vendredi 17 novembre 2017

D’après une histoire vraie

Un jour, et sans que je ne sache le pourquoi de cette idée saugrenue
le bureau hongrois d’une chaine de télé américaine
Décida de m’interviewer lors d’un documentaire
Consacré à un réalisateur de films porno que je
Connais plutôt bien.

            À une de leur question, je répondis
Quelque chose comme ça :

« ce n’est pas  grave de faire du porno
parce que ce n’est pas forcement  ce que tu fais
qui représente qui tu es, mais la manière dont tu le fais, prenons
les prêtres par exemple, ils ont le plus beau métier du monde
vu qu’ils sont chargé d’amener le divin sur terre, d’enseigner
la parole de Dieu, mais lorsqu’il devient pédophile, le prêtre
fait du plus beau métier du monde, le pire ! »

Je l’ai pas dit tout à fait comme ça, vu que je parlais en Anglais
Mais telle était mon intention. Curieusement, cette partie de mon
témoignage fut coupé au montage.

Certes, le monde du porno
N’est pas celui que je décrirais comme le plus sain que je connaisse, mais
je peux en dire autant de ceux qui t’enseignent les religions
bien que j’ai plus fréquenté le premier que les seconds
et que tout ça ne soit qu’affaire de convictions personnelles

Aussi que tu décides de faire prêtre ou pornographe
Saint ou putain, assassin ou gynécologue conventionné
quoi  que tu fasses, souviens-toi

la beauté du geste fait la légende

Et si jamais tu te réveilles rongé par un sombre désir d’écriture
Ne prends pas la plume si tu n’as pas l’intention
De donner à tes mots assez de force pour foudroyer un Dieu

