mardi 13 janvier 2026

Bad sad song

J'ai fini par accepter l'idée que c'est moi le coupable
que je n'ai rien qui donne envie de parier sur moi
que mes baisers et les mots magnifiques que je murmure sans impatience
quand personne d'autre ne regarde ne
comptent pour rien
qu'il faut offrir plus que des rires et un joli coup de langue entre les cuisses offertes

j'ai fini par comprendre qu'il n'y aura plus personne, que c'est fini
j'ai raté ma chance, loupé la marche, et comme excuse
prétendu que j'avais une âme quand ce n'était qu'un corps mort errant dans son propre enfer, 
ô
cédant aisément à la facilité,
je me suis imaginé
violé par les mensonges et les traitrises et j'ai tout mis sur le compte de mon visage et de mon
incapacité à penser carrière et succès tant il m'est impossible de jouer le "je" glacé de l'égoïsme nécessaire
pour gravir chaque barreau de l'échelle sociale

mais c'était juste moi
de bas en haut, de dehors au plus profond de mon être, là ou se tapissent ange et démons enlacés dans la 
folle sarabande
qui 
me 
dévore les tripes

et c'est alors que tout est
devenu
bien
p
l
u
s
simple
il suffisait juste de baisser la garde, d'ouvrir les yeux face au miroir
il faut affronter son reflet pour se trouver quelque chose à aimer

bien sur parfois,
la solitude me perce le cœur et mon coeur se baigne d'un sentiment d'injustice
puis je me souviens
que la justice est un mythe créé pour effrayer l'assassin

tu sais, ce n'est pas si facile d'être moi
pas si facile d'être fou
j'ai des larmes à noyer 
des esquives à travailler 
je vieillis et le ring réclame encore jeunesse, fluidité et rapidité, je suis si lourd à bouger
quand les coups arrivent c'est toujours au visage et il faut tenir en sachant que 
le combat est déjà perdu

mais la plupart du temps

je tiens

avec le regard mauvais du cinglé
avec le sourire arrogant de celui qui s'est relevé une fois ou deux avant la fin du décompte
avec pour seul chaleur le souvenir de quelques femmes un peu moins effrayées que les autres
avec un chien qui m'offre la plus pure forme d'amour à laquelle je puisse aspirer

et bien des fois, peu importe que le soleil brûle ou que le vent étouffe les voix qui apaisent
ça me suffit

je n'ai jamais rêvé d'être une chanson triste


jeudi 25 décembre 2025

Perdu entre tes lèvres

dévêtu d'artifices
je suis comme toi, le mensonge en moins
perdu entre les lèvres d'un corps au gout de framboise
c'est ton âme que j'embrasse
lèvre sur lèvres, c'est ton plaisir qui se lève
ô beauté
ô amour
pour toi je m'embrase

dans la nuit, nos corps qui claquent
je sais bien qu'un jour tu leur mentiras juste pour m'oublier
mais je feins de l'ignorer pris au piège de tes appâts

ô je connais ton pouvoir, faire du mal aux mâles
sans jamais avoir l'air d'en jouer
ô
lèvres sur lèvres,
désireux de régner sur ta chair, je sais bien que je n'en suis que l'esclave
quand bien mème c'est ton épiderme que je marque du sceau de la possession

et toujours, c'est comme si jamais tu ne seras assez près
ce besoin de te dévorer, de haut en bas, du coeur au cerveau
je sais bien que la messe se dira bien après que j'ai claqué ces jolies fesses
et léché toutes les plaies jusqu'à les refermer

amoureux des brûlures
de tous les soleils, je choisis ta lune quand en moi, hurle le loup
et vient le jour maudit
et tu fuis
et tu feins d'ignorer que d'autres prendront soin de te briser

et c'est la, à eux, que je finis par t'abandonner sans remords
quand ton toi s'arrache à moi, mon moi se détache

il y a d'autres chemins, il y a d'autres corps à corps, 
peut-être tout aussi vains

sans importance, je préfère vivre
oublié le désir de gloire, perdu mon auréole,
l'impureté de mon âme rend son dernier souffle en silence
faire de mon coeur de pierre précieuse un morceau de charbon
perdre la chaleur, 
dans la glace, 
                            ne subsiste que le mâle que tu as fait







mercredi 17 décembre 2025

De la poudre aux yeux

Je suis sorti des chiottes de la boite de nuit
et la fille devant le lavabo m'a dit, on fait quoi maintenant ?

