c'est comme ça et c'est tant pis
ce qui est beau meurt et ce qui est laid dure
je suis dans un truc de bobo, une inauguration, espace de coworking
truc à la mode où, comme partout, je n'ai pas ma place
je revois plein de visages féminins qui, dans le temps, m'évitaient sur les pistes de danse
c'était l'époque où je pouvais branler 1M77 de chair brulante au comptoir juste
parce que ça nous faisait marrer, elle, dieu et moi
la fille que j'accompagne me demande si je me suis tapé des mecs
je dis que non, pas mon truc, j'ai fait 200 fois la fête dans des boites gays mais dès qu'un type
me pose sa main dessus, c'est autre chose
elle ne me croit pas bien sur, comme à chaque fois que je dis la vérité, j'ai cessé de vouloir me battre contre ça aussi
la blonde incroyablement belle et dure comme un coeur de granit me sourit et me demande si ca va
toujours ces yeux bleus avec dedans ce truc complètement dingue qui pourrait asservir une divinité
elle est moi on se comprend mais je ne dois jamais ramper sinon elle me méprisera
je bois du vin
et un cocktail rouge
mange indien
n'ignore pas que les filles me regardent à cause de la beauté de celle que j'accompagne
je pense à la gamine dans le magasin de sport, un peu plus tôt, qui parle de la couleur de mes yeux et
qui aime bien mon look,
un peu biker
elle devait pas avoir 25 ans
merde, l'espace d'un après midi,
ça me fait oublier mon visage
ça me fait croire que....
à ma place nulle part
je suis tel un suicide toujours reporté
en partant je montre où il y avait une boite avant,
je sortais avec la serveuse et je me suis fait sucer
par une autre fille dans les chiottes pendant qu'elle travaillait
le lendemain je lui ai dit que je l'avais trompée, ça ne sert à rien de mentir sur ce qu'on est,
c'est un coup à finir marié avec 2,1 enfants.
j'étais fait pour être une rock star
j'étais fait pour aimer la drogue et les mannequins
j'étais fait pour créer des musiques qui prennent au tripes jusqu'aux meilleurs d'entre nous
j'était trop souvent défait pour réussir quoi que ce soit
quelque chose me ronge
quelque chose refuse de s'apaiser
j'étais enragé et je pleure encore comme un enfant, je me dis que je devrais doigter la destinée
et la fille aux cheveux rouge dit : j'ai connu celle qui l'a rendu comme ça
et je souris, car elle sait, aussi, que celle-ci, avant de me rendre comme ça, je la baisais comme personne
et c'est ce qui me parait le plus important aujourd'hui
et la fille aux cheveux rouges rit tout le temps et j'adore ça comme je pourrais l'adorer, elle
mais quand elle n'avait personne, elle n'a jamais eu l'idée de m'appeler, ça aussi c'est triste mais c'est
ainsi, juste un truc de plus à ranger dans la catégorie rien ne m'empêche de voir le soleil
l'eau a presqu'autant coulé sous les ponts que la vodka dans mes veines
j'étais le plus moche et j'ai eu les plus belles, crèvent les rageux, crèvent les jaloux, j'ai le sourire
et parfois je me branle en sachant que leurs femmes mouillent pour un taré comme moi
bébé, donne moi des mots et je ferais battre la démesure à ton coeur
est-ce que toi et moi on s'aime ?
est-ce que toi et moi on s'aime ?
est-ce que toi et moi on s'aime?
dans le ciel, mon regard émeraude, ô femmes, trop de vos diamants ne sont que brutes
je ne suis pas fou, je ne désire qu'être libre
quand viendra l'heure de fermer tes paupières pour la dernière fois, je ne tiendrais pas ta main mon amour
parfois je regarde la pluie et j'imagine que ce sont tes larmes et voilà comment l'orage me redonne
le sourire
lala di lala di
parfois j'aime et ça ne sert à rien alors je me guéri et j'oublie
lala di lala di
dans ma tête, tous les mondes sont désertiques
lala di lala di
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