mardi 14 novembre 2017

Dieu bande mou

J’étais assis sur un banc public lorsque Dieu est venu s’asseoir à côté de moi. IL a posé son cul divin contre moi et je me suis poussé tout en ressentant un amour indicible.
-       C’est chiant qu’ IL a dit. Dès que j’approche un mortel il ressent ça et il sait automatiquement qui je suis. Impossible de bénéficier de l’effet de surprise, même pour faire une farce à un pote.
J’ai compris que Dieu pouvait lire dans mes pensées ou tout au moins ressentir ce que ce qui se passait en moi. La sensation de divin amour s’est estompée et je décidai de me méfier, j’avais toujours eu un côté paranoïaque.
IL l’a compris et IL a secoué la tête d’un air dégouté avant de sortir un paquet de cigarettes au menthol.
-       T’en veux une ? qu’IL a fait en me regardant.
J’ai accepté en hochant la tête, chose doublement surprenante puisque j’avais arrêté de téter la mort en pastille et quand je fumais, je détestais les clopes à la menthe. Mais j’imagine que c’est dur de refuser un truc à Dieu.
IL me l’a allumée avec un vieux zippo argenté.
Je me demandais ce qu’on foutait là tous les deux, sous la pluie de Novembre.
-       Je suis crevé qu’IL a fait.
J’ai pensé que moi aussi, mais je crois bien que comme d’habitude, Dieu se foutait bien de ce qu’on pouvait ressentir. En tout cas, IL n’a pas relevé. J’ai attendu la suite en L’observant. Ses fringues étaient crasseuses et Sa barbe blanche mal taillée. Son œil était morne et aucune lumière n’émanait plus de mon compagnon de banc depuis la disparition de la sensation fugace qui m'avait révélé son essence. Limite on aurait pu le prendre pour un clochard, au mieux pour un retraité pas bien lavé avec des problèmes récurrents d’incontinence.
-       Putain, y fait un temps à aller aux putes qu’IL a déclaré, Dieu.
-       Ouais j’ai dit.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas tiré un coup. Ma vie sexuelle était un peu comme le Sahara, en moins humide.
-       Tu connais un bordel en ville ?
-        Il y a bien l’Enfer dans les petites rues pas loin d’ici.
-       L’Enfer ?
-       Un bar à hôtesses. Le champagne est cher et mauvais et suivant ses moyens on peut se faire sucer dans la cour de derrière ou passer un peu plus de temps dans une chambre à l’étage.
-       Ça me plait. On y va ?
-       Tu sais que j’ai dit à Dieu en le tutoyant parce qu’IL avait commencé, j’ai pas trop d’oseille pour le moment, tu m’as pas trop favorisé jusque là, question réussite sociale.
-       Oui mais tu as une grosse bite, non ?
-       Non, tu confonds.
-       Ah merde. Et le proverbe aide-toi le ciel t’aidera ?
Un point pour Lui.
-       J’ai eu beau me branler à l’adolescence, j’ai pas reçu une grosse bite.
Un point partout.
-       Bah, après la cigarette, je dois pouvoir t’offrir une petite pipe afin de me pardonner pour t’avoir si peu membré. Pour ma part, je pense me faire la totale, champagne, chambre et deux ou trois poulettes bien roulées. Mais ce serait bien le diable si je ne faisais pas croquer mon nouveau pote.
-       Sympa, merci Vieu...Dieu !
-       C’est le moins que je puisse faire si tu m’indiques le chemin, on y va ?
Bon, même s’il y trouvait un intérêt en terme de lieu et d’itinéraire, il semblait bien que pour une fois Dieu se souciait de sa brebis égarée. J’étais tellement aux anges à l’idée de tirer un coup gratis que je ne me demandais même pas comment Son omniscience ne connaissait pas l’adresse du moindre bordel et autres lieux de péchés sur terre. En tout cas moi, je savais où un sale type comme moi possédait une chance de se faire sucer contre quelques billets, là résidait la différence entre l’humain et le divin.
On a commencé à marcher en silence. Dieu ne semblait intéressé par ni les gens qu’on croisait, ni par l’idée de converser avec moi.
On a fini par se retrouver devant l’entrée de l’Enfer et je me demandais si on allait nous laisser passer, vu que tous les deux, on ne présentait pas vraiment comme Donald Trump quand il se rend à « pompe mon noeud land » dans son gros 4X4 noir aux vitres fumées. Ceci dit, l’Enfer était un bordel glauque, pas le quatre étoiles de la maison close. Le videur à l’entrée nous a regardé et Dieu a sorti une liasse de billet de 20 épaisse comme la fourberie d’un politicien qui, allié à la sensation divine qu’on éprouvait en rencontrant Dieu, a produit l’effet escompté. Le cerbère nous a laissé passer en souriant. Dieu lui a filé un bifton ou deux pour le remercier.
-       Tu vois qu’IL a dit, Dieu, comme s’IL avait deviné mes pensées, c’est pas si compliqué de visiter l’enfer.
-       Je l’avais entendu dire au catéchisme !
Plus tard, Dieu était allongé sur le lit avec trois prostituées roumaines presque majeures tandis que dans un coin je besognais en levrette sur le plancher une petite russe aux yeux verts surement pas plus âgée que les autres. IL fumait un cigare tout en buvant du champagne pendant que deux filles se la donnaient dans une parodie de langoureux show lesbien et que la troisième lui prodiguait une paradisiaque fellation histoire de réveiller ses divines ardeurs. D’où j’étais, je voyais bien qu’IL bandait mou.
J’ai joui péniblement dans la chatte de ma pute à moi, puis j’ai ôté la capote et je me suis appuyé, nu, contre le mur histoire de reprendre mon souffle. J’ai fais signe à la fille qui s’est levée pour nous servir deux coupes de champagne. Ensuite, elle a ramené des cigarettes et un cendrier.  On a fumé sans rien dire tandis que sa collègue semblait échouer à raviver la flamme divine.
Dieu me semblait vide, usé, impuissant.