ses yeux brillaient
J'ai mis ma langue dans sa bouche et on a eu une idée de la suite de l'histoire

le matin,
dans un bar vide avec un pote à elle, elle tapait de la coke, 
pas moi, je suis le meilleur pour jeter de la poudre aux yeux mais je préfère ne pas la respirer
(j'ai trop peur d'y prendre gout)

par contre, je ne refusai aucune tournée de vodka. 

 le soleil se rapprochait de son zénith quand
j'ai fini chez elle, rempli d'alcool.

je dévorais sa bouche brulante et passionnée sur son canapé gris comme on dévore la vie
quand on n'a pas encore perdu

elle m'a sucé mais trop soul, impossible de bander, je lui et mis des doigts, je l'ai léché et 
je crois qu'elle a joui

en fumant une cigarette
elle m'a raconté une fois ou deux dans les boites échangistes et aussi
son ex, un dur à l'ancienne qui était derrière les barreaux
et l'avait plaqué pour une autre avant de s'y retrouver
elle a dit, qu'il était fou, mais ça se voyait, elle l'aimait encore. Elle souffrait
et elle pensait que j'étais fou moi aussi
(j'imagine qu'elle voulait dire dans un genre différent, je n'ai jamais réussi à être dur)
j'ai parlé de celle qui m'avait brisé parce que j'étais pauvre
et j'ai encore branlé sa chatte trempée

il y avait en elle une infinie douceur qu'elle cachait bien et 
je ne crois pas que nous soyons nombreux à nous en être rendu compte

on s'est revu plusieurs fois mais
à chaque fois, on se défonçait à mort et je crois que j'ai jamais réussi à lever la queue
avec elle sans que jamais elle ne me le reproche peut-être parce-que
je la léchais bien et que mes mains sont magiques

Maintenant, quand on se croise, elle a toujours un merveilleux sourire pour et des yeux
tendres

                            alors...

...disons que par rapport à d'autres, je ne l'ai qu'à moitié déçue

dimanche 14 décembre 2025

Venum

J'ai picolé tout l'après midi
ça faisait longtemps sans toucher aux breuvages
et c'était comme avant,
tout était là, enfoui, la mème rage d'avaler l'acide, la mème brulure à l'intérieur
et la folie furieuse qui prend possession de mon être
et les rires
aussi
et l'envie de dingueries
et pas une cinglée pour m'accompagner
encore moins pour me prendre par la main, me ramener chez moi ou chez nous
pour me dire, c'est bon, c'est fini, tu n'as plus besoin de te faire mal,
tu n'es plus seul
avec tellement de douceur et de conviction, que je finirais par la croire

la vérité est qu'on est toujours seul
pris dans son monde intérieur
dévoré par ses démons,
et nos mensonges sont les geôliers de notre enfer personnel

ah ah ah
un milliard de raison de me foutre en l'air
et je suis là
assis, devant le clavier,
mon sourire mauvais sur les lèvres
et les flammes vertes de mes yeux effraient jusqu'à la nuit

la défaite ne rend jamais beau et la solitude est un venin




jeudi 27 novembre 2025

puisque mon enfer est fait de flammes

ce qu'on est, ce qu'on a, ce n'est jamais assez, les gens en veulent toujours plus
puisqu'ils sont persuadés que ce n'est jamais trop

j'ai su aimer si fort que je ne désirais plus briser,
et aussi, il arrivait que
je ne m'aime pas assez pour oser tricher

quelque chose est mort en moi
ce n'est ni le soleil
ni la rage
et la colère souvent renait dans le feu de mon coeur 

puisque mon enfer est fait de flammes
rendez moi mon amour que je puisse la haïr
rendez moi mon amour que je puisse la détruire
la bête en moi se nourrit de vengeance et la voici affamée devant le miroir

bien sur que je suis malsain
aucunement désolé, je ne vais pas pouvoir te ressembler, il peut se révéler ennuyeux d'aspirer
à la perfection, 
et si demain, mes poches se remplissent de fric, sur la route tu me verras
les histoires toujours se teintent de désespoir, la fuite me parait une alternative acceptable
de toute façon, Elle et d'autres n'étaient pas prêtes à m'intégrer dans un schéma

ce qui nous brise, c'est toujours la beauté
alors de moi
tu ne crains rien
puisque je suis de la laideur

et toi avec tes seins énormes et fiers, toi qui me fait confident de tes violents péchés
j'aimerai te lécher contre un mur dans n'importe quelle rue sale d'une ville en ruines
de ma langue te faire oublier Venise ! Si
                                 tu savais à quel point je crains que tu ne découvres tout ce qui est
faible en moi, à quel point je rêve de cingler ta peau à coups de ceinture
dans tes veines bleues, être la plus pure des drogues dures, 
le shoot ultime et après
l'overdose, le manque

