lundi 10 février 2014

Deux âmes en peines remplies de vodka dans une voiture grise garée sur emplacement de livraison juste sous les fenêtres d’un immeuble noir

J’étais dans la voiture avec cette fille
aux yeux verts, juste en bas de chez elle
deux personnes cassées en dedans

bien sur nous avions bu,

                        « dis-moi que tu vas bien Vince
                        je suis sur que tu vas mal,
je voudrai t’aider »

et j’avais surement envie de l’étreindre
et j’avais surement envie de la baiser,
            mais j’étais désarmé de voir
qu’elle m’aimait et même si cet amour
n’était pas celui que tout homme voudrait
de cette fille là, je me sentais heureux
elle était un souffle chaud
sur un cœur glacé et je me demandais
ce qu’elle pouvait voir en moi
et je savais bien que je ne la baiserai pas
et je n’ai pas eu le courage de l’étreindre

c’était il y a deux jours et elle parlait,
comme si
j’étais une belle personne
et je ne savais
quoi lui répondre, et je n’ai pas réussi
à lui confier
que les types comme moi
ont besoin de la souffrance car
elle leur permet de crier, nous sommes
des lions, le gout du sang nous fait rugir
nous sommes des lions
les cages nous assassinent, les chaines nous brisent
et ce, jusqu’à ce que la souffrance nous tue
            ou jusqu’à ce que nous  tuions
la souffrance, ce qui bien souvent
revient au même




J’ai fui des promesses aux yeux bleus ou verts

Tu me trahiras
comme d’autres avant toi,
tu me trahiras
            pour un visage sans cassures
            un corps mieux fait
            un désir plus immaculé
pour un mensonge intangible
            pour des regards et des sourires
            que je ne t’aurais pas offert
ou d’autres raisons, toutes aussi futiles
            peut-être simplement parce-que
tu aurais ça dans le sang, la trahison
tu me trahiras, par peur des chaînes ou pour
la légèreté d’un dimanche, tu me trahiras
pour un verre d’alcool
ou pour rien
et peut-être que tu le regretteras
et peut-être que cette fois, je ne serais pas
            assez con pour te pardonner
            de brûler mon cœur
            et mon âme
et peut-être que tu ne le regretteras pas
            et peut-être que je serais assez con
            pour ne pas te briser
            ni me venger

De l’indignité du fou

Comment ai-je pu prétendre qu’un jour, un cœur
            me jugerait digne d’être aimé ?
moi, le fou malsain,
abandonné par
ma foi, pris par ma folie, comment ai-je pu croire
            qu’un jour, un seul, un angélique regard
pris d’un fol espoir
tenterait de déceler une étincelle de beauté là
            où brille l’obscurité ? je voulais tout donner,
            croyais que je pourrai tout recevoir,
toujours
            trop dingue, j’en deviens effrayant
quelle erreur de voir
            mon amoralité comme une rébellion sentimentale
de croire séductrice, la laideur de mon âme
            peut-être que je suis tombé
            peut-être que je me suis brisé
            mais je n’ai pas été déchu
            je n’ai jamais rien eu d’un ange
            j’avais perdu mon innocence, bien avant
                        de m’en apercevoir
je ne tenterai pas de me disculper, mes choix
hasardeux tendent à la dangerosité, j’ai tant de mal
à trouver l’équilibre sur le fil de mon existence
de la souffrance nait parfois les plus beaux cris
mais j’ai fini par haïr jusqu’à l’écho de mes déchirures

dimanche 9 février 2014

Jeudi dernier

Elle appelle et me dit qu’elle arrive dans
            sept minutes
et puisqu’en sept minutes certains ont le temps
            de faire l’amour, j’ai le temps de prendre
une douche et quand je l’embrasse elle dit que
je suis incorrigible et quand je veux lui faire l’amour
            elle dit qu’elle a envie mais qu’elle n’a pas
le temps et quand elle s’enfuit je la laisse faire
car on ne peut jamais
les retenir, juste espérer qu’elles reviennent et
je souris tandis que sa vieille voiture grise
l’emporte au loin et je garde le goût de ses lèvres sur
                                    les miennes comme un précieux
                                    trésor, elle prétend que je suis barje
                                    mais ce n’est pas un jugement

En apnée

Indicible folie
improbable victoire
s’abandonner à la rage et aux cris
laisser le sang
            maculer
            de blancs feuillets

Redemption (version 2)


Toi... mon addiction,

En quête d'absolution
Je te nommais rédemption
Encore aujourd'hui
tu restes la plus jolie
                                        des punitions
                            la plus divine de mes
                                         malédictions

samedi 1 février 2014

Hey Chevy Chevy, nos peurs ne nous protégerons jamais de nous

Hey Chevy Chevy,
            le mois s’est terminé hier
et tu n’as pas pointé le bout de ton joli minois
            pourtant tu avais promis Chevy Chevy
les femmes sont inconstantes, je le sais bien
            et leurs promesses sont du vent et du sable
entre nos doigts
            hey
            Chevy Chevy
            ne crois pas que je quémande
et bien sur, j’aurai besoin d’un corps chaud
            qui ne pose pas de question, mais tes rires
            et ta folie me manque, tu sais bien que mon mal
de
vivre
            est une feinte pour contrer les amours défuntes
les corps qui se frottent, ce n’est pas primordial !
tu avais promis, j’ai une dette et tu sais bien que tu peux
venir danser dans tes bottes de velours, il y a des sourires
            qui rendent la lumière obsolète et pour le reste
tu ne crains rien,
une fois de plus je n’ai plus personne dans le cœur
il faut bien que je me guérisse de celle-là et maintenant
            je suis comme un marin sur une mer d’huile,
            il me manque le vent, c’est une question
de patience, Chevy Chevy, tu sais bien que les types
comme moi préfèrent appuyer eux-mêmes sur la gâchette
            alors dis-moi qu’est-ce que tu fous, planqué dans
des photos noirs et blancs, tu es faite pour les rires et
            la dinguerie, libre à toi de prétendre le contraire
  à moi, on ne me la fait pas, peut-être que tu pourrais
            amener tes jolies fesses, ôter le verre de ma main
            et me dire, « pas ce soir Vince, pas ce soir »
                        et ça suffirait,
                        nos peurs, jamais, ne nous protégerons
                                                                                    de nous