dimanche 12 août 2018

Disons que parfois les méandres du plan divin ne rendent pas les chose simples

On est samedi et lundi j’ai des exams médicinaux
Et ça me gonfle d’être presque vieux avec des problèmes de vieux
Et j’avais dis, weekend sans alcool
Voilà pour la théorie

Passons maintenant à la pratique

Tout commence le vendredi soir
après un coiffeur/barbier pour le chauve (moi) et 5 cafés
(esprit alcoolique anonyme aux élans buccoliques)
Je débarque au restaurant et là, ma pote est toujours morte

Dieu rappelle les meilleurs et ça ne fait pas de lui notre pote
Et on est tous tristes
Mais son père prend sur lui
Et on prend tous sur nous
Et on boit
Parce que rien ne nous la rendra dans cette vie
Ni l’abstinence ni la bienséance
De toute façon
Elle nous aimait comme ça

Fous

Et on ira lui dire adieu
à la cérémonie

Putain tout le monde aimait cette gosse

Quand j’avais récupéré mon chien noir et barge qui est mort trop tôt
Tapé par une voiture
Elle me disait quoi faire pour qu’il se sente bien

Et quand je lui écrivais désolé de t’emmerder avec ça
Elle répondait
-Toi, tu ne m’emmerdes jamais-
et c’était de la beauté qu’elle m’envoyait

Putain mademoiselle T.
T’étais ma pote, je te jure.
Et plus jamais je ne t’entendrais prononcer le mot pétasse
Ce mot que tu aimais tant

Ça me file la gerbe et des larmes, ton absence que je ne réalise pas encore
Je ne te l’ai jamais dit, mais tu comptais
Vraiment

T’es pas une étoile de plus dans le ciel ou alors pas que ça
T’es une étoile en moi qui tue ces trucs obscurs qui rampent et cherchent mes failles

Et là, j’ai bu et je laisse mes amis et je vais chez un autre et
On est trois et on boit et lui,
Quand il s’écroule, on lui écrit sur le visage,
Marqueur noir et dentifrice blanc
Et on fait des photos
Et des vidéos
Et on les publie
Et quand il se réveille
On efface les publications
Parce qu’il râle. Je comprends mais dans un vrai monde
Il s’en foutrait, j’en conclu donc que la réalité est une illusion
Sans humour

Et quand je rentre chez moi,
J’envoie un message à l’asiatique folle
Qui me sert de meilleure amie

Et le message dit :
Rentrer en Dax en  chantant « San Ku Kaï, c’est la bataille »

Et elle s’inquiète car je suis bourré et qu’elle sait comment
Je bois
Quand
Je
Bois
Pour
De
bon
Mais je suis déjà rentré
Donc ça va
Et la vie est dingue, intangible, éphèmère
Et je songe à tout ça
Et je me dis que ça faisait longtemps
La cuite à ce point, 

Et je me souviens que j’ai bien cru que cela allait me tuer, d’arrêter de boire
Et je ne vois nulle raison à ma vie, à sa mort alors
disons que parfois les méandres du plan divin ne rendent pas les choses simples

mardi 7 août 2018

Dieu vient de s'accaparer ton rire

Un jour nous serons réunis mon amie

il y aura des rires, des chiens joyeux, de la vodka ou de jolies choses qui y ressembleront

et d'ici là, 
je chérirai ta lumière et
rien ni personne ne me fera croire à ta mort
dans ton absence, je ne verrai que la promesse de retrouvailles

Dieu s'accapare les rires des belles âmes
mais je sais qu'un jour, il nous les rendra

(Love u Mademoiselle T.)



lundi 6 août 2018

électroencéphalogramme existentiel plat

Été caniculaire

c'est la nuit et la chaleur est une étouffante amante

dans un monde parfait, je lancerai un 33T de Saint-Preux
sur la platine du salon
je laisserai dormir la ville et
j'écrirai un immortel roman pour lequel un éditeur de talent
m'aurait déjà versé une mirifique avance en me remerciant
d'avoir signé chez lui pour celui-là avant de s'en être allé discrètement
sans avoir oublié de laisser
sa délicieuse et beaucoup plus jeune épouse s'occuper de mes appétits charnels
avec une étonnante implication personnelle

mais nous n'en sommes pas là et il n'y que la nuit, précieuse alliée
de l'assassin

quelque part une femme enceinte veut me sucer
quelque part une soumise m'appelle Monsieur quand elle m'écrit
quelque part une petite chienne désire que je lèche sa chatte

ce n'est pas si mal, me dis-je elles sont loin et couchent avec d'autres
mais je suis bientôt vieux
usé
et il y en a de plus beaux qui n'ont personne pour penser à eux

je bois de grandes rasades de Volvic citron et ce faisant
j'atteins un stade de conscience qui confine à la démence

j'ai la sale gueule du type qui serait resté
trop longtemps en prison

et pas pour des crimes glorieux

ce n'est pas le manque d'amour le problème
ce n'est pas la solitude, ce n'est pas d'être cassé en une multitude de petits morceaux
éparpillés sur le sol gris et impossibles à recoller
ni même ce constant déséquilibre intérieur, l'implacable certitude qu'il manque une partie de soi
et qu'il en sera toujours ainsi

avec le temps, j'ai appris à résumer la folie et le dégout de soi
en une simple évidence, la
compréhension que peu importe la grandeur de nos aspirations
                                                                          la plupart du temps
                                                                          il ne se passe rien





samedi 4 août 2018

Pour Mademoiselle T.

