mercredi 8 avril 2026

Un soir, j'ai enculé mon amour contre un mur froid

(variation sur une vieille histoire)
un jour elle me dit
qu'elle m'avait embrassé parce qu'elle pensait
que j'étais un garçon timide et gentil

mais que personne ne lui avait jamais fait et dit, tout ce que je lui faisais et lui disait

et un jour
je lui rétorquais,
qu'elle m'aurait quitté au bout de deux semaines, si j'avais été juste ce qu'elle croyait

et elle avait rit
et c'était un soir en fait,  je venais de l'enculer, elle mon brûlant amour,
contre le mur froid du couloir 
et j'avais du
la traiter de pute en le faisant

et bien sur on pourrait me juger sur tout ce que je lui faisais de sale, lui disait
de 
sale
en oubliant son défi et son œil brillant
(et tous mes mots d'amour magnifiques qui était autant de serments de mon esclavage)
et je t'avoue
que je m'en
foutrais
royal
ement,
il faut être coupable d'un crime pour craindre un jugement

elle a sans doute
oublié tout ça et ce sont d'autres 
qui l'ont brisée

j'était juste un peu plus dingue qu'elle le pensait
juste meilleur baiseur qu'elle l'espérait

et rien n'a plus d'importance
ce qui nous casse comme ce qui nous protège du vent froid

on finit seul, avec le visage arraché et les yeux injectés de sang

mardi 7 avril 2026

être préparé n'empêche pas la douleur

L'asiatique folle, 

est folle, dit qu'elle ne boit plus, un peu comme moi
je dis que je ne bois plus,
et elle m'écrit, on mange ensemble à midi, et je suis un garçon facile
alors on mange à midi et on se bourre la gueule jusqu'à 20 heures, pour se prouver qu'on
ne boit plus
comme
avant

et dans le dernier bar, je connais la serveuse depuis qu'elle a 17 ans
et elle en a surement plus de 40 maintenant
et il ne s'est jamais rien passé, et je pourrais trouver cela dommage tant toujours, je l'ai trouvée
sublime
et elle rit à nos dingueries
et les gens nous regardent parfois bizarrement mais on s'en fout
nous somme bizarres
et on aide la serveuse à empiler des chaises, et les autres, ceux qui nous regardent parfois bizarrement,
ne l'aident 
pas
et je m'autorise à prétendre naïvement à un supplément d'âme
qu'ils n'ont pas, dans la vie
tout est bon pour renforcer son ego

et vient le soir avec la nuit et le chien qui veut courir dehors, résultat ,  j'attaque le reste de mon
boulot à 22h38, j'avais bien fait de m'avancer, (je suis un homme prévoyant et lucide
qui sait que ni l'asiatique folle ni lui, n'ont cessé de boire comme ils le prétendent sans vergogne)

et l'autre jour, sur le chemin boueux, la nuit, je me remémorais la presque doctoresse
trop jeune et si douce, tellement
magnifique
au comptoir du restaurant où je bossais (et buvais) les weekends
elle me chuchotait son histoire, sa maladie et son désir de vivre, collée à moi
m'offrant quelque chose de magique sa main dans la mienne 
sans doute me prenait-elle pour un type bien ou bien s'en foutait-elle que je sois barge
et je voulais l'embrasser, et la baiser, et l'aimer
et la lécher de partout un mois entier, à m'en briser la mâchoire et tous ces murs censés m'empêcher
de retomber amoureux, peu m'importait d'être fou, trop vieux, et de savoir que plus personne
jamais
ne m'aimera n'est-ce pas ?

et je pense d'autre fois
à d'autre femmes
que j'ai
eu
ou
non, j'aime tellement mes inutiles pensées que cela ne me brise plus

même si dans le souffre de mon enfer, résonne mes questions

                    "bébé, qu'as tu à m'offrir qu'on ne m'ait déjà volé ?
                      lequel de tes désirs ne m'a déjà violé ?"

tandis que celles qui aimaient mes mots
n'envoient plus des photos de leur corps dénudé, ne parlent plus de leurs désirs cachés ni
                    de l'amour qui manque
quand on voudrait tant, qu'il marque
pas plus qu'elles ne se plaignent, des hommes qui trahissent et les cassent

elles sont pour d'autres,
elles aussi
ne se caressent plus pour moi devant leur caméra, 
moi,
j'aime toujours autant griffer les peaux et dire des mots sales, me branler, aussi, mais 
je suis devenu encore plus laid
et ce n'est pas si grave

après tout

 je le savais bien

que tout doit se terminer ainsi, dans le froid et les tremblements du désespoir
(être préparé n'empêche pas la douleur)
 


lundi 2 mars 2026

Amoureux de la folie

dans le petit bar
je suis au café crème et d'autres à la bière
y a de la lumière dans certains regards, des jugements dans d'autres
moi je vis depuis longtemps sous le feu des mitraillettes en forme de prunelles
rien à battre qu'on m'aime ou qu'on me déteste
tout ce qui était beau en moi, j'ai du le tuer pour survivre, noyer la meilleur partie de moi
celle qui savait nager dans des océans d'amour fou
cruelle mais efficace manière d'imprimer qu'on est toujours seul
et seul
pour toujours !