-       Je suis fatigué qu’IL a fait, fatigué !
J’ai eu envie de lui demander pourquoi.
Pas pourquoi IL se sentait rempli de fatigue, mais pourquoi les guerres, les meurtres, les viols, la solitude, la souffrance, les maladies, la mort, la folie, la rage, la haine, les mécaniciens malhonnêtes et les gynécologues hommes, pourquoi ce trou dans le regard de la pute de dix sept ans que je venais de baiser et  ce qu’elle foutait là, il existait bien la possibilité d’un meilleur destin pour elle, non ? Pourquoi j’étais fou, immonde, vivant, alcoolique ? Pourquoi pour toute la merde de la vie, pourquoi pour toutes les fois où j’avais regardé la réalité et où je m’étais dit que Dieu devrait arrêter de jouer au poker avec le Diable parce qu’IL perdait ?
-       PARCE QUE ! qu’Elle a rugit, Sa voix, dans ma tête.
Bon j’imagine qu’après avoir baisé dans la même pièce, je pouvais partager mes pensées avec Lui tout en n’obtenant aucune réponse précise à toutes ces questions merdiques qui me taraudaient l’esprit tout d’un coup. Sans doute qu’à sa place, si ma création partait en couilles comme le monde actuel le faisait en ce moment, je tenterais aussi de me planquer derrière un mystérieux parce-que qui signifiait « les voies du seigneur sont impénétrables, tu peux pas comprendre » en plus concis. Tout d’un coup, Dieu m’apparaissait tel un ministre véreux pris en défaut par un journaliste lors d’un talk show en direct.
Pendant que je m’interrogeais sur le sens de son Divin parce que, Sa virilité a fini par se redresser et la pute s’est mise à califourchon sur lui. Il penchait la tête sur le côté pour profiter du spectacle des deux autres filles qui venaient de démarrer un plus ou moins torride 69 tandis qu’elle s’activait sur son membre avec de frénétiques va et vient avec l’intention évidente d’en finir le plus vite possible.
Trois minutes plus tard Dieu a joui.
Pas de cris, pas de tsunami ni d’autres catastrophes naturelles pour accompagner sa jouissance. IL a juste gémi doucement.
Puis IL s’est endormi tandis que la pute allait laver sa chatte remplie de Divin Foutre.
(Oui, Dieu baise sans capote. On peut imaginer que Son éternité préserve des maladies vénériennes et pour la déontologie, IL avait payé le double pour ne pas en utiliser pendant l’acte).
IL a roupillé un bon moment, les putes avaient toutes disparues une fois le champagne bu jusqu’à la dernière goutte, mais Ses Ronflements on fini par cesser. J’attendais toujours et j’avais fumé presque toutes les cigarettes lorsqu’IL a ouvert les yeux. Il était tard et nous sommes partis manger au restaurant. Il a pris un poisson avec du riz car nous étions vendredi avec un pichet de rouge et moi, une entrecôte frites saignante parce que je pratique peu la religion.
-       Des belles salopes ces trois putes, c’est rien de le dire. Elle t’a plu ? la tienne, celle que tu as baisée ?
-       Elle simulait, comme elles le font toutes.
-       Normal, à leur place, toi aussi tu saignerais de l’anus et des yeux tout en faisant semblant d’aimer pour que ça aille plus vite, c’est le métier qui veut ça.
Ciel, Dieu était cynique !
J’ai songé à notre visite à l’Enfer. Là-bas comme ici, lorsqu’IL approchait les gens, pendant quelques secondes, une extase béate se peignait sur leurs visages. Puis tout disparaissait et Dieu nous dévoilait soudain une présence triste et solitaire.
Je me demandais si les filles qu’on avait payé pour abuser d’elles se souviendraient de leur première rencontre avec leur Créateur.
-       T’inquiètes, je ne les oublierais pas quand viendra l’heure de me rencontrer à nouveau.
-       Ok que j’ai dit sans remettre en cause Sa Divine Parole.
Bordel de merde, j’avais trouvé Dieu, d’accord, mais où tout cela nous menait-il donc ? Qu’est-ce que je foutais là à bouffer avec Lui ? Et pourquoi semblait-IL si… vieux ? On aurait dit que l’immortalité lui pesait encore plus que le travail à un fonctionnaire. L’avions nous déçu à ce point, nous, le genre humain ? On aurait dit que oui.
-       Toi aussi, IL a ajouté, t’auras droit à une place à ma droite… Au bar !
IL a éclaté de rire sous l’effet de sa propre plaisanterie (promesse ?), puis IL a avalé une bouchée avant de se pencher en arrière sur son siège. Dans cette position, IL a lâché un rot bruyant, comme ça, en plein milieu du restaurant. Autour de nous, les conversations se sont tues. IL s’est rapproché de moi en se penchant au dessus de l’assiette comme s’IL avait voulu toucher mon visage. Ses yeux brillaient sans que je puisse dire s’ils étaient larmoyants ou juste pleins d’alcool.
-       tu sais qu’IL a dit. Ça fait un moment que ça dure, t’as même pas idée. Mais je suis fatigué, fatigué… Tellement de temps que je me sens...
Je ne savais quoi lui dire pour lui remonter le moral, tenter de remettre une étincelle dans le bleu lavasse de Son regard éternellement usé. Peut-être que nous L’avions déçu, peut-être qu’IL nous avait déçu et qu’IL en souffrait, en vérité je n’en savais rien. J’ai failli lui suggérer une cure de sommeil.
-       Fatigué ! qu’IL  a encore ajouté.
Puis IL a pris sa tête entre ses mains et il n’a plus parlé. On aurait dit qu’IL s’était endormi. Je m’attendais à ce qu’IL se remette à ronfler là, comme ça, en plein milieu du restaurant.
Moi, depuis le début, j’attendais quelque chose, une parole, un signe… Et planté en face de lui et d’une entrecôte accompagnée de frites maison, j’attendais encore, mais rien ne se passait, rien ne venait. J’avais envie de pisser mais je n’osais pas bouger.
Putain, il n’y avait aucun sens à toute cette merde.