je suis une âme aux sombres recoins
et sans honte, je n'aspire à nulle rédemption




mercredi 12 novembre 2025

Seuls les chiens savent aimer

un jour une femme m'a aimé parce que j'étais différent. Plus tard
elle m'a quitté car je n'étais pas comme les autres
et ensuite
chaque fois que j'accepte de poser mes miches dans une histoire "normale"
c'est à dire ou je n'aurais pas à dormir sur le ventre parce qu'un coup de couteau sous l'omoplate
dans son sommeil,
c'est toujours moins pire que l'amputation d'une bite avec des ciseaux de cuisine,
chaque fois, elles disent, non pas un type comme toi,
mème quand elles viennent me chercher

la différence ne paie pas
(mais la normalité est une prison)

et maintenant mon plan cul depuis vingt ans, elle s'est mise à aimer les claques dans la gueule quand on baise
et me dit tripper sur les pires trucs... (sans m'en dire plus hélas)
et une trentenaire m'envoie des photos de ses seins énormes dans un autre pays, parfois sous le soleil
parfois sans le soleil, et je songe que c'est vraiment cool pour un quinquagénaire laid comme moi,
et elle aussi, aime les trucs violents, ça me va, dans tous les cas
je m'adapte et je laisse vivre en moi le sourd désir de la fouetter avec ma ceinture un jour

moi je parle à une absence

et je dis, viens et je te brûle le coeur
viens et je lèche tes seins dans la rue, ta chatte s'ouvrira sous mes doigts contre un mur
viens
viens
viens
je veux juste que tu viennes près de moi et contre le béton, que tu viennes
puis, te dire que tu es belle et te laisser imaginer
que l'amour
existe après qu'il excite

pendant des années j'ai voulu remplir un vide en moi,
avec de l'alcool où
en évacuant ma semence au gout dégueulasse dans un mouchoir en papier ou 
dès que je pouvais sur un cul ou une jolie gueule
pendant des années j'ai cru que l'amour me sauverait, même après qu'il m'ait fait éclater en un
million de morceaux de verre
j'ai même cru que je voulais changer, vie normale, boulot normal, femme normale, voiture normale

mais à l'arrivée
c'est toujours le mème truc, tu te sens bien seul
tu te sens bien sans les autres
tu te dis, seuls les chiens savent aimer, et c'est une vérité
c'est parfois cool de pouvoir se branler quand on en a envie
de choisir quelle série de merde on va regarder et
de ne pas avoir à s'enfermer dans les chiottes pour lire tranquillement
tout comme
de pouvoir fuir ses échecs
et de ne pas s'inquiéter de l'accueil quand on rentre bourré chez soi
bien sur, c'est plus compliqué quand tu finis à l'hosto avec une sonde dans l'urêtre avec personne
pour t'apporter des fringues propres, du chocolat et te tenir la main et sécher tes larmes
quand l'infirmière vient
te prélever un peu de ton sang

merde bébé, j'ai besoin que tu aies une âmes, et un regard avec quelque chose qui te brûle dedans
j'ai besoin de douceur
et de rires
tu pourrais rire mème quand tu lécherais mes couilles avec application, 
simplement parce que tu ne comprendrais pas ce qui s'est passé pour que tu te retrouves là
dans cette position, à genoux, à faire ce que tu fais avec tant d'application et de plaisir

je ne veux rien attendre de toi et surtout pas de ce que d'autres (hommes, femmes, parents, amis) t'ont 
ancrée 
dans la tête
avec leurs délires égoïstes visant à te contrôler de manière plus ou moins malsaine

dans l'absolu, je voudrais que ta seule chaine ne soit que ton désir de rester près de moi,
malgré ma sale gueule, mon bide
mon manque de cheveux
mon caractère étrange et mes ronflements infernaux dus aux nombreuses fractures de mon nez tordu
merde, je ne t'en voudrais mème pas d'écrire de la meilleure poésie que moi

mais tout ça c'est du vent, 
les inutiles croyances et promesses d'un type qui, maintenant, reste sobre trop longtemps et cherche
de nouvelles formes d'adrénaline moins destructives pour le physique

passé six mois ou un an, les couples ne baisent plus aussi souvent, (du moins ensemble)
et les discussions se résument à expliquer à l'autre que ton quotidien sans lui est aussi merdique le sien
sans toi
Putain, je hais qu'on me raconte sa journée pourrie au boulot qu'on déteste

avec le temps, j'ai bien compris que
j'arrive presque toujours à moins m'ennuyer tout seul qu'à deux
et parfois, à baiser plus
et 
il faut regarder les choses en face, avec tout ce qui me brûle,
le seul truc qui me chagrine
c'est juste d'avoir passé l'âge de me réduire en cendres







mardi 4 novembre 2025

Halloween party 2025 (on préfère baiser)

