dimanche 22 avril 2018

Traumatisme infantile


En CE2, une nouvelle institutrice a arrêté le massacre
Mais là
J’étais en CE1
Un gosse
Et tous les samedis matins
Sur ordre de la maitresse, une ordure
Moi et un autre gars, on prenait nos cahiers
Et on allait, dans le bureau du directeur
Et cet enculé les ouvrait, et à la moindre rature
Il la montrait du doigt, et d’accord, on écrivait vraiment mal
Mais il n’hésitait pas, claque dans la gueule, tirage de cheveux
Et autres réjouissances
Pour qu’on comprenne
Comme si c’était voulu, qu’on écrive mal
Comme si c’était ma faute si deux ans avant, quand
On commençait l’apprentissage de l’écriture, à la maternelle, les gens
De l’éducation nationale s’étaient aperçus avec effroi, que j’étais
(déjà différent)
Gaucher inversé
D’un genre spécial
J’écrivais les mots à l’envers, mais les lignes dans le bon sens
Signe pour ma part, que je voulais bien faire
Malgré tout
Mais ils ne l’ont pas vu comme ça
Et ces cons m’ont changé de main
Et en CE1
J’écrivais mal
Et un enculé me tirait les cheveux
Me claquait ma gueule d’enfant
Pour de l’encre sur du papier
Et je ne comprenais pas
J’acceptais le châtiment
Quand je fautais consciemment
            Quand je levais les jupes des filles pour voir leur culotte
            Ou leur tirais les couettes
            Ou me battais avec un gars dans la cour
            Ou cassais un carreau en jouant à la balle
            Parce que je savais que c’était interdit
            Parce que je franchissais une limite
            Et que je le faisais sciemment
            Mais écrire
            PUTAIN
            J’essayais de faire bien
            Il n’y avait pas de volonté de mal faire
            J’étais juste incapable
            De satisfaire à leurs désirs à lui, prince des salauds et cette institutrice de merde
Etait-ce ma faute si je n’étais pas né selon LEURS critères
Si je me révélais moins doué pour la forme des a et des e
Qu’ils le voulaient ?
Je vivais ça comme une profonde injustice et
Je ne crois pas qu’il ferait ça aujourd’hui
Que je fais 100 kg
Et pratique la boxe thai
Mike Tyson je le laisserai faire sans doute faire
(Poids et boxe ne sont ni courage ni inconscience face au danger)
Mais pas lui
Comme quoi, la position de force
N’est jamais acquise
Et je me demande pourquoi
Je pense à ça
Ce samedi matin
Au réveil
Puis je me dis que c est passé
Que 40 ans plus tard,
J’écris toujours aussi mal
Mais je m’en tape
                                    cet enculé de directeur d’école
                                    ne peut plus rien me faire, il
Est sans doute crevé, en train de pourrir quelque part
Sous la terre
Ou en passe de l’être
Sur le papier comme sur un cadavre
Les vers ont toujours le dernier mot
Phrase de poète
Et dans ce cas là,
Je ne vois pas sa mort comme une mauvaise chose
                                                                        Loin de là
                                                                        enculé

mardi 17 avril 2018

Printanière ambiance


La brune d’un mètre 77 m’envoie une photo d’elle prise avec son téléphone

Seins à l’air, regard qui dit je te veux/je vais t’avoir
On n’est pas un couple mais je suis heureux de l’avoir dans ma vie

elle me raconte ses ex
Qui reprennent contact avec elle en ce moment
C’est sur, le printemps est de retour

Moi, c’est la seule que j’ai aimé qui m’a
Envoyé une invitation facebook dans le weekend
On s’est croisé quelques fois par hasard
Mais ça doit être le premier signe de vie
Qu’elle me donne
En une décennie. Je me demande bien ce qu’elle
Me veut.
Je me suis appliqué pour qu’il n’y ait plus grand
Chose
A foutre
En l’air
Dans
Ma
Vie, je ne vois pas en quoi je pourrais intéresser
Une femme
Surtout si elle a déjà tout eu ce que j’avais à offrir

J’ai été mieux avec elle qu’avec les autres
mais elle a raconté partout que j’étais malsain et manipulateur
Je ne lui en veux pas, c’est plus facile que d’expliquer
Qu’elle aurait pu être amoureuse d’un pornographe alcoolique
Quand on sort officiellement avec moi,
vaut mieux passer pour une victime

Ceci dit, en règle général celles avec qui je me suis comporté
Comme un salopard
Disent du bien de moi.
Comment veux-tu que ce monde tourne rond ?
nous
Sommes tous fous à lier.