Histoire de planter le décor

ne vous fiez pas à son joli minois
la poésie est une dévergondée
et
je suis celui qui renifle ses petites culottes sales



samedi 4 novembre 2017

Le paradis de la cirrhose version 2.0

A l’origine, je devais venir avec la fille qui écrit vachement super bien comme un
génie mais qui veut pas y croire et le type
qui met des étiquettes partout et
Qui écrit comme un génie lui aussi mais que ca fait chier de pondre des trucs de plus
De 25 lignes avec de la ponctuation
mais ils se sont trompé de jour, moi ça me fait marrer
je suis un enfoiré avec mes potes

Bon, cette année, me suis-je dis à jeun, point
De conneries, point trop d’alcool
Donc je débarque sans l’asiatique folle qui me sert de meilleure
Pote
Parce que venir avec elle et vouloir ne pas boire
ce serait comme décider de vivre centenaire tout en m’enfonçant un bâton de dynamite
Dans le cul avant d’allumer une mèche courte
vu qu’elle et moi
on a un certain talent pour s’entrainer
à boire plus et trop et même pire
quand on se retrouve ensemble
à un comptoir soit-il de bois ou de zinc
Et la fille qui devait venir mais qui fait la morte dès qu’elle doit me voir
Elle a fait la morte sous le fallacieux prétexte
Qu’elle est malade
Et sa copine qui devait venir et que je ne connais pas mais qui paraît un peu cinglée ne pouvait pas
Venir sous le fallacieux prétexte qu’elle travaille
Du coup je suis venu seul mais ce n’est pas si grave
avec le temps, l’alcool et en faisant des efforts, j’arrive à plus ou moins
me supporter

et,  yeppee
 me revoilà au paradis de la cirrhose
(Version 2.O)

Et tout à mes bonnes résolutions d’alcoolique bucolique
Je me suis donc répété jusqu’à y croire, ce soir pas d’alcool ou pas trop
Après tout ma vie est meilleure depuis que
Je ne bois plus
Ou presque
(non c’est pas vrai,
c’est comme se branler avec une râpe à fromage et prétendre
que c’est un peeling de la bite… je me fais chier certains samedis soir, t’as pas idée)

A l’entrée l’organisateur de la soirée me dit
« 5 euros ou 10 si tu soutiens »
merde, il a repéré ma tête de type qui sait pas dire non
je file 10 euros parce que, dussè-je froisser la féministe
piégée à l’intérieur de mon corps gras et velu
je me marre tout seul à l’idée de devenir un souteneur !