rien de tel que la solitude pour éviter les compromis

dans la rue, des jolies filles, trop jeunes, trop jolies pour ma laideur
et d'autres, des femmes, qui pourraient, mais je n'ai toujours pas ce qui fait qu'elles se retourneraient sur moi

et à une, au hasard, je voudrais crier...

viens ! 

et après nos peaux collés
on s'inventera des noms, qui ne seront liés à aucune loi, aucune règle ni serments
des noms qui seront synonymes de liberté  
et peu importe
si à l'arrivée tu ne sois qu'une cicatrice de plus

tout ce à quoi j'ai cru
m'a déjà défiguré

oh bébé, tu sais bien ce qu'il en est, tous les coupables prétendent leur innocence
et si je t'aime comme un chien ne vas pas croire que je cherche une laisse
je suis de ceux qui aiment mettre une âme à nue avant de dévêtir un corps
et ça me rend meilleur que tout ceux qui t'on plié dans tous les sens jusqu'à ce que tu puisses
correspondre au cadre si précis de leur volonté
mais cette vérité comme les autres ne compte pas
étrange déraison, les mensonges sont toujours la voix de la raison qui résonne dans les têtes
peu importe le nombre de fois ou les masques sont tombés
peu importe qu'on finisse abimé à chaque fois

et toi comme d'autres avant, de ton regard acéré
tu chercheras à comprendre 

en vain

et je trouverai inutile de te confier ce qui fait que j'arrive encore à me lever le matin
plutôt que d'enfoncer dans ma bouche le canon huilé d'un flingue

je me contenterai que tu mouilles et que tu t'essouffles dans la sueur
tu sais bien comme je suis bizarre

J'écris parce que je suis tombé amoureux de la folie






mardi 13 janvier 2026

Bad sad song

J'ai fini par accepter l'idée que c'est moi le coupable
que je n'ai rien qui donne envie de parier sur moi
que mes baisers et les mots magnifiques que je murmure sans impatience
quand personne d'autre ne regarde ne
comptent pour rien
qu'il faut offrir plus que des rires et un joli coup de langue entre les cuisses offertes

j'ai fini par comprendre qu'il n'y aura plus personne, que c'est fini
j'ai raté ma chance, loupé la marche, et comme excuse
prétendu que j'avais une âme quand ce n'était qu'un corps mort errant dans son propre enfer, 
ô
cédant aisément à la facilité,
je me suis imaginé
violé par les mensonges et les traitrises et j'ai tout mis sur le compte de mon visage et de mon
incapacité à penser carrière et succès tant il m'est impossible de jouer le "je" glacé de l'égoïsme nécessaire
pour gravir chaque barreau de l'échelle sociale

mais c'était juste moi
de bas en haut, de dehors au plus profond de mon être, là ou se tapissent ange et démons enlacés dans la 
folle sarabande
qui 
me 
dévore les tripes

et c'est alors que tout est
devenu
bien
p
l
u
s
simple
il suffisait juste de baisser la garde, d'ouvrir les yeux face au miroir
il faut affronter son reflet pour se trouver quelque chose à aimer

bien sur parfois,
la solitude me perce le cœur et mon coeur se baigne d'un sentiment d'injustice
puis je me souviens
que la justice est un mythe créé pour effrayer l'assassin

tu sais, ce n'est pas si facile d'être moi
pas si facile d'être fou
j'ai des larmes à noyer 
des esquives à travailler 
je vieillis et le ring réclame encore jeunesse, fluidité et rapidité, je suis si lourd à bouger
quand les coups arrivent c'est toujours au visage et il faut tenir en sachant que 
le combat est déjà perdu

mais la plupart du temps

je tiens

avec le regard mauvais du cinglé
avec le sourire arrogant de celui qui s'est relevé une fois ou deux avant la fin du décompte
avec pour seul chaleur le souvenir de quelques femmes un peu moins effrayées que les autres
avec un chien qui m'offre la plus pure forme d'amour à laquelle je puisse aspirer

et bien des fois, peu importe que le soleil brûle ou que le vent étouffe les voix qui apaisent
ça me suffit

je n'ai jamais rêvé d'être une chanson triste


jeudi 25 décembre 2025

Perdu entre tes lèvres

dévêtu d'artifices
je suis comme toi, le mensonge en moins
perdu entre les lèvres d'un corps au gout de framboise
c'est ton âme que j'embrasse
lèvre sur lèvres, c'est ton plaisir qui se lève
ô beauté
ô amour
pour toi je m'embrase

dans la nuit, nos corps qui claquent
je sais bien qu'un jour tu leur mentiras juste pour m'oublier
mais je feins de l'ignorer pris au piège de tes appâts