Cette année, Halloween tombe un vendredi soir et nous sommes au restau.
Quand elle boit, elle monte la voix et tout en sirotant un verre, on parle de cul. elle me raconte des trucs
qu'on a fait, quand l'alcool ouvrait la porte à notre folie et qu'on partait dans la nuit. Il y a dix ans ou vingt
on était dingue. 
Maintenant, on boit moins souvent
(et on préfère baiser)

"on était en boite avec un groupe de gens que tu connaissais, ils te charriaient tous et toi tu as dit, je
m'en fous,
je parie que je suis le premier à foutre deux doigts dans une chatte cette nuit. Ils se sont tous payés
ta gueule, toi
tu m'as regardée et je t'ai fait un clin d'oeil pour te dire d'accord. Tu m'as doigté et il y a cette blonde,
coupe au carré, avec une cravate d'homme,
qui s'en est pris à toi. Elle a dit que tu ne pouvais pas faire ça, traiter les femmes comme des objets.
je lui ai dit, calme toi mœuf, j'étais ok pour qu'il le fasse. Mais ça ne l'a pas calmé. Perso, je crois surtout
qu'elle était jalouse."

Merde, je ne me rappelais pas ce passage de ma vie, mais cela ne m'étonne pas de moi.
Il y avait tous ces moments où les flammes s'emparaient de mon être.

et quand elle me décrit la fille, il me semble qu'il s'agissait d'une petite blonde adorable, avec des gros seins et des yeux de ce genre de vert pour lequel j'aime bien me faire du mal. Celle là, elle
me kiffait, effectivement. La preuve étant qu'il
s'est passé un truc entre nous, une nuit où j'étais salement bourré comme
à chaque fois que je sortais étreindre la mort alcoolique, et j'ai été tellement mauvais, que quand on en a reparlé, des années plus tard, elle avait préféré oublier. Rempli de vodka, impossible de la lever et j'ai mème raté son cuni, moi qui aimait
tant me vanter de ma technique. 
Moralité : Faut pas se mettre des défis, genre voir double, quand tu es un homme et que
tu dois trouver le clitoris !

A côté de nous se trouve un jeune gars, brun aux yeux noirs, il mange avec ses parents. 
- je crois qu'ont les a choqués dit-elle une fois qu'ils sont partis.
Je ne suis pas très surpris
ce ne sont ni les premiers, ni les derniers. Nous ne savons pas nous tenir.
- Il me dit quelque chose, je réponds, je l'ai déjà vu quelque part, mais je ne sais plus où.

Puis nous passons à autre chose. comme finir le repas et boire du saké. Puis, on baise en rentrant
 et on baise en se réveillant. C'est sale et violent. Elle aime comme ça.
Puis je la ramène à la gare à midi.
On s'embrasse doucement pour se dire au revoir.

Le dimanche, elle m'écrit qu'elle a encore envie.
et je pense à tous ces trucs qu'on te vend comme le meilleur chemin, l'amour, la vie à deux, la fidélité, le
mariage
etc... etc... 
pour finalement te sentir plus équilibré dans une relation libre avec
une sex friend que ça excite de se faire 
traiter de pute et qui réclame de la queue et des
claques au visage en plus de la fessée pendant la baise. 

Le lundi, elle m'écrit, elle veut que je lui fasse mal, elle a encore envie, et je la comprends, moi aussi j'ai encore envie
de lécher ses seins énormes et de l'entendre crier et tous les autres trucs qui se passent
quand on colle nos peaux et nos âmes folles, tout ces trucs qui te font 
te sentir vivant
alors mème que tu sais que le temps finira toujours par gagner et te réduire en poussière, peu importe
que tu t'économises ou pas.

et le soir, je me pointe à la pharmacie de mon quartier où je vais depuis deux ou trois décennies
pour récupérer la commande de mon traitement pour
le poumon. 

C'est un jeune gars, brun aux yeux noirs qui me le donne.

Alors, me dit-il, c'était bien cet halloween au restaurant ?
Et merde...
tout ça me semblait pourtant si parfait