Je fais trois pas et je tombe sur un comptoir, (mais peut-être
me souvenais-je de la disposition des lieux)
Et le gars qui se tient derrière, me dis : « oui on a de la bière, 1euros 50 il en reste
deux ou trois »
Bon là il se paye ma tête, y en a des packs
et j’en commande une en souriant
Et je ne suis pas jaloux de ses cheveux longs alors
que je suis quasi chauve et il me
File une bière en souriant et je n’aurais aucune excuse si je devais
Détester ce gars, du coup je ne le hais point et je prends
La bière parce que nous sommes en novembre et les bonnes résolutions, il faut
les garder
Pour le premier de l’an, surtout quand elles concernent l’alcool
Et je me dis pas plus de deux ou trois canettes sinon tu vas passer ta soirée
à pisser alors que tu es venu écouter de la bonne poésie
Et j’aperçois au loin la poétesse au regard  bleu et hypnotique
Et elle me sourit
Et je lui souris
Et on se fait la bise
Et je suis encore à jeun et super timide, l’œil pas fou
Et on discute et elle me dit, « je gère l’alcool, je passe avant dernière »
Et je dis « sur, je n’essaierai pas de te souler tant que tu n’as pas lu »
Et on discute et un autre de ses fans vient lui parler et j’en profite
Pour aller chercher une autre bière
Et l’asiatique folle m’appelle pour que je vienne me souler chez une blonde
aux yeux bleus canon et très sympa que j’apprécie beaucoup
mais je dois refuser
et mon pote qui aime être soul et fou m’appelle aussi
il est avec une fille sympa aussi qui m’aimait
puis me détestait (à juste titre)
et me re-aime, (dans le sens aime bien à chaque fois)
et eux aussi veulent boire et je me dis,
« pourquoi ils me veulent tous ce soir, je suis si seul
d’habitude
merde pourquoi ce soir, ? là c’est la poésie ma maitresse
pas la bouteille ! »
Et je n’ai pas la réponse, mais j’enquille bière
Sur bière comme si mes potes de cuites étaient là
 (et avec le recul, oui on pourrait aisément considérer que les canettes sont un
peu mes maitresses
à ce moment là mais la mauvaise foi c’est mon truc, alors je prétends que non et quand bien même,
avec tout ce que j’enfile à la suite, ça tiens plus du gang bang
Que de la relation suivie)

Et il y a une poétesse et des poètes qui parlent sur la scène
Et je vais les écouter
et franchement
Je prends quelques claques
Et ça fait du bien.

A un moment sur une lecture, un type crie :
-       vive la chatte !!!
et si je ne peux nier que son discours possède un certain potentiel
susceptible de faire vibrer certaines de mes fibres artistiques à moi
je le trouve peu constructif à cet instant précis
mais en vérité je ne lui en veux pas, c’est un exercice
difficile que de placer un « vive la chatte » et d’en
récolter les applaudissements et la reconnaissance de la foule
la plupart du temps, on fait comme lui, on se plante et personnellement
je suis heureux, car ce n’est pas moi qui ait crié ça
alors que j’en suis tout à fait capable avec mon taux d’alcoolémie
qui grimpe à vitesse grand V(ince), je fais si souvent désordre
dans les soirées …

Passé la dixième bière, je me met à aller pisser
plus souvent que Trump tweet une connerie/saloperie
ce qui n’est pas peu dire,
j’ai une vessie d’octogénaire on dirait
et j’avoue (attention, plaisir coupable) j’aime toujours autant
les chiottes du paradis de la cirrhose car
il y a ce haut parleur qui diffuse
une radio catholique et, crois moi sur parole d’évangile,
si tu n’as jamais vécu
l’expérience de la messe et des chants religieux
aux toilettes, tu n’as jamais rien vécu !!!
Ici, le moindre pissou devient une expérience mystique

et l’organisateur de la soirée fait une lecture
et je suis sur que si ce gars voulait faire du Lévy
ou du Musso
il serait riche  et vivrait à new york, mais
heureusement pour la littérature, il a décidé
de rester lui même, intègre, droit dans ses bottes
d’écrivain et donc d’écrire
des trucs vachement bien !!!

