lundi 30 janvier 2012

Le poignard commence toujours par briller sous le soleil

Lorsque tu t’es pointée dans mon existence, tu étais comme un
goût de miel sur
le bout de ma langue,
et tu disais
        « avant toi je croyais que le sexe c’était 10 ou 20 % d’un couple pas plus
mais avec toi c’est 70 et certains jours 100 »
et moi je songeais que je me tapais la meilleure baiseuse
du coin et que j’étais le salopard le plus verni de cette ville
morte
et toutes les fois où tu riais
et toutes les fois où mon cœur
battait rien qu’en te regardant,
je ne pouvais m’empêcher de me demander
ce que j’avais fait de moi
jusqu’à toi,
toi qui un soir, comme une évidence
m’avait demandé avec de l’espoir et la peur de la
réponse
plein les yeux
        - tu n’as pas envie d’une petite vie simple où on serait ensemble tous les soirs ?

samedi 28 janvier 2012

Nous avons tous cru un jour que le monde nous appartiendrait

Je bois une bière quand elle vient me voir pour
me parler de samedi dernier.
Elle était passée me faire une bise au restaurant où
je bosse les week-end après la fin du service
Elle était complètement soule et nous avions apprécié
la qualité de sa prestation…

        - J’ai ôté mon haut et dit que mon soustif en dentelle noire était un maillot de bain
        - Oui et tu as montré ton string et donc la moitié de ton cul au passage
        - Non ?
        - Si !
        - Oh putain j’avais oublié !

Puis, un peu plus tard

        - tu sais dans un lit je peux être une vrai folle, j’aime qu’on me tire les cheveux et la fessée en levrette, je me fous que tu aies quinze ou vingt ans de plus que moi, mais …
        - quinze, pas plus !
        - … toi et moi ça ne pourrait pas marcher, tu es trop un salaud avec les femmes !
        - laisse moi te filer un truc, tu perdras toujours avec les hommes si tu ne comprends pas que dans la vie les vrais salauds arrivent toujours avec un visage d’ange, tu devrais essayer de me connaitre...

et aussi

        - Au bout de trois ans l’histoire avec mon mec s’est arrêtée car le sexe c’est bien mais il faut plus que ça pour un faire un couple, toi tu es prêt à faire n’importe quoi pour toutes les sauter.
        - C’est juste en attendant que mon cœur se remette à battre, mais c’est difficile, j’ai aimé trop fort la dernière fois

Quand je pars, elle parle avec un autre, dehors il pleut, la folie se noie dans la froidure et je connais sa solitude comme on connaît le soleil mais je ne peux rien faire, je suis fou pour la plupart de ceux que je rencontre, c’est ainsi, voici leur vérité,
et je songe que
la plupart d’entre nous boivent car c’est toujours plus facile avec l’alcool qu’avec les femmes

                                                        et j’imagine qu’il en est de même pour elles avec les hommes

vendredi 27 janvier 2012

La nuit dernière, l’éphémère victoire

C’était un round amical mais
        - ce sont des choses qui arrivent parfois –
j’ai fini dans la salle des urgences
avec le nez cassé (et l’âme toujours aussi brisée)

sur les murs du blanc et du gris, un peu de bleu pâle sur les portes
autour de moi des gens tristes avec leurs souffrances tenues à bout de bras
et je songeais à tous ceux venus ici rendre
                                                                leur dernier souffle,
                                                                        la liberté à leurs âmes

        (la fin n’est jamais aussi douce que le chant du rossignol quand se couche le soleil)

je ressentais la tristesse de ces murs qui jour après jour absorbent en leur sein
        toute la douleur et la folie des humains

        (les fous, les alcoolos, les blessées et les mourants, tous vont
hurler là-bas, les lits blancs boivent le sang et la faucheuse choisit en sifflotant)

Je suis reparti avec une ordonnance et un numéro où montrer mon nez enflé
avant cinq jours. Lorsque je l’ai rallumé mon téléphone a sonné et la fille
de 21 ans a dit, « viens, viens je veux te voir, je suis à ce bar, viens je t’attend »
et je savais bien que je ne coucherais pas avec mais j’ai laissé derrière moi
les agonisants et les tourments car mon heure viendrait bien assez tôt et j’ai rejoint
son sourire...

                                                           ...telle est l’éphémère victoire de la vie sur la mort

mardi 24 janvier 2012

De quoi briser les plus forts d'entre nous

ils m’ont montré en quoi consistait le travail,

Je devais poser huit pneus sur un tapis roulant
Et aller en récupérer quatre lorsqu’ils sortaient
du point de contrôle dix mètres plus loin,

puis je revenais et j’en reposais quatre de plus
et ainsi de suite….

