J'ai fini par accepter l'idée que c'est moi le coupable
que je n'ai rien qui donne envie de parier sur moi
que mes baisers et les mots magnifiques que je murmure sans impatience
quand personne d'autre ne regarde ne
compte pour rien
qu'il faut offrir plus que des rires et un joli coup de langue entre les cuisses offertes
j'ai fini par comprendre qu'il n'y aura plus personne, que c'est fini
j'ai raté ma chance, loupé la marche, et comme excuse
prétendu que j'avais une âme quand ce n'était qu'un corps mort errant dans son propre enfer,
ô
cédant aisément à la facilité,
je me suis imaginé
violé par les mensonges et les traitrises et j'ai tout mis sur le compte de mon visage et de mon
incapacité à penser carrière et succès tant il m'est impossible de jouer le "je" glacé de l'égoïsme nécessaire
pour gravir chaque barreau de l'échelle sociale
mais c'était juste moi
de bas en haut, de dehors au plus profond de mon être, là ou se tapissent ange et démons enlacés dans la
folle sarabande
qui
me
dévore les tripes
et c'est alors que tout est
devenu
bien
p
l
u
s
simple
il suffisait juste de baisser la garde, d'ouvrir les yeux face au miroir
il faut affronter son reflet pour se trouver quelque chose à aimer
bien sur parfois,
la solitude me perce le cœur et mon coeur se baigne d'un sentiment d'injustice
puis je me souviens
que la justice est un mythe créé pour effrayer l'assassin
tu sais, ce n'est pas si facile d'être moi
pas si facile d'être fou
j'ai des larmes à noyer
des esquives à travailler
je vieillis et le ring réclame encore jeunesse, fluidité et rapidité, je suis si lourd à bouger
quand les coups arrivent c'est toujours au visage et il faut tenir en sachant que
le combat est déjà perdu
mais la plupart du temps
je tiens
avec le regard mauvais du cinglé
avec le sourire arrogant de celui qui s'est relevé une fois ou deux avant la fin du décompte
avec pour seul chaleur le souvenir de quelques femmes un peu moins effrayées que les autres
avec un chien qui m'offre la plus pure forme d'amour à laquelle je puisse aspirer
et bien des fois, peu importe que le soleil brûle ou que le vent étouffe les voix qui apaisent
ça me suffit
je n'ai jamais rêvé d'être une chanson triste