ô je connais ton pouvoir, faire du mal aux mâles
sans jamais avoir l'air d'en jouer
ô
lèvres sur lèvres,
désireux de régner sur ta chair, je sais bien que je n'en suis que l'esclave
quand bien mème c'est ton épiderme que je marque du sceau de la possession

et toujours, c'est comme si jamais tu ne seras assez près
ce besoin de te dévorer, de haut en bas, du coeur au cerveau
je sais bien que la messe se dira bien après que j'ai claqué ces jolies fesses
et léché toutes les plaies jusqu'à les refermer

amoureux des brûlures
de tous les soleils, je choisis ta lune quand en moi, hurle le loup
et vient le jour maudit
et tu fuis
et tu feins d'ignorer que d'autres prendront soin de te briser

et c'est la, à eux, que je finis par t'abandonner sans remords
quand ton toi s'arrache à moi, mon moi se détache

il y a d'autres chemins, il y a d'autres corps à corps, 
peut-être tout aussi vains

sans importance, je préfère vivre
oublié le désir de gloire, perdu mon auréole,
l'impureté de mon âme rend son dernier souffle en silence
faire de mon coeur de pierre précieuse un morceau de charbon
perdre la chaleur, 
dans la glace, 
                            ne subsiste que le mâle que tu as fait







mercredi 17 décembre 2025

De la poudre aux yeux

Je suis sorti des chiottes de la boite de nuit
et la fille devant le lavabo m'a dit, on fait quoi maintenant ?

ses yeux brillaient
J'ai mis ma langue dans sa bouche et on a eu une idée de la suite de l'histoire

le matin,
dans un bar vide avec un pote à elle, elle tapait de la coke, 
pas moi, je suis le meilleur pour jeter de la poudre aux yeux mais je préfère ne pas la respirer
(j'ai trop peur d'y prendre gout)

par contre, je ne refusai aucune tournée de vodka. 

 le soleil se rapprochait de son zénith quand
j'ai fini chez elle, rempli d'alcool.

je dévorais sa bouche brulante et passionnée sur son canapé gris comme on dévore la vie
quand on n'a pas encore perdu

elle m'a sucé mais trop soul, impossible de bander, je lui et mis des doigts, je l'ai léché et 
je crois qu'elle a joui

en fumant une cigarette
elle m'a raconté une fois ou deux dans les boites échangistes et aussi
son ex, un dur à l'ancienne qui était derrière les barreaux
et l'avait plaqué pour une autre avant de s'y retrouver
elle a dit, qu'il était fou, mais ça se voyait, elle l'aimait encore. Elle souffrait
et elle pensait que j'étais fou moi aussi
(j'imagine qu'elle voulait dire dans un genre différent, je n'ai jamais réussi à être dur)
j'ai parlé de celle qui m'avait brisé parce que j'étais pauvre
et j'ai encore branlé sa chatte trempée

il y avait en elle une infinie douceur qu'elle cachait bien et 
je ne crois pas que nous soyons nombreux à nous en être rendu compte

on s'est revu plusieurs fois mais
à chaque fois, on se défonçait à mort et je crois que j'ai jamais réussi à lever la queue
avec elle sans que jamais elle ne me le reproche peut-être parce-que
je la léchais bien et que mes mains sont magiques

Maintenant, quand on se croise, elle a toujours un merveilleux sourire pour et des yeux
tendres

                            alors...

...disons que par rapport à d'autres, je ne l'ai qu'à moitié déçue

dimanche 14 décembre 2025

Venum

J'ai picolé tout l'après midi
ça faisait longtemps sans toucher aux breuvages
et c'était comme avant,
tout était là, enfoui, la mème rage d'avaler l'acide, la mème brulure à l'intérieur
et la folie furieuse qui prend possession de mon être
et les rires
aussi
et l'envie de dingueries
et pas une cinglée pour m'accompagner
encore moins pour me prendre par la main, me ramener chez moi ou chez nous
pour me dire, c'est bon, c'est fini, tu n'as plus besoin de te faire mal,
tu n'es plus seul
avec tellement de douceur et de conviction, que je finirais par la croire

la vérité est qu'on est toujours seul
pris dans son monde intérieur
dévoré par ses démons,
et nos mensonges sont les geôliers de notre enfer personnel

ah ah ah
un milliard de raison de me foutre en l'air
et je suis là
assis, devant le clavier,
mon sourire mauvais sur les lèvres
et les flammes vertes de mes yeux effraient jusqu'à la nuit

la défaite ne rend jamais beau et la solitude est un venin