mardi 31 mai 2016

Dieu et un million de putes dans une partouze géante

Elle a commencé à monter en pression
            Et j’ai dit : non non bébé
Faut pas faire ça

            Sans doute que j’avais fait quelque chose
De mal, je suis un tel enfoiré parfois
Mais je ne voulais pas qu’on s’engueule

            J’ai dit : écoute la vie est dingue
Si on continue, on va crier, on va se déchirer
Et on va pas rire et on va pas baiser et
On va s’endormir en se tournant le dos
Et il faudra attendre demain pour s’aimer
Encore et ça, c’est nul
Alors redescends s’il te plait, redescend tout de suite
Moi je veux juste que tu ris, tu es tellement belle quand tu ris
Et si on rit et si on baise on va passer une bonne soirée
            Et la vie est courte et les bonnes soirées sont si…
Importantes

            Et elle voulait vraiment gueuler
Et j’ai dit : non je veux pas redescend, je refuse
Que tu fasses la tête, resdescend, tu verras si  tu redescends
Tu ne le regretteras pas, ne laisse pas ta colère prendre le dessus
            Laisse les rires et l’amour gagner

Et je souriais tout en insistant pour tuer son désir
De sang et de larmes et l’expression de son regard a fini par
            changer et elle a sourit à son tour et elle m’a embrassé
et elle a rit et le soir était là et on a baisé
et c’était vachement mieux que d’arracher les yeux
de l’autre et lui mordre la joue jusqu’au sang
mieux que toutes les guerres, mieux que tous
les matchs de foot de toute la planète, mieux
que tout ce que vous croyez important quand vous
avez du fric
car vous
pensez que ça vous rend fort alors
que vous êtes si faibles, c’était mieux
que tout et le reste, mieux que Dieu et un million de putes
dans une partouze géante à laquelle IL m’aurait
                                                                   invité

lundi 30 mai 2016

Salvation non éthylique

Il y a eu une époque
            Où je rêvais d’être ce genre d’écrivain
Célèbre et arrivé
Qui aurait lu, assimilé et compris
            Tous les autres grands écrivains
Russes, américains, français et autres
            Un génie bien habillé
Capable de citer d’une voix claire
Et assurée en public
Des dizaines de belles phrases
Empruntées à d’autres, des phases
Comme autant de sentences
            Propres sur elles
Et terriblement efficaces, lancés
En l’air avec un certaine désinvolture
ou judicieusement placées
            Dans d’intelligentes conversations
Sur un plateau de télévision à des heures
où toute la planète dort
            ou dans des journaux lus par des
intellectuels et des politiques
Mais le peu de ces écrivains qui avaient réussi
le truc - tromper leur monde - et par là
je veux dire le peu que j’ai lu,
            étaient chiants comme la mort d’un mec
triste et usé, ils
parlaient trop joliment d’une vie et de sentiments
            Qui n’étaient pas les miens
Je n’ai plus ou moins admiré que leur facilité vulgaire
             à trouver et conter avec lyrisme
un romantisme chimérique dans le destin
            de personnages brisés
par des choses aussi peu romantique
            que les guerres, la pauvreté,
la perte d’un amour fou et aussi leur capacité
à n’employer aucun mot « sale » pour arriver
à leurs fins. Il y avait d’ailleurs tellement (trop)
de jolis mots qu’on aurait dit que certains arrivaient
            à se sucer la bite tous seuls
pour la garder lisse et brillante
Sous les projecteurs et
J’ai fini par n’aimer que ceux qui jettent
sur la feuille la nauséabondes odeur
de la merde et du sang de leurs tripes
ouvertes aux vents par le canif rouillé et émoussé
                        d’une maudite existence
            Sur le papier, ceux-là ne trichent
Pas et je rêvais de réussite, prendre de
L’altitude, planer au dessus du commun
des mortels, avoir les mots justes et toucher
au cœur en une phrase tel un violoniste
virtuose. Avec toute la prétention
qu’offre la bêtise et l’illusion propre
à mon caractère
            je rêvais d’être important
Et de la liberté qu’offrent le succès
Et le fric qui va de pair, et
aussi des jolies groupies, celles qui
envoient des photos de leurs corps dénudés
pour séduire, s’offrent
à l’artiste dans des alcôves sombres
                        ouais, j’aurais vendu
mon âme pour tout ça, mais je l’ai perdu
avant qu’on m’en offre un bon prix
et maintenant, à poil et sans armes dans
la tempête, de la boue dans les poumons
et du sang dans le vert de mes yeux
                                    je crois bien que je
me fous de l’importance, de toute cette merde
la réussite, le pognon, l’intelligence ou non de mon propos
            et l’arrogance qui l’accompagne etc. ouais m’sieur
rien à battre, de tout ça, de ne pas être
littéraire et de la ponctuation et du
bon usage des majuscules
            l’alcoolique hurle et la foule le lynche
            peut-être que seul l’amour compte
dans cette vie merdique et puéril d’enfant cassé
mais l’amour semble n’être qu’un rare mensonge
quand
les histoires de culs ne blessent pas le pèlerin
            les femmes sont si dangereuses
la plupart du temps, les miennes sont
splendides et abimés par d’autres,  elles aiment griffer
            et qu’on leur fasse certaines choses
qui défient l’académique vision de la poésie sentimentale
            tout en étant susceptibles
de me poignarder sur un coup de tête
si je leur tourne le dos, si je leur offre mon flanc
            et putain, je les aime avec toute la folie
que me procure cette douleur que j’ai
                                    à la place du cœur
et je crois bien que leur beauté
            et quelques mots griffonnés
sur le papier sans aucun enjeu sinon
une certaine salvation mentale
                        ont fini par
                                    me suffire
et peut-être qu’il existe des moments
                        où ÇA
                                    me sauve de moi
                                    de mes ombres
et de toutes les fois ou mon destin
            est de sentir la bite d’un Dieu dingue
                        planté bien profond dans l’errance de
                                                          mon trou du cul