et moi
je prends
des shoots de mots dans mes veines bleus

et puis bien sur, magie parmi les magies, il y a le moment
ou la poétesse au regard bleu et hypnotique lit son texte
et putain, elle met tout le monde d’accord, c’est une orfèvre

quand elle lit, comme je lui dis après, « mes yeux brillent plus fort
que pour ma plus belle histoire de cul »
(on exprime son admiration comme on peut)

putain, pourquoi je ne sais pas écrire à moitié aussi beau qu’elle ?

elle touche à chaque phrase, c’est précis, pointu,
de la pure héroïne qui pique un sprint dans mes artères
et comble d’extase mon cerveau fou, faisant faire les voix
qui hurlent et divaguent à l’intérieur de mon asile psychiatrique mental

Je l’écoute et je me dis, mais quel monde
littéraire de merde, elle devait être à la grande librairie cette semaine
à côté d’elle, Houellebecq est un fils de pute sans talent
et Beigbeder ausssi

Et après avec la poétesse au regard hypnotique on boit
Des bières, enfin moi surtout, et on parle
On parle
On parle
On parle de trucs dont je ne parlerais pas ici
Parce qu’il ne faut pas trop répéter ce que les femmes
Te confient
Mais je te jure, elle est si… intéressante, pointue, fabuleuse
magique
c’est un plaisir de l’écouter parler de sa vie, de son écriture, d’elle
et toute cette humilité … alors qu’elle pourrait se la péter
comme pas possible avec son talent.
Et je bois ses paroles
et
C’est comme quand t’es gosse et que tu manges ton choco BN
juste après que la plus jolie
Fille de la cour de récréation t’ait embrassé sur la bouche
Devant tout le monde
Pendant que le directeur de l’école regardait ailleurs
et sans doute que moi je parle trop
je devrais juste ne pas bouger et l’écouter parler
boire ses paroles et ne pas amorcer l’esquisse du moindre geste
pas même porter ma bière jusqu’à mes lèvres
de peur de briser
la diaphane magie qu’elle procure

Et je finis complètement bourré et j’ai pissé aussi souvent
Qu’un chat de gouttière mal famée dans l’appartement
D’une vieille fille solitaire et usée
Et une jolie fille avec du rouge dans les cheveux danse bizarrement
Et je me dis, il y a vingt ans, je l’aurais ramené
Mais la vérité c’est que je ne l’aurais pas ramené
Mais ça me rassure de penser des trucs comme ça
Comme si j’étais un séducteur, comme si je l’avais été
alors qu’il faut bien avouer
Que mêmes soules les filles sont rarement assez cinglées
pour s’encombrer d’un type
Comme moi et il en a toujours été ainsi et,
attention moment d’honnêteté poétique,
Je sais peu de choses du mystère féminin mais
Une chose est assez certaine, s’il existe bien un truc
Dont les femmes ne veulent pas, c’est moi !!!

Et la poétesse me paye une bière
Et le barman aux cheveux longs me paye une bière
Et une fille brune me dit tu veux une bière ?
Et je répond, ai-je la tête d’un type qui dit non merci ?
Et elle me tend une bière et je lui tend 1euro50
et, c’est là ou un peu avant que, (attention accroche toi à quelque chose)
me vient ma grande phrase de la soirée

« j’’étais fait pour mourir à trente ans avec la vessie d’un adolescent »

autant te dire que je la garde pour moi
en me promettant de ne pas poétiser plus que ça les effets néfastes
de la bière et surtout pas à haute voix ! À 47 balais
il est temps de sortir de l’adolescence et d’arrêter de
dire n’importe quoi en public.

Mais si je devais vivre dans un bar au lieu d’y mourir
à petit feu
Ce bar est le bar où je voudrais vivre
Il y a de la poésie, des bières pas chères, des gens qui sourient
Et Fifi la chienne noire et blanche qui vient quémander des caresses par moment

Je m’y sens tellement bien que je crois bien que je ne mate presque pas les filles
(j’écris je crois bien car, je suis soul, je ne me rend pas bien compte de mes actes)

Et un type qui est prof sort le casse croute qu’il avait
Préparé et amené pour son ex qui n’est jamais venu
Et il en propose aux gens
et on mange du pain et du fromage, le saint nectaire
C’est la vie comme dit une écrivain talentueuse aux longs cheveux  blonds