Je pense à ma pote
toujours là pour les siens
plongée dans le coma artificiel
sans que les médecins ne puissent déterminer
ce qui l'a amenée jusque là

Dieu nous envoie le chagrin
pour déguiser la foi en espoir

vendredi 3 août 2018

futuroscope

le monde en ruine que nous leur laissons
poussera nos fils à venir
nous égorger

La fille qui prétend ne pas savoir la couleur exacte de ses yeux

La fille qui prétend ne pas savoir la couleur exacte de ses yeux
a été cassé par les hommes
de la manière ignoble qu'utilisent les hommes pour briser une femme
mais elle a survécu
comme survivent ceux qui comprennent qu'on n'a pas le choix
que la survie est la clef
                     survivre requiert de ne jamais regarder derrière et de recoudre les plaies
                     survivre, c'est avancer debout, les poings serrés, la rage au ventre
                     survivre, c'est tenir tête aux vents contraires accroché à l'intime conviction que
                     peu importe la force de la tempête, elle finira par s'essouffler
                    survivre, c'est remporter la victoire

La fille qui prétend ne pas savoir la couleur exacte de ses yeux
se pointe par surprise,

arrivée là par hasard
elle a des interrogations sur ma personne
(c'est dingue mais sachez-le, la folie interpelle)

attention, La fille qui prétend ne pas savoir la couleur exacte de ses yeux
ne m'enverra pas de photos
dit-elle

cependant elle en envoie une après que je lui en ai envoyé une
le troc à ses afficionados
et elle dit que je ne suis pas si laid que je le prétends
il arrive donc que l'asymétrie d'un visage fasse le job

et elle est vraiment canon ce qui démontre que mon gout
en matière de femmes est plus fin que son gout en matière d'hommes
et moi non plus, je n'arrive pas à déterminer la couleur exacte de ses yeux
ce qui me pose un problème existentiel, vais-je me branler sur des photos
d'une fille au regard vert ou bleu ? Face à l'extinction prochaine
de notre espèce, la question reste importante à mon sens

La fille qui prétend ne pas savoir la couleur exacte de ses yeux
veut savoir si
je suis aussi fracassé que dans mes poèmes et après enquète
et échange de phrases diverses et variées
il s'avère qu'effectivement
je suis aussi fracassé que dans mes poèmes
                                         malsain à souhait
alors,
impatiente,
elle réclame une photographie de ma bite

bien sur, je m'empresse d'accéder à sa requète
je suis assez facile, quand il s'agit d'envoyer des photos de ma bite à une jolie fille,
(dusse-t-elle ne pas avoir les yeux verts)

et voilà comment deux fois dans la mème journée
la conversation avec la fille qui prétend ne pas savoir la couleur exacte de son regard
se remplit de
                  je mouille/je veux la sucer/lécher tes couilles/dis que tu es ma pute...

et finalement,
au terme de ces deux séances masturbatoires
ça va surprendre les féministes
il apparaitrait que je jouirais,
malgré tout,
d'un certain romantisme, c'est pas moi qui le dit
et si c'est vrai,
je ne l'ai pas fait exprès

et la nuit c'est la canicule
et je suis seul allongé sur mon lit et la solitude m'enveloppe
et me rappelle que je suis vain

et je n'envie pas les poètes larmoyants
qui ne verront jamais la photos des magnifiques seins
de la fille qui prétend ne pas connaitre la couleur exacte de ses yeux

et un jour peut-être cesserai-je de saigner
et je perdrais tout ça
la nécessité d'écrire
et le désir des filles de lécher mes couilles pâles avec
leur petite langue rose
mais en attendant, je crois que je vais continuer à me complaire dans l'imposture




         








mercredi 1 août 2018

Dire qu’il faudra que j’arrête de faire tout ça si je retombe amoureux…


La fille qui utilise le mot baiser dans la conversation

Est allongée à côté d’un mec qui dort
Et ne l’a pas baisée depuis 10 jours

Et elle se pose une infinité de questions
Auxquelles je ne peux donner de réponses
Car chaque réponse induit une solution
Qu’il lui faut trouver, (si c’est fait,
Il lui reste à
accepter, mettre en œuvre, est-elle prête ?)

Et du coup, elle est un peu triste
Parce qu’elle adore baiser et que dix jours sans,
C’est long
Et qu’elle aime bien ce type
Bien qu’il semble être a peu près semblable
à tous ses échecs
Avec un meilleur coup de reins quand même
Enfin quand il veut bien la baiser

Elle me parle de tout ça sur internet
Pendant qu’il dort
Pendant que j’effectue le montage vidéo d’une scène de cul
Pour payer le crédit immobilier, deux mecs sur une fille
Ah si la poésie rapportait, je laisserai le porno derrière
je ferais des efforts pour écrire
Des trucs propres sur eux, je voyagerais, je coucherais
Avec des filles qui aiment les mots et utilisent des préservatifs
Au gout fruité

Et je demande une photo
à la fille qui utilise le mot baiser dans la conversation
Et j’ai son visage (beau) au réveil
Et son sein droit, le gauche, timide, se cache sous le drap
Et elle me dit,
Tu me fais faire des trucs quand même, je me demande pourquoi j ‘obtempère ainsi ?
Et je réponds parce que tu adores ça

Et s’il y a une autre raison
Disons qu’elle préfère ne pas l’entendre