dimanche 29 mai 2016

Autopsie de la défaite

            je t’ai aperçue dès mon entrée dans le restaurant
la perfection de tes lèvres
            le rire de tes yeux
et j’ai pensé :
            lécher tes seins/gouter ta peau de pêche
et j’ai bu et tu as ris, mais je suis vieux
            et fou,
et tout ce temps je rêvais
            de pathétique banalités :
            t’aimer jusqu’à la fin
du dernier monde et toutes les autres
                        éternités
ce genre de trucs, tout ce qui garderait
                        intense et vivace
l’étincelle de tes yeux bruns
            et la réalité est tout autre :
            trop d’alcool/trop agé/ Laid
et comme toujours,
                        mordre la poussière et vomir
                                     la lumière

samedi 28 mai 2016

Poème pour la fille derrière le comptoir

Crève les yeux des saints
            Donne les innocents
En pâture aux démons
                        Regarde brûler
Les livres des poètes en riant
            Laisse s’exploser
Le terroriste dans la foule
                        Ce monde m’indiffère
Depuis que j’ai posé les yeux sur
                        Ton sourire
                        il y a des orages où
chaque goutte de pluie est une lame
                        de rasoir,  je meurs
de ton refus de me laisser
                     mordre ta peau

Et ouais mec, mes gonzesses sont des reines (j’avais toujours rêvé d’avoir une copine tellement bourrée qu’elle appelle sa patronne pour la traiter de pute)

La brune complètement allumée a encore
Fait des siennes

                        Elle
            a bu comme un trou pour
Finir par
Téléphoner à sa boss à 6 heures du
Matin et la traiter de pute
Sur le répondeur
            Puis elle a
Ramené un mec
Dont elle ne connaît pas le prénom
L’a viré dès qu’elle a ouvert les yeux
avant de s’apercevoir
Qu’elle avait
            Un décalcomanie d’entrée de boite
De nuit collé sur le cul, au premier abord, réveil
De légionnaire,
Elle a cru s’être fait tatoué dans l’éthylique
Absence de conscience