La brune d’un mètre 77 me dit, vivement que je te voie
Que je puisse embrasser mon meilleur copain.

Dans mon caleçon son meilleur copain est heureux
Qu’on veuille l’embrasser et il se rappelle comment
La brune d’un mètre 77 embrasse bien.
Il est impatient

La brune d’un mètre 77 à douze ans de moins que moi
Ceci n’apporte strictement rien à ce poème mais j’adore frimer

Moralité ;
Recevoir des photos de filles nues accompagnées de subtiles invitations
à baiser avec elles
reste un excellent moyen d’affronter le quotidien

Il est de ces nuits


Il est de ces nuits
Où le sommeil et les femmes te fuient
Où l’obscurité n’est plus une armure
Et tu te demandes, si tu aurais encore la force
D’égorger un innocent
Sans que ta main ne tremble
De ces nuits où l’éventuel jugement d’un Dieu juste
Se révèle susceptible
d’influencer
tes décisions

vendredi 13 avril 2018

tu es faite pour la fessée, pas pour les claques




Encore une de cassée par les hommes
Et leurs façons sommaires de briser les ailes

C’est si simple et ça marche tout le temps

            Je t’aime ma chérie, tu es tout ce que j’ai toujours voulu
Mais je ne peux pas quitter ma femme, et je ne t’aime plus, c’est elle que
J’aime mais je t’ai dis ça pour casser les sentiments ne t’éloigne pas
Tu sais que j’étais amoureux, mais ma vie fait que je dois rester avec
Ma femme mais je t’aime mais je ne peux rien te donner mais je t’aime
Mais…

C’est si facile d’accrocher un cœur, de dire des mots auxquels il veut croire
Et de tout retirer pour créer une sensation de manque
Avant de redonner un peu d’espoir
Et le reprendre et ainsi de suite
Des fois, on peut rajouter des « tu n’es pas assez bien pour moi/j’ai choisi de t’aimer »
En guise de cerise sur le gâteau de merde
N’importe quel manipulateur de bas étage
Sait faire ça
Ça ne devrait plus fonctionner
Mais non…

Et j’écoute la magnifique blonde aux yeux bleus, peut-être parce que j’aimerais bien
Coucher avec elle, peut-être parce que je connais l’histoire sur le bout des doigts
Elle aussi connaît les réponses
Elle aussi sait quoi faire
Mais elle ne le fait pas
Toujours le même refrain

elles m’appellent pour pleurer
Toutes les larmes de leur cœur
Pour une histoire qui ne leur apporte  que du malheur
Pas une ne pleure un bonheur perdu
Non non
Toutes pleurent un bonheur … espéré

            C’est comme ça que tu imagines ton histoire d’amour ?
            Non
            Tu es heureuse avec lui ?
            Je croyais mais non
            Pourquoi pleures-tu ?
            Je ne sais pas

Et je dis l’amour c’est simple :
 un sourire sur le visage, des rires, une culotte trempée et
            être là l’un pour l’autre
rien de plus
rien de moins
La flamme doit te réchauffer quand tu as connu le froid, jamais te brûler

Et elles disent, tu as raison, je devrais faire comme tu dis
Partir et en trouver un qui m’aime pour de vrai
mais elles prennent la souffrance pour de la passion
et elles s’accrochent, amoureuse d’un rêve, de l’histoire qu’elles voudraient vivre

Et je dis ;
                        Tu es faite pour la fessée, pas pour les claques

Et lui non plus n’a pas vu qu’elle aimait être attaché et il ne sait rien
Des mots qui la rendent folle de désir, il sait juste jouer et quand je les écoute toutes
C’est comme si personne ne savait regarder l’autre, comme si
Chacun vendait un masque et mentait sur sa couleur
Et ils appellent ça de l’amour

Et je songe que le gentil perd toujours, cette existence est un mensonge
L’amour est un mensonge,
Dans une autre vie, j’aurai pu offrir mon oreille à Rachel la catin
Dans une autre vie, j’aurais pu offrir mon dos à la dague d’une gitane jalouse
Et dans cette vie j’ai voulu mourir cinq fois pour des yeux noirs
Et putain
Ça ne valait pas le prix que j’étais prêt à payer
Et depuis, je prétends qu’il y a des filles plein les rues
Mais je ne trompe plus que la solitude
Et sans doute que je ne vais pas coucher avec la blonde magnifique aux yeux bleus
Dommage
Je connais les mots et les caresses qui la rendent folle de désir
Un jour, il faudra bien que je leur dise,
je suis de ceux qui réchauffent quand tu as connu le froid