Et je flotte
et je vis
Et je me dis que pour un type égoïste et laid qui ne mérite
Que le fouet et le courroux divin
Je passe une putain de chouette soirée

dimanche 29 octobre 2017

Dernier rempart avant la folie

Attendre en silence
Muré dans la solitude
Que casse ce truc
Ce truc qui me tient debout
(Dernier rempart avant la folie)
et alors
                                     sombrer dans la démence
S’ouvrir le ventre avec un couteau rouillé
puis dévorer mes entrailles chaudes
étaler sang et merde sur le rose de mes lèvres
Sur l’email jauni des canines
Et crever en hurlant
Et qu’enfin sonne vrai
mon sourire
tel un ultime et vain défi

lundi 9 octobre 2017

l’autre pervers avait raison

Un jour ou l’autre pupuce
Tu vas nous pondre un roman
Un truc qui prendra les tripes
Y aura du cul, de l’amour, des mères indignes
Des fous géniaux, des suicidés, des fantômes
Dans le cœur, des types qui boivent trop
Et qui regardent des photos de filles nues
La main sur leur bite
Des poètes désespérés et des poétesses
Assoiffées de sexe qui ne se croisent jamais
assez
Ou rien de tout ça
Parce que c est toi qui décides
Parce que tu y auras mis tout ton cœur
Et ce que tu voudras et ça brillera
Même après qu’on gratte le vernis
Et ça fera la différence
Et tu danseras sur les vagues
Sous les applaudissements de la lune
Et tu pisseras debout dans la bouche
De tout ceux qui t’auront freiné
Et tu diras merde à ton passé
Parce que tu auras changé le chemin
Qu’on te prédisait
Et tu enfonceras un doigt dans le cul
Des enculés, à ton tour de te la jouer
Un peu fils de pute gangsta, ce sera ton
Heure, ton moment, ta vie qui atteint un
But fixé
Ouaip, tu vas le faire et quand ce sera fait
tu t’assoiras avec un verre de vin blanc
dans un jardin un soir d’été
Et tu te diras putain, c’était pas si dur
Mais c’était pas simple non plus
C’était juste de la volonté
Et n’écouter personne
C’était juste écrire
Et écrire encore
et tu diras fais chier, l’autre pervers avait raison
et je me marrerais quand tu me le raconteras
et je te dirais bravo
puis j’irais me branler sur des photos de filles nues
parce que je suis comme ça
et que je n’aurai rien d’autre à ajouter
toutes tes cassures, toutes tes fêlures auront pris un sens
et ça ne changera rien, ça ne réparera rien
mais ça aura valu le coup
             tous ces trucs qui te brûlent

vendredi 6 octobre 2017

si jamais je devenais beau à force d’être si laid

J’adore ta jolie petite gueule
Et ton joli ptit cul et tes seins
Seraient un délice pour ma bouche
Et je passe sous silence toutes les idées
Salaces, éclairs hallucinés,
Qui traversent mon
Cerveau malade,
quand je pense
à ce petit truc rose et humide caché juste
sous le string rouge que je suppute
que tu portes

alors
Si jamais
L’idée de m’approcher te prenait
Fait en sorte de ne pas rester
Fait en sorte de ne pas m’aimer
Et surtout ne me laisse pas t’aimer
Pas même une seule seconde

Je suis vide
Vide
Vide
Et je ne veux plus qu’on me remplisse
Et surtout pas
D’étoiles et de lumières
Et la chaleur, je la laisse à d’autres
Le froid anesthésie la douleur
Et tous les feux…
Tous les feux finissent par mourir

J’imagine bien tout ce qu’une fille
Comme toi pourrait changer
Recoller
Arranger
maquiller
Dans les méandres crâniens d’un sale type
Comme moi
Moi
Moi
Mais
Putain je préfère qu’on me tue
D’une balle dans le dos à bout portant
Alors même que j’aurai entendu
Approcher l’assassin
ou
Qu’on m’ouvre en deux du pubis à la gorge
Au katana et au réveil et qu’on prenne tout ce qui se trouve
Sous ma vieille peau
Pour le jeter aux chiens errants
Et aux rats
surtout le cœur
Surtout le cœur
Plutôt que de replonger
Dans les mièvreries
les soirées à deux devant la télé
Le romantisme à la con au restaurant
Sourires de circonstances/vin rouge/Fleurs/capotes dans la poche revolver
Et tout ce qui va avec
Tout ce qui va avec

