lundi 2 mars 2026

Amoureux de la folie

dans le petit bar
je suis au café crème et d'autres à la bière
y a de la lumière dans certains regards, des jugements dans d'autres
moi je vis depuis longtemps sous le feu des mitraillettes en forme de prunelles
rien à battre qu'on m'aime ou qu'on me déteste
tout ce qui était beau en moi, j'ai du le tuer pour survivre, noyer la meilleur partie de moi
celle qui savait nager dans des océans d'amour fou
cruelle mais efficace manière d'imprimer qu'on est toujours seul
et seul
pour toujours !

rien de tel que la solitude pour éviter les compromis

dans la rue, des jolies filles, trop jeunes, trop jolies pour ma laideur
et d'autres, des femmes, qui pourraient, mais je n'ai toujours pas ce qui fait qu'elles se retourneraient sur moi

et à une, au hasard, je voudrais crier...

viens ! 

et après nos peaux collés
on s'inventera des noms, qui ne seront liés à aucune loi, aucune règle ni serments
des noms qui seront synonymes de liberté  
et peu importe
si à l'arrivée tu ne sois qu'une cicatrice de plus

tout ce à quoi j'ai cru
m'a déjà défiguré

oh bébé, tu sais bien ce qu'il en est, tous les coupables prétendent leur innocence
et si je t'aime comme un chien ne vas pas croire que je cherche une laisse
je suis de ceux qui aiment mettre une âme à nue avant de dévêtir un corps
et ça me rend meilleur que tout ceux qui t'on plié dans tous les sens jusqu'à ce que tu puisses
correspondre au cadre si précis de leur volonté
mais cette vérité comme les autres ne compte pas
étrange déraison, les mensonges sont toujours la voix de la raison qui résonne dans les têtes
peu importe le nombre de fois ou les masques sont tombés
peu importe qu'on finisse abimé à chaque fois

et toi comme d'autres avant, de ton regard acéré
tu chercheras à comprendre 

en vain

et je trouverai inutile de te confier ce qui fait que j'arrive encore à me lever le matin
plutôt que d'enfoncer dans ma bouche le canon huilé d'un flingue

je me contenterai que tu mouilles et que tu t'essouffles dans la sueur
tu sais bien comme je suis bizarre

J'écris parce que je suis tombé amoureux de la folie