose et jaune et blanche
avec écrit dessus, « be my sushi »

dimanche 15 décembre 2013

Il existe une fille avec toute la vie devant elle qui dit en riant qu’elle m’aime bien

Nous sommes assis dans un restaurant,
            c’est le début de l’après midi
et nous avons dormi ensemble au petit matin,

il nous a fallu un peu de temps pour en arriver là
            les femmes comme elles ne se donnent
                        jamais facilement aux hommes comme
                        moi, elles doivent décider du moment, s’assurer que
            jamais nous ne les oublierons, il existe trop peu de
femme comme elle, les autres font trop d’erreurs, trop souvent
            les mêmes

            Et toi, comment étais-tu à 20 ans ?

Bordel, elle a 21 ans, moi au moins 21 de trop.
toutes les nuits de solitude sont effacées
            par une nuit comme celle là,
bon,
ok
le désir brisé par l’alcool, je suis sur que
si
le
souvenir
qu’elle
en
gardera
sera impérissable, ce n’est pas dans le sens
            que je souhaitais, mais j’ai eu
            ma chance et il y a eu des rires
            et des gémissements, et du désir
            des éclats de lumières plantés dans ses yeux

dans le temps j’aurai pu tuer pour une femme comme elle
aujourd’hui c’est moi que je tue, avec l’alcool et mes plongées
dans la folie mais si mes rivières charrient du sang
certains sourires sont des morceaux de soleils

Il y a des réveils ou je pourrais facilement arracher les ongles du type qui à écrit « peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse »

« J’aime les claques sur mes fesses, vous, les mecs
            vos premières fois sont toujours bidons »

il y a le petit matin, sa chair brulante
entres mes bras, l’alcool qui tue le membre,
pourtant, ses lèvres sont du feu et je suis
dans sa bouche,
elle est les flammes,
je goute le volcan,

« Vince, tu pouvais m’avoir et tu as choisi l’alcool,
                        putain je te jure que si rien ne se passe,
                        tu n’auras pas d’autre chance »

            elle a eu très peu d’hommes, mais elle connaît
le jeu,
            elle pourrait briser n’importe quel homme
                        en un claquement de doigt,     
            je souhaite que rien, jamais, ne la casse,
et sa beauté…
ah… sa beauté !

C’est une femme avec un cœur,
            c’est une femme avec une bouche en forme
                        de cœur,

            « depuis le temps qu’on se veut toi et moi… »

Je vais écrire un poème sur les pannes d’érection, je réponds

elle soupire, rie, ne me croit pas, ne me pardonne pas
                        elle est plus dure que la plupart

Quelque chose d’angélique

Je connais la douceur de tes lèvres,
le parfum de ta peau,
le goût de ta chatte

j’ai entrevu
            ton cœur et

je sais le désir entre tes cuisses
j’ai vu
            le plaisir changer
                        ton regard

- je n’aime pas que ce soit trop doux, dis-tu, sinon je m’ennuie -

Je suis un type chanceux

vendredi 6 décembre 2013

La douce musique

Il existe des regards et des instants
            qui confinent au sublime
comme si la magie brulait au creux
de ta main et le ciel soudain s’embrase
et le goût de tes lèvres est une promesse
tenue,
une douce caresse sur les larmes d’un regard
            ravagé, il existe des nuits
où je pourrais aimer les soldats
            et leurs armes à feu,
des nuits où le couteau laisse de côté
                                    la menace,
il existe des flammes qui ne brûlent
                        ni la peau ni les yeux
                        ni les cœurs, c’est
la quiétude du voilier sur une mer d’huile
            c’est la paix du lion endormi
l’espoir de celui qui croit à un monde
                        meilleur, la folie
de celui qui rend ce monde meilleur,
                        je songe au bonheur
                        quand d’autres songent
                        à la guerre,
                        je songe au bonheur
                        quand d’autres cèdent
                        à la peur, dans le vert
de mes yeux                
brillent mille milliards d’étoiles

Résonne l’exemple

Nelson s’en est allé cette nuit,
            des années en prison à
                        casser des cailloux
et nul désir de vengeance,
            un manteau d’innocence,
ce monde est fou, on vénère
            les gangsters,
on immole des moines
on lapide des femmes
                        on viole des enfants
            on assassine pour une couleur de
                                    peau
            l’argent est roi
l’argent achète l’Amour
les religions tuent
et Dieu…
            Dieu est tellement silencieux

la route s’assombrit, quand disparaissent
                        les porteurs de Lumière
            des années en prison
et nul désir de vengeance,
            avons-nous appris de lui ?

Nelson s’en est allé,

reste le son de son courage
résonne l’exemple