            La routine

Elle a des bleus sur le tout
Le corps à force
D’être tombée
            « J’aurais du prendre le train
Et venir baiser avec toi, ça m’aurait
Couté moins cher, bourrée
J’aime tout le monde et je le prouve
En payant à boire à toute la ville
Putain j’ai du claquer une demi paye»

Plus tard
Elle m’envoie une courte vidéo
D’elle en train de se goder
            « Il est toujours planté
Dans ma chatte          
Pardon je suis crue 
Mais faut bien se remonter le moral »

« t’es une sacré baiseuse tu sais »
            je lui dis
« j’aime ça c’est déjà pas mal » répond-elle

            et ouais mec,
                            mes gonzesses sont des reines

mercredi 25 mai 2016

13h55 quelque part sous la foudre

13h55 quelque part sous la foudre
Ca coule de partout
            Entre mes doigts, le long du bleu de mes veines
Et de mes yeux
            Du sang, du foutre, de la boue noirâtre
J’arrive pas à lever mon cul
            Pour aller bosser
J’arrive pas à envisager la douche
            Et le steak à faire cuire
Je crève la dalle
            Et je saigne ma folie
D’un trou à l’autre, par tous les pores
            Pas une seule jolie pute, folle et brillante
Pour se tenir debout contre moi et colmater les brèches
            Retenir en moi un semblant de raison
Pas un « coupe les fraises » ou « lave ton linge »
            Pas une étreinte pas un baiser
                        Ni même un sourire
Dieu ou quelque chose ou quelqu’un
                          est en train de m’ouvrir le cœur en deux

Ecrire vite fait avant que le collier d’acier ne l’esclavage quotidien ne se referme sur mon cou aventureux

Je ne sais pas à quoi ça sert
cette aventure
            écrire jour et nuit
Dans ma tête ou sur le papier
Blanc
            Je serais sans doute plus heureux
Dans un camion pizza,
Vendeur de jaccuzzi
            Gynécoloque ou osthéopate
Je serais sans doute plus riche
            Et moins torturé
Peut-être même que j’aurai une femme
                        Et de beaux enfants
A qui j’apprendrais la boxe et le tennis
Et peut-être pourrais-je enfin être
                        être
En paix avec moi même et le monde
            Je pourrais peut-être entrer dans une
Eglise le dimanche, ou une mosquée
                        Ou une synagogue
Je pourrais peut-être me regarder
            Et m’aimer
Et croire que la vie n’est pas que le
            Début
                        De la souffrance
seulement
            Il est 13h40, je n’ai pas mangé
Mes doigts courent sur le clavier
            Et tous ces trucs immondes, mes mots, ma vie
mon foutre giclé dans un mouchoir blanc virginal
                        Et le reste
                        semblent ne rimer à rien

Un matin pas forcement plus dingue que les autres

Un matin pas forcement plus dingue
                        Que les autres
Juste avant que la fatigue et la vodka
                        Finissent pas éteindre
La folie pour quelques heures,
J’étais dans cet after
            Complètement soul
Et un pote homosexuel m’a sauté dessus
            Par derrière pour tenter de me rouler
Une pelle et j’ai pas aimé la sensation
            De sa langue sur ma bouche mais
Nos sommes restés copains, il avait tenté
Sa chance, rien de plus
            Et il y avait la brune
Celle qui a un fort caractère
            Et que les filles craignent
            Et je lui ai payé un verre
Et je lui ai offert ma vision du sexe
Parfait pour elle :
« tu aimes la levrette
                        Et la fessée, les mecs
Qui te tirent les cheveux et les insultes aussi »
Parce que j’avais envie de prendre le risque
            De sa main dans ma gueule de connard
                        Et elle a répondu
« putain tu es doué quand même »
            et on est devenu potes comme ça
et on n’a pas baisé ensemble, même si
elle a dit qu’elle me croquerait bien
            la dernière fois qu’on s’est croisé
nous sommes tous destinés à des bras
            mais nous ne savons jamais les reconnaître
ou nous les fuyons, et d’autres comme moi ou
toi
            perdent tout un matin d’avril
et ils pleurent de ne jamais réussir à changer leur destin
et la nuit devient un manteau de flammes
                        et de souffrance
et l’alcool nous ronge mais ne change rien
            on n’oublie jamais la blessure
tout au plus fuit-on la cicatrice
            je suis un putain de perdant
plus laid que Dieu ne le sera jamais
malgré tous ses efforts
et mes yeux percent les armures
            et cela est inutile car
            je ne sais pas mentir