Huit heures moins deux pauses de dix minutes
et une demi-heure pour manger,

        Les journées ont succédé aux journées

Le type qui matait l’écran de contrôle avait les yeux
rouges mais je n’ai jamais su si cela provenait
du travail ou s’il pleurait doucement, enfermé seul
dans sa cabine

        Quand je pense que j’ai fêté mon contrat de travail disait-il souvent.

Il était piégé, il le savait.
C’était comme avoir des fers au pieds.
Il rêvait de piloter des hélicoptères mais
à moins d’un coup de chance,
(quelque chose comme une faillite ou gagner à la loterie)
Il ne ressortirait pas de là avant
plusieurs décennies

        C’était pareil pour tous les ouvriers,
une peine de prison avec une libération
conditionnelle toutes les huit heures.

Du lundi au vendredi, et parfois
même le samedi, il fallait revenir
avec son casse-croute sous le bras
et enfiler l’uniforme bleu comme la folie

Un des gars passait son doigt sur ces pneus
à la recherche d’un éventuel défaut
depuis plus de trente ans.
Il attendait sa médaille et sa retraite,
Dans son regard, l’espoir était aussi mort
que l’avenir

        Et mon âme se roulait sur le sol taché d’huile en hurlant

                Elle ne voulait pas mourir ici

De l’inconstance de la raison

La confiance que je pourrai témoigner à ma santé mentale
est toute relative,
        il faut, bien sur, une certaine dose de folie pour passer
ses nuits penché sur un clavier blanc,

        - écrire ma pornographie (plus ou moins) poétique ne change pas la donne –

comme si ce putain de trou dans le cœur n’allait faire
que s’agrandir
        jusqu’à tuer mon regard

J’ai laissé dériver le bateau,
J’ai perdu l’équilibre
        (Je suis un déséquilibriste, je me nourri de mes chutes)

Il me faut basculer dans mes propres ténèbres pour cesser de craindre
        mon ombre

Et c’est là
        que je me perds

dimanche 22 janvier 2012

Que les groupies viennent sans culotte

je suis malheureusement trop fou pour abandonner la vie pour de bon,

alors je reste allongé sur mon canapé
et je rêve de poésie,
et de groupies,
qui viendraient en disant,

        hey, tu es Vince, on a de la vodka

je répondrai

         ok, mais laissez les hommes
         dehors,
        et ne me faites pas boire,
        je bande mal bourré, j’espère
       que vos baisers seront doux

mais mon canapé jaune au tissu déchiré
c’est la réalité,

et tout ce qui me relie au dehors,

         le téléphone,
          internet,
           les factures,
            la postière et sa vieille mobylette
             les voisins,
              les fenêtres et les portes qui ne sont pas scellées,
               les cinglées en mal d’amour,
                les amis et leurs cœurs brisés,
                 les marchands de steak et les
                  vendeurs d’alcool,
                   les librairies poussiéreuses où trônent les maudits
                    les strings rouges au dessus de jambes fines,
                     la mort de l’amour
                      et le sourire de la brune derrière son comptoir


tout ça et le reste…

c’est la folie,

je veux dire la vraie folie

celle qui teinte les regards et accule un homme dans la force de l’âge
à se demander ce qui le pousse à continuer
        avec pour seul réconfort,
        la solitude
        un clavier blanc

        et somme toute,
                très peu d’espoir dans le creux de son âme

Les morts rêvent de l’utopique éternité du jour

Je n’étais pas là quand ils ont cloué le fils de Dieu sur une croix
Je ne suis pas là quand ils tuent en son nom,

Mais je bois de la vodka comme un homme,
Et je pense souvent au cul de la jolie femme qui appartient à un autre,

Et bien sur,

J’ai failli croire en l’amour
et je sais que le Diable existe,
j’ai vu son visage dans le regard des assassins
j’entends sa voix au rythme de mes jours d’agonie

je ne devrai pas me laisser me tuer, mais c’est ainsi
la nuit est toujours au bout du chemin
ce sont nos âmes et nos cœurs qui nous poussent
les larmes ne sont que des couteaux de glace
plantés sur nos joues creuses

il y avait cette fille aux yeux d’émeraude

                 Dans d’autres circonstance comme maintenant
         je ne voudrais pas de toi a-t-elle dit, jamais

J’ai souri et on a trinqué
Puis la nuit nous a avalé

peut-être que dans une autre vie,
ou celle-là
j’ai cloué le fils de Dieu
        (ou quelqu’un d’autre)
                   sur une croix de bois noir