jeudi 25 décembre 2025

Perdu entre tes lèvres

dévêtu d'artifices
je suis comme toi, le mensonge en moins
perdu entre les lèvres d'un corps au gout de framboise
c'est ton âme que j'embrasse
lèvre sur lèvres, c'est ton plaisir qui se lève
ô beauté
ô amour
pour toi je m'embrase

dans la nuit, nos corps qui claquent
je sais bien qu'un jour tu leur mentiras juste pour m'oublier
mais je feins de l'ignorer pris au piège de tes appâts

ô je connais ton pouvoir, faire du mal aux mâles
sans jamais avoir l'air d'en jouer
ô
lèvres sur lèvres,
désireux de régner sur ta chair, je sais bien que je n'en suis que l'esclave
quand bien mème c'est ton épiderme que je marque du sceau de la possession

et toujours, c'est comme si jamais tu ne seras assez près
ce besoin de te dévorer, de haut en bas, du coeur au cerveau
je sais bien que la messe se dira bien après que j'ai claqué ces jolies fesses
et léché toutes les plaies jusqu'à les refermer

amoureux des brûlures
de tous les soleils, je choisis ta lune quand en moi, hurle le loup
et vient le jour maudit
et tu fuis
et tu feins d'ignorer que d'autres prendront soin de te briser

et c'est la, à eux, que je finis par t'abandonner sans remords
quand ton toi s'arrache à moi, mon moi se détache

il y a d'autres chemins, il y a d'autres corps à corps, 
peut-être tout aussi vains

sans importance, je préfère vivre
oublié le désir de gloire, perdu mon auréole,
l'impureté de mon âme rend son dernier souffle en silence
faire de mon coeur de pierre précieuse un morceau de charbon
perdre la chaleur, 
dans la glace, 
                            ne subsiste que le mâle que tu as fait







mercredi 17 décembre 2025

De la poudre aux yeux

Je suis sorti des chiottes de la boite de nuit
et la fille devant le lavabo m'a dit, on fait quoi maintenant ?

ses yeux brillaient
J'ai mis ma langue dans sa bouche et on a eu une idée de la suite de l'histoire

le matin,
dans un bar vide avec un pote à elle, elle tapait de la coke, 
pas moi, je suis le meilleur pour jeter de la poudre aux yeux mais je préfère ne pas la respirer
(j'ai trop peur d'y prendre gout)

par contre, je ne refusai aucune tournée de vodka. 

 le soleil se rapprochait de son zénith quand
j'ai fini chez elle, rempli d'alcool.

je dévorais sa bouche brulante et passionnée sur son canapé gris comme on dévore la vie
quand on n'a pas encore perdu

elle m'a sucé mais trop soul, impossible de bander, je lui et mis des doigts, je l'ai léché et 
je crois qu'elle a joui

en fumant une cigarette
elle m'a raconté une fois ou deux dans les boites échangistes et aussi
son ex, un dur à l'ancienne qui était derrière les barreaux
et l'avait plaqué pour une autre avant de s'y retrouver
elle a dit, qu'il était fou, mais ça se voyait, elle l'aimait encore. Elle souffrait
et elle pensait que j'étais fou moi aussi
(j'imagine qu'elle voulait dire dans un genre différent, je n'ai jamais réussi à être dur)
j'ai parlé de celle qui m'avait brisé parce que j'étais pauvre
et j'ai encore branlé sa chatte trempée

il y avait en elle une infinie douceur qu'elle cachait bien et 
je ne crois pas que nous soyons nombreux à nous en être rendu compte

on s'est revu plusieurs fois mais
à chaque fois, on se défonçait à mort et je crois que j'ai jamais réussi à lever la queue
avec elle sans que jamais elle ne me le reproche peut-être parce-que
je la léchais bien et que mes mains sont magiques

Maintenant, quand on se croise, elle a toujours un merveilleux sourire pour et des yeux
tendres

                            alors...

...disons que par rapport à d'autres, je ne l'ai qu'à moitié déçue

dimanche 14 décembre 2025

Venum

J'ai picolé tout l'après midi
ça faisait longtemps sans toucher aux breuvages
et c'était comme avant,
tout était là, enfoui, la mème rage d'avaler l'acide, la mème brulure à l'intérieur
et la folie furieuse qui prend possession de mon être
et les rires
aussi
et l'envie de dingueries
et pas une cinglée pour m'accompagner
encore moins pour me prendre par la main, me ramener chez moi ou chez nous
pour me dire, c'est bon, c'est fini, tu n'as plus besoin de te faire mal,
tu n'es plus seul
avec tellement de douceur et de conviction, que je finirais par la croire

la vérité est qu'on est toujours seul
pris dans son monde intérieur
dévoré par ses démons,
et nos mensonges sont les geôliers de notre enfer personnel

ah ah ah
un milliard de raison de me foutre en l'air
et je suis là
assis, devant le clavier,
mon sourire mauvais sur les lèvres
et les flammes vertes de mes yeux effraient jusqu'à la nuit

la défaite ne rend jamais beau et la solitude est un venin