Parce que bordel, j’ai déjà payé
Le prix pour tout ça
Et c’est pas donné crois moi
C’est comme :
a) bouffer un caniveau
Dans la tronche après avoir sauté
D’un immeuble de 120 étages
La tête la première et sans sourire
b) Récupérer une syphilis incurable après
avoir été abusé par un prêtre pédophile dans un confessionnal
c) Croire en l’amour divin pour un comptable athée
qui aurait vu toute sa famille trucidée sous ses yeux
par un serial killer qui aurait épargné
son enculé de voisin, celui qu’il aimerait
voir crever salement depuis plus de 20 ans
parce qu’il a baisé sa femme à l’époque et possède une maison
et une bite plus grande que les siennes

Et la musique rock, la vodka glacée, les culs serrés
Des filles qu’on n’aimera jamais mais qu’on veut toujours
baiser ne peuvent rien
Rien
Rien
pour me sauver comme ils ne sauveraient pas plus
l’inconscient(e) qui ne saurait se protéger
des sentiments, quand on sombre dans l’océan
Glacé de la solitude
les souvenirs des moments heureux
Sont les électrochocs qui vrillent notre raison
Les clous qui nous maintiennent sur une croix
de bois pourri, le poison qui court dans nos veines fragiles
de junkies drogués à l’amour
Les hurlement d’un être dérangé qui nous ressemble mais
n’est déjà plus nous

si jamais, dans un moment
De faiblesse, je te laissais m’approcher
Si j’abandonnais ma folie, ma grande gueule
Et ma manière de tout gâcher sciemment
Souviens toi quand même
Que je finirais sans doute par te trahir parce que
quand se réalise le miracle de ma fidélité
Je deviens chiant comme la mort, amoureux sirupeux
Se complaisant dans une éventuelle rédemption sentimentale
alors, je préfère souvent tout foutre en l’air
Et cela ramène des cris de rage, des larmes de dépit et des assiettes brisées
Dans mon salon blanc, mais c’est toujours mieux
Que la souffrance qui m’attend
Si je ne le fais pas,
je fuis par avance les marées noirâtres
De la dépression

et c est pour ça que je m’obstine à rester
fils du manque et de la frustration
poète de la misère corporelle et de l’abstinence sexuelle forcée
la flamme sous le soleil d’été, la glace dans la nuit froide
la colère et la haine des hommes qui ronge le cœur
de la femme violée, la chagrin qui noie son âme
l’enfant que les putains abandonnent
avec l’espoir que sa vie sera meilleure, mais la vie n’est jamais
jamais
jamais
meilleure
pour aucun
des deux
et la haine finit toujours par gagner
et
L’amour c’est toujours,
Toujours
ce qui meurt en premier,
des incendies, des visites en enfer, nous ne ramenons que
brûlures, cicatrices et cendres

en conclusion
de toi à moi
si jamais
quelque chose devait se passer
si une traitresse lueur devait naitre dans la pénombre
de tes yeux quand tu penses à moi
si jamais je devenais beau à force d’être si laid
que tu me laisses une chance de réussir enfin
quelque chose de beau dans ma vie de déglingué du bulbe
et que je me tienne bien, tu sais, le genre french lover
qui ne pète ni au lit, ni à table et qui ne parle pas sodomie
la première nuit sauf si tu réclames, il faudrait
vraiment que tu fasses quelque chose pour éviter
que les choses ne dégénèrent, pour que ni l’un ni l’autre
ne se retrouve avec des morceaux de soi éparpillés
un peu partout sur des kilomètres à la ronde
suite à l’explosion nucléaire qui finirait par détruire son monde
intérieur
si nous devions lier nos cœurs au lieu de nous contenter
de mélanger nos corps, nous attacher l’un à l’autre
plutôt qu’aux barreaux de mon lit noir…
fais ça pour moi trésor
tue moi avant que je ne redevienne vivant