J'ai toujours eu besoin de mots sales et brûlants,
pour écrire ou pour lire, des écrivains - femmes ou hommes - qui brûlent sur la papier blanc
pour qui chaque jour passé ici bas est un enfer voulu par un Dieu égoïstement absent qu'ils ne s'autorisent pas à
pardonner.
il me faut ça
de l'intensité
pour enfin m'ouvrir les yeux sur la réalité
il y a des gens comme ça, des fous comme moi
totalement pas faits pour ce monde
inadaptés pour survivre dans la jungle
pour qui le mot carrière est synonyme d'esclavage
je regardais cette fille avec des yeux emplis d'amour
je léchais sa chatte avec application et désir sale
mais c'est son âme que je voulais aspirer, pourquoi donc croyais-je qu'elle en possédait une
alors que j'avais déjà perdu la mienne au lieu de la vendre ?
je regardais cette fille - une autre, tout aussi belle -
contre un mur je voulais la plaquer
et la lécher
et son cœur brisé, je voulais recoller
d'autres avec moins de scrupules en ont piétiné chaque morceau
j'avance sur un rythme différent et je ne connais pas les pas de danse, en conséquence de quoi
on ne me pardonne jamais et sous les rayons de leur soleil, je n'aspire à nulle rédemption, la volonté de
me voir
coupable n'engendre pas ma culpabilité
souvent, je prétend que j'écris la queue à la main, ils me cloueront sur une croix de bois noir pour ça
sans doute suis-je le seul à trouver cela plus sain que la drogue et l'alcool
et il m'a fallut arrêter l'alcool pour écrire ceci, arrêt qui ne rend pas le reste moins vain...
les artistes qui réussissent le savent bien,
dix millions de dollars bien placés en bourse et du cul tous les jours, pas toujours avec la mème personne
suffisent souvent
pour faire oublier l'autodestruction
et le manque d'amour
le sang coule toujours moins fort sur des draps en satin rouge
et si le besoin s'en fait ressentir, il suffit toujours d'ôter un peu de ce couteux maquillage sur nos pâles cicatrices
pour garder intact sa crédibilité
et oublier que ce qui nous ronge ne nous rend pas meilleur et que peu importe la douleur
seule compte la survie
je regardais cette fille manger dans le restaurant de supermarché
as tu déjà fait l'amour sous l'orage ? demandai -je
elle affirma en riant que j'étais malade, mais elle ne commanda pas de dessert, ô rage de vivre d'été qui
lia deux amants en différents endroits
et sous le pont, trempée par la pluie comme par le désir, prise contre un mur, elle gémit et crie et sur l'autre berge, un livreur de pizza nous regarde
baiser, en fumant une cigarette, j'imagine qu'il ne regrettait pas la météo qui l'avait conduit la.
on a tous besoin d'un truc pour tenir, dix millions de dollars bien placés en bourse, du cul pas tous les jours
pas toujours avec la mème personne, pas de miroir sur les murs de son existence pour ne pas
affronter son reflet, voila de bonnes option me dis-je, toujours aussi fauché, toujours aussi seul
toujours aussi fou, la folie et la différence sont de bonnes excuses pour ses échecs et ses mauvais choix
me dis-je en affrontant ma laideur dans la glace sale de ma salle de bains
j'ai mal pour un rien, c'est peut-être de là que vient mon besoin de crier plus fort que les autres
mais rien n'excuse toutes ces fois, tous ces jours où je me contente d'hésiter.
regarde moi brûler, parfois l'incendie est une forme de vie contagieuse
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