Ce qui compte

Ce qui compte
            Dans ce monde
N’a ni bras,
Ni jambe
Ni tête
Ni tripes
Ni cœur
Ce qui compte
C’est le pouvoir
L’argent
Et le pouvoir de l’argent
            Est un insidieux cancer
L’amour
            Ne compte pas
Tu peux toujours acheter une certaine forme d’amour
                        Avec de l’argent et
            Tu peux toujours susciter une certaine forme
                                    D’amour avec le pouvoir
Et d’autres croient d’autres choses
            D’autres ne croient pas au pouvoir
            D’autres ne croient pas à l’argent
Et ceux là souvent, souffrent, à moins qu’ils n’arrivent
à trouver une certaine forme de plénitude
                        Dans un petit coin de paradis
Qu’ils auront eux-mêmes construits
Et certains croient aux révolutions, mais les révolutions
Quand elles réussissent, ne font que déplacer le pouvoir
Et l’argent,
                        Dans d’autres mains, innocentes
Et si vite salies
                        Et moi
J’ai défait l’amour plus souvent que je ne l’ai fait
            Et je crois connaître un secret
inavouable, seule la Mort est réelle,
Le reste n’est que rêves où illusions
                        Réussites ou déchéances


Assez souvent je suis un enculé revanchard

Le type était venu bouffer chez moi avec sa femme
            Je bossais avec elle et on était potes
Bien qu’elle pensait que j’étais un enfoiré avec les femmes
Et que je ne méritais en aucune façon
                        celle qui se tenait contre ma peau                    
pour me sauver de moi

Et lui, à table, chez moi,
 il m’a parlé comme si j’étais un sous fifre
le boy de sa femme au boulot,
ok j’étais un sous fifre, mais il m’a remis
à ma place sans que je ne l’ai provoqué
et je suis resté calme
Et après, ma gonzesse m’a dit, ce type est un connard
            Tu as fait des choses extraordinaires dans ta vie
            Et tu l’as laissé te  traiter comme une merde
Et sa voix était comme un orage avec des explosions nucléaires
            En guise d’éclairs et de la lave en fusion comme
gouttes de pluie, les femmes aiment le gout du sang,
                        Souviens t en mec quand viens
Le moment de donner ton cœur au premier joli cul
                                    Qui passe en se dandinant

J’ai répondu merde, j’ai besoin de ce boulot, et si tu n’étais
            Pas là ça me prendrai 15 jours pour mettre ma bite
            Dans la bouche de sa femme !
Et elle a fait : pfff !!! avec un air hautement
réprobateur mais peu convaincu
et elle est partie s’enfermer dans la salle de bains

                        Elle partait toujours dans la salle de bains
Quand on s’engueulait pour ruminer  les tenants
Et les aboutissant de notre relation, noyée dans la sourde amertume de se
            Taper un looser tel que moi.
Et moi je suis resté à me demander quelles choses extraordinaires
J’avais bien pu faire parce qu’il faut toujours savoir ce qui fait
Briller leurs yeux de biches, le désir et le fantasme sont deux armes

Un matin elle a fini par se barrer pour de bon ou presque, il y a des gagnants
Et des menteurs à tous les comptoirs, je n’avais plus rien
D’extraordinaire, ses yeux ne brillaient plus que de colère
et notre histoire ne fut plus
            Qu’un mensonge de plus dans une vie bien loin
de toutes vérités et il est arrivé un soir où j’ai serré la main du type
mentionné au début de ce revanchard poème et je pensais très fort
que quelques temps
plus tôt
cette même main
            La mienne
            Avait été dans la chatte de sa femme
laquelle suçait plutôt bien je dois l’avouer